Site icon JV PLUS

Dark Nights With Poe and Munro – Test – PlayStation 4

image jeu dark nights with poe and munro

Dark Nights With Poe and Munro a tout du bon FMV

Après quelques folles années nées de l’engouement autour de Heavy Rain, le jeu d’aventure narratif est désormais bien moins présent sur nos consoles. Il faut dire qu’on en a soupé, notamment à cause des multiples jeux parfois très discutables signés Telltale Games, avec cette impression constante que le genre tournait en rond. Du coup, la rareté fait qu’on accueille Dark Nights With Poe and Munro avec un certain plaisir.

Avant toutes choses, sachez que Dark Nights With Poe and Munro ne cache pas sa nature de film interactif, comme à la grande époque du FMV. Ici, il n’est jamais question de contrôler un avatar, comme dans un The Dark Pictures Anthology. On est plutôt dans un Death Come True de Kazutaka Kodaka. Il est donc question de suivre une histoire et de réagir à quelques moments précis. Ces prises de décisions créant, parfois, des répercussions sur la suite des événements, avec plusieurs fins d’épisodes à la clé.

La bonne tenue générale n’étonnera pas les quelques fans de D’Avekki Studios, entité ayant déjà une expérience en la matière avec les plutôt intéressants The Infectious Madness of Doctor Dekker et The Shapeshifting Detective. Nous avons ici deux bonnes nouvelles. Tout d’abord, la progression remarquée entre les deux titres se retrouvent ici : la recette se bonifie grâce à une meilleure maitrise du rythme. Aussi, la traduction française des sous-titres est de retour, et l’on sait à quel point c’est important pour bien profiter de ce genre de soft. Dark Nights With Poe and Munro est donc ouvert à tous types de joueurs, une bonne chose.

Une structure intelligente

Les choix se font souvent grâce à des split screens.

Vous en doutez, notre retour concernant le gameplay ne va pas être bien long. Dans Dark Nights With Poe and Munro, l’interaction se fait principalement par le biais de split screens se mettant en place au moment du choix. Attention à rester bien attentif, car ces passages sont limités dans le temps et, bien entendu, ne rien choisir est aussi une solution. Donc l’histoire ne vous attend pas. Moins pertinentes, les phases de tapotage de touche nous ont trop souvent pris au dépourvu à cause d’un manque de signalement, et là il faudra être encore plus au taquet.

Aborder l’histoire de Dark Nights With Poe and Munro est encore plus difficile, le principe de l’expérience étant la totale surprise créée par le scénario. En tout cas, on peut vous dire que la structure en épisodes (tous inclus) fonctionne très bien : elle permet une consommation comparable à une série, on peut donc s’arranger pour y revenir plusieurs jours durant. Le récit s’articule autour de deux personnages, John «Poe » Po et Ellis Munro, deux animateurs d’une radio locale émettant dans la ville d’August. Bien entendu, des mystères mystérieux vont venir secouer tout ce beau monde, à base d’enlèvements ou de manifestations paranormales. On constate aussi un bon équilibre d’intérêt : aucun épisode n’est vraiment plus mauvais ni meilleur que les autres.

L’ambiance, gros point fort de l’expérience

Le casting est bien impliqué.

Dark Nights With Poe and Munro distille une ambiance étonnamment bien travaillée, à la vue du (très) peu de moyen de D’Avekki Studios. Les lieux ne sont pas en nombre, l’éclairage fait clairement à la limite du film amateur, et pourtant on est tombé sous le charme. L’écriture en est la première cause : c’est tout autant intrigant que drôle. Aussi, les acteurs sont plutôt bons, bien servis par une prise de son soignée (jouez au casque, si vous le pouvez). Enfin, les fans du studio seront heureux d’apprendre que le jeu rejoint l’univers des deux précédents softs des développeurs. On décèle donc des clins d’œil qui servent le lore. Par contre, il est aussi juste de prévenir qu’ils ne fonctionneront pas sur un public découvrant ici ce monde vidéoludique.

La durée de vie est exactement dans la fourchette qu’on attendait, ni plus ni moins. Pour boucler Dark Nights With Poe and Munro, il vous faudra une poignée d’heures. Le 100% (facilité par des options post-end comme la désactivation du timer), avec des Trophées à la clé selon des choix précis, pousse l’expérience jusqu’à quatre heures, au total. C’est évidemment peu si l’on sort d’un bon gros RPG japonais, mais amplement suffisant pour un film interactif. Pour donner un peu de peps au contenu, les développeurs ont pensé à un tableau récapitulatif des décisions, en fin de chaque épisode, où l’on peut se comparer aux choix des autres joueurs. Et ça fait toujours son petit effet.

Quitter la version mobile