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Tormented Souls – Test – PlayStation 5

image jeu tormented souls

Tormented Souls a de quoi vous terroriser

Si l’horreur est très présente dans le jeu vidéo moderne, comme chez Revident Evil : Village, les The Dark Pictures Anthology, ou les titres de Bloober Team, forcé de constater que le survival horror à l’ancienne est désormais une pièce de musée. Et quel dommage, tant ses codes étaient puissants, comme les angles de caméra fixes très cinématiques, et un rapport aux munitions qui tend à disparaître (la dernière exception étant The Evil Within). Vous aussi, la nostalgie vous gagne quand on parle de Silent Hill 2 ou Forbidden Siren ? Réjouissez vous, car Tormented Souls, distribué en version physique par Just For Games, est fait pour vous redonner le sourire… et le frisson.

Remontons le temps, et arrêtons-nous en 1992, juste avant la victoire de l’Olympique de Marseille en Ligue des Champions. Infogrames lance une véritable bombe : Alone In The Dark, premier survival horror à angles de caméra fixes. Cette aventure angoissante, très lovecraftienne, a ensuite engendré bien des itérations, dont la plus connue est évidemment Resident Evil. Aujourd’hui, Tormented Souls reprend le flambeau, et avec un certain talent. Vous comprendrez donc que l’on se trouve là face à un soft à l’ancienne, en vue à la troisième personne, un affichage tendant vers les codes du cinéma grâce à des angles de caméra fixes, de la terreur, de l’exploration, mais aussi des combats patauds.

Oui, l’on retrouve tout cela, et même une histoire plutôt bien fignolée. Tormented Souls ne gagnera pas l’Oscar du meilleur scénario, c’est certain, mais le récit a la bonne idée d’aller droit au but, tout en ménageant des personnages bien écrits et quelques rebondissements à la clé. Le joueur incarne Caroline Walker (non, pas la sœur du Texas Ranger), une jeune femme banale qui, un jour, reçoit un courrier alarmant (coucou Silent Hill 2). En effet, l’auteur lui demande d’aller enquêter dans l’hôpital de Winterlake, où deux jumelles sont portées disparues. Une fois sur place, le lieu se révèle particulièrement lugubre, mais notre avatar semble comme attirée à l’intérieur. Et paf, la voilà qui se fait assommer. Quelques temps plus tard, elle se réveil dans ce grand complexe, et va devoir en apprendre plus sur lui et son passif du genre bien sombre.

Si quelques effets de mise en scène se voient venir de loin, l’on apprécie le classicisme de l’histoire. Tormented Souls n’est pas là pour se la jouer petit malin, mais pour nous emporter dans un univers hautement anxiogène. Entre nous, que peut-il y avoir de plus flippant qu’un hôpital tout dégueux, dont le passé de manoir occasionne un dédale avec tout ce qu’il faut de recoins pour bien cacher des monstres répugnants ? Des ténèbres dont les effets sont mortels pour l’héroïne ? Aller hop, c’est inclus dans l’expérience. Par contre, la narration en elle-même reste tout de même un peu plate. Cela manque peut-être un peu de cutscenes afin de souligner quelques moments potentiellement marquants, mais globalement on s’en cogne un peu. La terreur est bien au rendez-vous, plus que ce que l’on imaginait, et c’est tout ce qui compte. De plus, sachez que les sous-titres sont proposés en français. Sauf pour le nom des salles, et ça c’est clairement dommage.

Un vrai hommage à la grande époque du survival horror

Les angles de vue sont très efficaces.

Bien entendu, ce que les fans de survival horror à l’ancienne attendent est de savoir comment se débrouille la maniabilité. Tormented Souls a l’intelligence de proposer deux approches pour les déplacements. Tout d’abord, celle au stick, qui assure des sensations bien fluides et une course automatique. Mais que les puristes se rassurent : ils peuvent activer l’option Tank, et retrouver le feeling bien lourd de leur tendre enfance. Là, Caroline Walker se contrôle avec la croix directionnelle, et l’on doit activer nous même l’accélération. Oui, cela peut paraître contre-productif, mais la nostalgie ne se discute pas. Sachez aussi que, quelle que soit votre style, l’avatar se fige quand il vise. Oui, le studio chilien Abstract Digital (ici édité par PQube) a été jusque là, et ce petit côté jusqu’au-boutiste, donc très respectueux, nous plaît beaucoup.

On vous recommande de bien réfléchir à votre choix d’option de déplacement, car vous en allez parcourir des kilomètres dans cet hôpital. Tormented Souls a compris l’importance de l’exploration dans le survival horror, tant elle accorde des moments de doute sur ce qui va bien pouvoir surgir de l’ombre. À l’aide de son plus que précieux briquet, Caroline Walker arpente les longs couloirs, tombe sur des portes à déverrouiller, trouve des carnets de notes et autres objets. Le level design est assez bon, par contre on est moins fan de la carte en elle-même. Elle se découvre partie par partie, évidemment une bonne idée pour l’impression de progression,. Par contre, elle manque de détails, et on la trouve assez peu lisible.

Au fil de ces pérégrinations stressantes, Tormented Souls vous proposera une grosse dose d’énigmes. Et ici, Abstract Digital a eu le nez fin en nous opposant des phases sortant un peu de l’ordinaire des survival horror à l’ancienne. Bien entendu, on a notre dose d’objets à placer dans des endroits précis, mais pas que ça. Par exemple, l’avatar ira dans une autre dimension afin de bousculer le déroulé. Ou devra reproduire un pouls sur un rythme précis. Sans trop vous en spoiler, écrivons que le soft est très généreux en la matière et, à la base, c’est une bonne chose. Seulement voilà, on sent bien que les développeurs sont conscients de leurs forces dans ce domaine, et y ont un peu trop recours. Ce qui donne une sensation de « stop and go » contreproductive pour l’ambiance. Rien de bien grave, mais l’équilibre pouvait encore gagner en force.

Des combat dans la tourmente

Le design des ennemis est bien meilleur que les combats.

Restent les combats de Tormented Souls, et là il faut bien écrire qu’on est beaucoup plus réservé à leur endroit. L’on félicite le fait de nous forcer à choisir entre le briquet et une arme, le stress n’en est que plus grand. Seulement voilà, presque tout le reste, dans cette partie du soft, est discutable. Tout d’abord, le joueur ne ressent que rarement le besoin d’économiser ses balles. On en trouve partout, en quantité généreuse, et ce même pour le fusil à pompe. De plus, l’inventaire n’est pas limité en quantité, ce qui retire la gestion pourtant assez centrale dans les anciens survival horror. La visée se fait passable, par contre le feeling des armes est proche du néant, et le manque de marquage des dégâts sur les monstres insufflent une énergie mollassonne. Dans nos griefs, on peut aussi ajouter un système de sauvegarde calqué sur celui du premier Resident Evil, ce qui n’est pas une tare, mais sans trop de logique dans la disposition des salles nécessaires à cette action. Du coup, il est parfois possible d’échouer après une heure sans avoir sauvegardé.

Malgré ces quelques défauts, Tourmented Souls reste un soft dont les huit heures de contenu passent très correctement. Et sachez que la rejouabilité est bien au rendez-vous, avec une vraie fin assez simple à trouver, et surtout bien meilleure que l’autre. Techniquement, le soft reste un jeu PS4 de moyenne facture. Cette version PlayStation 5 amoindrie les temps de chargement, améliore sensiblement les textures, mais rien de plus. Eh non, pas de ray tracing, et ça se remarque, dommage. Reste que certaines salles affichent un beau niveau de détails. La direction artistique fait remonter le constat, avec des monstre hideux, mélanges de chairs putrides et de mécaniques improbables. Les animations ne sont pas toujours tops, mais ces ennemis vont vous faire hurler dans la nuit. Enfin, les musiques et bruitages ne laissent pas réellement de souvenirs, même si jouer au casque est particulièrement conseillé.

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