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Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille – Test – PlayStation 4

image jeu les schtroumpfs mission malfeuille

Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille, de la bonne aventure 3D

Quelle riche idée que celle de l’éditeur Microids : faire revenir dans l’offre vidéoludique les adaptations des bandes dessinées belges. Votre humble serviteur est un enfant des années quatre-vingt, donc notamment de l’Atari ST. Et sur cet ordinateur, on se souvient tous, oui tous, des premiers pas d’Infogrames avec entre autre Les Tuniques Bleues. La société, désormais fondue dans Atari SA, a ensuite embrayé avec bon nombre de titres restés dans les mémoires (pas toujours pour de bonnes raisons), comme le très difficile Tintin au Tibet, ou un Spirou joli mais quelconque. Après des années de vaches maigres, heureusement égayées par des sorties de qualité (les Astérix XXL, XIII), voilà qu’Osome Studio tente le coup avec Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille. Et autant vous écrire de suite que l’essai est transformé de manière bien schtroumpfante.

Débutons avec ce qui est peut-être notre regret le plus prononcé, même s’il n’est aucunement éliminatoire entendons-nous bien. Les Schtroumpfs de notre enfance ont toujours été synonymes d’aventures bien scénarisée, le regretté auteur Peyo ayant toujours pris soin de ne jamais sous-estimer l’intelligence des lecteurs les plus jeunes. On pense notamment au remarquable Schtroumpf Vert et Vert Schtroumpf, sorte d’allégorie hyper drôle de la guerre de Sécession. Le récit de Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille est bien plus calibré pour ne surtout pas perdre les enfants, ce qui n’est pas un mal mais tend aussi à un peu décevoir les vieux fans. Ceux-ci pourront quand même se satisfaire de quelques références rigolotes, mais rien de plus.

Du coup, il est question d’une plante polluante ayant prise d’assaut l’environnement de nos chers êtres bleus, et vous devinez bien qui est derrière cette menace ? Gargamel, l’odieux, l’unique ! Dès lors, il va falloir essayer de nettoyer tout ce bazar, grâce à la toute nouvelle invention de Schtroumpf Bricoleur : le Vaporisaschtroumpf. Bien entendu, il est aussi question de se lancer à l’aventure, avec tout un groupe, afin de chercher un antidote capable de rétablir durablement la paix. Il ne faut donc pas attendre de rebondissements, ni de métaphores plus ou moins filées avec quoi que ce soit de trop adulte. Le but est d’aborder l’écologie tout en créant un besoin de cheminement vers l’avant, une motivation. Cela reste correct, surtout que Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille a le don de véritablement nous transporter dans l’univers de la BD grâce à sa direction artistique, mais aussi ses doublages audio de bonne facture. Enfin, sachez que les enfants peuvent se rassurer : les textes sont traduits en français.

Un jeu pensé pour une cible jeune, et avec soin

La précision des contrôles est bien agréable.

Vous vous êtes sûrement fait la remarque, Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille semble lorgner aussi bien du côté de Mario Sunshine que de Luigi’s Mansion. Voilà deux références imposantes et, si le jeu d’Osome Studio n’est pas à mettre à ce niveau, il parvient cependant à créer notre sympathie pour le résultat. Le jeu se présente comme un jeu d’aventure en 3D, avec ce qu’il faut de recherches, de combats, et même un soupçon de Metroidvania avec des allers et venues afin de s’ouvrir des voies grâce à de nouvelles compétences. Tout cela dans un game design hyper simple, sans fioritures inutiles (n’est-ce pas, Deathloop ?). Bien entendu, les adultes pourront trouver un peu de challenge, avec trois difficultés dont la plus élevée ressemble à un niveau normal, mais on est ici sur du soft accessible. Et pas exagérément : c’est notamment grâce à un soin de tous les détails, comme l’ombre des Schtroumpfs quand on saute, imposante juste ce qu’il faut pour qu’on se situe bien dans l’espace.

Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille n’est cependant pas une expérience totalement paisible ! La Malfeuille produit de la pollution, mais aussi des ennemis, balance des boulettes. C’est là qu’intervient la seconde star du jeu, après les lutins bleus évidemment, le Vaporisaschtroumpf. C’est par son biais que l’on peut nettoyer les hautes herbes, mais aussi planer, effectuer un dash ou encore un saut écraseur vers le sol. Tout cela est à acquérir par le biais de compétences, ce qui procure une bonne sensation d’évolution, mais aussi le besoin de bien observer les environnements pour, plus tard, revenir dans les différents niveaux afin de les boucler entièrement. Cet engin peut être améliorer en récupérant des items plus ou moins bien cachés, mais les plus jeunes pourront tout de même avancer sans cette farfouille. Tout cela est plutôt bien soutenu par un level design sans trop de vice, mais bien compréhensible, jamais trop tortueux, et balisé par des murs invisibles.

C’est visuellement très mignon

On s’y croirait, dans cette forêt.

Par contre, on ne peut s’empêcher d’un peu bougonner en découvrant la multitude de tutoriels accompagnant trop de phases du jeu. Osome Studio a sûrement eu peur de perdre en route certains enfants, mais là c’est quand même un peu abusé. Aussi, il est dommage de constater l’absence de boss, même si l’on a droit à des séquences avec Gargamel que l’on ne vous dévoilera pas trop ici, pour ne pas gâcher la surprise. Pour terminer avec les points à améliorer pour une espérée suite, l’idée du dernier niveau est certes très bonne, mais elle n’est pas assez développée. Là encore, impossible de vous révéler la nature du niveau, mais il s’agit clairement du moins agréable. Comme vous le constatez, Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille n’est pas exempt de défauts, mais ils ne parviennent pas à trop obscurcir le tableau, et l’on reste dans un jeu d’aventure 3D satisfaisant.

La durée de vie du titre est somme toute pertinente avec la cible recherchée. Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille se termine en cinq à six heures, et il faudra encore ajouter un peu de temps pour le compléter à 100%, dénicher tous les objets à collecter. Aussi, on pourra tenter de jouer en coop, en local, avec un second joueur qui maitrisera un assistant nommé S.A.M. Celui-ci pourra intervenir pour filer un coup de main dans les combats et le nettoyage des éléments souillés. Rien de bien fou donc, mais assez sympa si un adulte veut jouer avec son enfant. Du côté de la technique, on est sur du moteur maison d’Osome, et il fait plutôt bien l’affaire ! Le jeu reste fluide, les textures sont positivement naïves et colorées, c’est vraiment tout mignon. On regrette des environnements un peu répétitifs, mais globalement on en ressort avec la sensation très schtroumpfante d’avoir traversé cette fameuse forêt planquée dans le Pays Maudit. Par contre, on a tout de même relevé quelques soucis de suivi de caméra, mais assez rares. Enfin, la bande originale manque un peu de personnalité, et c’est bien dommage car les acteurs de voix se donnent à fond les ballons.

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