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Gynoug – Test – Nintendo Switch

image jeu gynoug

Gynoug, toujours un grand shoot’em up

Si vous êtes du genre à être attentif aux soldes des différents stores, alors vous connaissez obligatoirement Ratalaika Games. Ses jeux, généralement de (très) petites productions 2D sans trop d’envergure, rejoignait rapidement les catégories à tout petit prix. On ne peut savoir si cette phase est désormais de l’ordre du passé, toujours est-il que cet éditeur vient de lancer, presque coup sur coup, deux grands classiques du shoot’em up sorti sur Mega Drive : Gley Lancer et Gynoug, ce dernier nous intéressant tout particulièrement pour notre test.

Pour parler de l’excellent Gynoug, il faut effectuer un véritable voyage dans le temps. Celui-ci nous propulse en 1991, alors que la Super Nintendo et la Mega Drive se mènent une guerre sans merci jusque sur notre sol européen. Les noms d’oiseau fusent, particulièrement dans les cours de récrée où l’on n’avait pas le choix : il fallait choisir son camp, camarade. Les débats faisaient réellement rage, on avait clairement la team Mario (votre dévoué serviteur en faisait partie), et la team Sonic. Ceux pour qui jouer à Secret of Mana était incomparable à quoi que ce soit d’autre, et ceux dont la fierté était d’incarner Michael Jackson dans le démentiel Moonwalker. Parmi les meilleurs arguments des Sega-gaga, figurait carrément le shoot’em up. Il est vrai que le processeur de la Mega Drive s’en sortait mieux avec les multiples sprites, du coup ce genre s’en sortait effectivement mieux sur la console noire.

Cette supériorité de la Mega Drive dans le domaine du shmup se ressentait notamment dans les très cultes Thunderforce V, Zero Wing, Gaiares… et Gynoug. Le jeu de Masaya Games, studio japonais que les plus fins nostalgiques connaissent pour l’excellent Cybernator, n’a pas à rougir en étant comparé aux autres titres plus reconnus : il est du même acabit. Un véritable cador donc, fréquemment cité dans les top 10 voire top 5 de la console de Sega. Alors, et pourquoi ma bonne dame ? C’est très simple, il s’agit en effet d’une perle du shoot’em up horizontal. Avant de rentrer dans le gameplay, rappelons que ce jeu nous introduit un univers hyper marquant et glauque, bref très mémorable pour les enfants de 1991 que nous étions. On y incarne Wor, un homme volant qui voit sa planète être prise d’assaut par un virus transformant chaque être en une sorte de mutant. Bien entendu, il vous revient de régler la situation, de liquider les créatures hideuses et de retrouver un peu de paix. Voilà un contexte rapidement et efficacement exposé, à l’ancienne, notre méthode préférée.

Un univers glauque et indémodable

Gynoug marche beaucoup au par-coeur.

Avant de se lancer à tue-tête dans les six niveaux de Gynoug, il va falloir opter pour un niveau de difficulté, entre quatre disponibles. Et autant vous dire que le challenge est corsé, mais alors corsé… Cela fait d’ailleurs du bien de rappeler à la nouvelle génération que non, la difficulté n’est pas apparue avec les hits de FromSoftware. Bref, vous allez galérer, mais uniquement à cause de vos propres erreurs, lesquelles s’effaceront avec l’inévitable apparition du skill. Ici, on apprend de ses erreurs, on remarque l’apparition des vagues, on retient les patterns des très impressionnants boss. Donc oui, si l’on commence par perdre comme des gros novices, la courbe de progression se fait bien top et, après bien des heures d’entrainement, on en voit la fin… du moins en mode Easy. Eh oh, il n’y a pas de honte à ça !

La prise en mains de Gynoug est tout simplement exemplaire. Les commandes répondent bien, les hitbox sont précises au possible. Pas de sensation d’à-peu-près, et c’est indispensable pour un shmup vous imaginez bien. Les premières minutes restent tout de même assez déstabilisantes pour deux raisons. Tout d’abord, l’avatar est tout petit. Alors certes, dans les shoot’em up horizontaux, on n’a jamais eu d’énormes sprites, mais Wor est un nain. On comprend tout de même assez vite pourquoi : l’intention de Masaya Games était d’accentuer la sensation de gigantisme. Et c’est une réussite : notre héro semble vraiment tout fragile face aux boss, et même dans les décors. Ceux-ci, d’ailleurs, font partie du charme indémodable de ce soft, surtout dans les deux derniers stages d’une épouvante absolue, bien cracra.

Le remaster fait le strict nécessaire

La direction artistique reste exceptionnelle.

L’autre petite chose que l’on remarque, c’est un impact assez faiblard dans les sensations de tir. Cela est dû à l’absence ne serait-ce que d’un tout petit bruitage lors du déclenchement. Gynoug aurait été encore plus fou avec cet ajout, dommage car on ne cesse de s’en faire la remarque, surtout aujourd’hui avec d’autres classiques du genre parus entre temps. Reste que la formule parvient toujours à nous emporter. L’arme évolue au fil des objets collectés, atteignant des stades où les vagues de boulette forment de véritables murs. Et on a même des tirs qui partent vers l’arrière, car certains ennemis proviennent aussi de la gauche de l’écran. Wor peut aussi utiliser des magies, en fait des supers coups, mais en nombre limité : il faudra pour cela récupérer des parchemin en cours de niveau. Ce système est bien pensé, on peut aussi jongler entre les magies grâce à un bouton. Enfin,des petites plumes à collecter vous rendent un peu plus rapide, mais attention car ce boost n’est pas toujours en adéquation avec le besoin de précision du déplacement. Voilà, tout cela forme un game design aussi simple qu’efficace, de quoi nous accrocher à la manette même trente ans après.

Gynoug reste aussi un sacré trip purement visuel. Aller, on va le dire : ce jeu nous rendait même très jaloux, nous les (anciens) fans de Nintendo. Le soft affiche toujours autant de sprite et, à l’époque, sans aucun ralentissement ni un pet de clipping. Cela faisait un choc quand on retournait sur Super R-Type ! Et la Mega Drive se permettait même des effets de parallaxe sublimes, qui n’avaient rien à envier au Mode 7 de la Super Nintendo. Bref, du tout joli, bien soutenu par une direction artistique au top, surtout du côté du chara-design. Cette version, éditée par Ratalaika, est un pur remaster. N’attendez rien d’autre que le jeu d’origine, dans son jus, avec quelques options en plus. On y retrouve donc que du classique : rewind, sauvegardes à la volée, de nombreux cheat codes pour les moins courageux (honte à eux !). Ainsi que pas mal de filtres à appliquer, comme celui visant à recréer l’impression du tube cathodique. On aurait tout de même apprécié l’arrivée d’un musée, histoire de profiter pleinement du gros travail sur l’univers. Ou encore un jukebox, car les musiques de Noriyuki Iwadare (aussi connu pour ses travaux sur Grandia) restent dantesques. Mais bon, le but était de laisser un maximum l’expérience dans son jus.

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