Site icon JV PLUS

Cotton 100% – Test – PlayStation 4

image cotton 100

Cotton 100%, vingt-sept ans et toujours dans son jus

Il y a certains moments dans l’année qui provoquent une poussée de nostalgie. Noël fait partie de ceux-ci, non seulement à cause de la chute terrible de sa magie dans l’espace public (votre dévoué serviteur ne porte pas cette époque dans son cœur, inutile de le cacher) favorisant des souvenirs bien plus agréables, mais aussi de par le climat. Il fait froid, on reste à la maison, on farfouille dans les tiroirs, et l’on retrouve des vestiges insoupçonnés. Avec un peu de chance, on tombe sur une pile de magazine des années 1990, et là c’est parti pour un tour. On ouvre un Player One de 1994, et là un test de Cotton 100% s’y étale. La folie, c’est que le jeu vient aussi de ressortir sur les consoles actuelles. Truc de fou, même si ce portage s’adresse avant tout aux jusqu’au-boutistes du shoot’em up.

Aller, ne passons pas par quatre chemins. C’est très simple, cette ressortie de Cotton 100% satisfera en priorité les grands nostalgiques, ou les collectionneurs les plus patentés. ININ Games, qui s’occupe de cette parution, n’a clairement pas profité de l’occasion pour nous proposer un trip de style musée. Grosso modo, c’est la rom du jeu initial, avec tout de même quelques ajouts pour ne pas non plus faire trop sec. Ainsi, Cotton 100%, dont c’est la première incursion hors du Japon, nous propose un mode Standard, qui en fait est une version édulcorée dans son challenge. On a donc droit ici à un rembobinage (rewind, pour les anglophones), à des cheat codes (uniquement après avoir bouclé le jeu une première fois) et des sauvegardes à la volée. Le mode Challenge est en fait le soft d’origine. Oui, c’est étrange, mais c’est comme ça. En même temps, il est vrai que le titre d’origine est à classer dans les shmup horizontaux plutôt difficiles dans sa dernière ligne droite, sans que ce soit non plus un Ikaruga.

Viennent ensuite les crédits et… c’est tout. Pas d’artworks, pas d’endroit où écouter la musique, rien. C’est sec, vous êtes prévenus. Cotton 100% sur consoles actuelles propose tout de même des options typiques de ce genre de remasters. On peut même écrire que certains réglages nous étonnent agréablement de par leur précision. Par exemple, il est possible de régler la vitesse du rembobinage, un véritable luxe qui fera plaisir aux plus toqués des joueurs. Pareillement, on a droit à différents formats de display (4:3, 1:1, ou en horrible Fullscreen qui étire l’image n’importe comment). Mais ce sont les shaders qui nous ont le plus étonné. Il est donc question de pouvoir recréer les scanlines d’antan, ces petites lignes indissociables des écrans cathodiques. Jusqu’ici, rien d’original, par contre on peut les régler dans les moindres détails : l’intensité, leur rendu courbé ainsi que celui du bord de l’écran. Tout est fait pour que le nostalgique puisse retrouver ses conditions d’origine, donc nul doute que ce soft s’adresse avant tout à lui. Et comme le soft n’est sorti qu’au Japon… ben on est un peu marron à ce niveau.

L’univers reste mignon à souhait, et le gameplay très efficace

Les shmup des années 1990 ont toujours ce charme si spécifique.

Cotton 100% est la seconde itération de la licence, sortie sur Super Famicom cinq ans après un premier opus récemment objet d’un remake intitulé Cotton Reboot. Il s’agit d’un shmup à scrolling horizontal, et à l’univers kawai à souhait. Vous pensiez profiter de cette sortie pour enfin comprendre les quelques textes en japonais ? Vous vous disiez que, si les menus sont proposés en anglais, ça devait bien être le cas pour ces très courtes cutscenes ? Eh bien ce ne sera pas le cas, car le scénario reste toujours écrit en kanjis ! Nan, vraiment là ça fait fainéant, on ne comprend pas ce choix d’ININ Games et de son éditeur Ratalaika Games. Toujours est-il que l’on rejoint la petite sorcière Cotton, laquelle est très énervée par l’enlèvement de Frill par la vile Wool. Frill étant une fée cuisinière de premier ordre, et Cotton une gourmande comme pas permis, vous comprenez la situation. Dès lors, c’est parti pour aller libérer votre protégée, car l’appétit commence à se creuser. On est loin des thèmes lourdingues à la Astria Ascending, ça fait du bien : ça respire la légèreté et la bonne humeur.

ININ Games n’a pas touché à un cheveu du gameplay de Cotton 100%, ni de son contenu. On reste donc dans du shmup très agréable à prendre en mains et nécessitant de bons réflexes. Et, pour les hardcore gamers désirant atteindre de très hauts scores, il faudra aussi ajouter la dimension du par-coeur, le soft étant assez bien pensé pour le scoring grâce à des patterns ennemis favorisant le skill. On a un tir normal, mais aussi une bombe à balancer au sol. Et un trio de super attaques à choisir en tout début parmi plusieurs configurations. Une très bonne idée d’ailleurs, mais un peu contrebalancée par un choix trop évident tant les éclairs sont (trop) efficaces face aux boss des cinq premiers levels. Sachez d’ailleurs que le cheminement vous oppose sept stages, et les deux derniers font monter la difficulté de plusieurs crans. Ajoutons des modules-fées qui viennent renforcer les tirs, un système de cristaux à récupérer et qui gagneront plus de valeur si on les dégomme juste ce qu’il faut (attention, ils peuvent se briser), des spécificités d’environnement comme des lasers à désactiver, des boss intéressants à combattre, et l’on obtient un shmup certes sans grandes originalités mais efficace.

On aurait aimé des bonus afin de gonfler le contenu

Des boss sont évidemment au rendez-vous.

Par contre, la durée de vie de Cotton 100% se révèle très limitée. Les sept niveaux peuvent se boucler en moins d’une heure, et seuls les fans de scoring y reviendront. C’est pour cette raison qu’on appuie sur le manque d’un musée, pourquoi pas avec des choses à débloquer au fil d’objectifs annexes, car cela aurait ajouté de la matière. Il n’en est rien, et c’est bien dommage. Techniquement, c’est le jeu Super Famicom mais sans les ralentissements d’époque. Cela reste donc très coloré, du pixel vraiment mignon et bien soutenu par un chara-design typique des années 1990. Ajoutons une bonne OST, énergique et bien dans la tonalité légère de la licence. Elle est composée par l’assez rare Kenichi Hirata, que les fans de Psikyo (des gens de bon goût, assurément) connaissent pour ses travaux sur Sol Divide. Par contre, les bruitages se font clairement en retrait, ce qui retire un peu de peps à l’ensemble.

Quitter la version mobile