Test

Blackwind – Test – PlayStation 5

6 mn de lecture
image jeu blackwind
image playstation 5 blackwind
  • Blackwind
  • Disponible sur : PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series, Xbox One, Nintendo Switch, PC
  • Développé par : Drakkar Dev
  • Edité par : Blowfish Studios
  • Sortie le : 20 janvier 2022
  • Genre : A-RPG
  • pegi16

Blackwind confirme les espoirs placés en Drakkar Dev

Oui bon, votre humble serviteur se doit de vous l’avouer : une simple jaquette présentant ce qui ressemble de près à un mecha vaut un intérêt immédiat. Par exemple, rentrer dans une boutique bien connue des amateurs de jeux vidéo et voir un MechWarrior 5 en vente, c’est craquage direct tout en sachant que le titre est moyennasse. Enfin bref, quand on a grandi avec notamment Neo Genesis Evangelion, Gunbuster et Vision of Escaflowne dans le magnétoscope, ça laisse des traces indélébiles. Alors, clairement ce Blackwind, nouveau soft signé Drakkar Dev (que l’on connait pour un War Tech Fighters plutôt sympathique) nous faisait grave envie. Surtout qu’il a le bon goût de se voir distribué physiquement par les excellents stakhanovistes de chez Just For Games, dont on va beaucoup parler en 2022. Alors, le trip est-il à la hauteur de l’attente ? En partie.

Blackwind se présente comme un Action-RPG mettant certes beaucoup plus l’accent sur le premier genre de cette fusion (ce n’est pas aussi équilibré que dans un NieR Replicant), mais n’oubliant jamais de nous conter son histoire. Celle-ci est assez enfantine (malgré le PEGI 16), du moins dans son traitement. On y incarne d’ailleurs un adolescent, James Hawkings, dont le père est un scientifique renommé. Celui-ci a inventé une arme mécanique redoutable, la Battle Frame, une armure robotique dont la puissance permet de combattre les troupes de Raknos, les antagonistes du récit. Seulement voilà, alors que la petite famille est à bord du Pandora, un vaisseau spatial, ce dernier est détruit, forçant le père de notre avatar à nous balancer hors de la carlingue, direction la planète Medusa-42. Un geste pas si désespéré, car James se voit accompagné d’un cadeau précieux : un prototype de Battle Frame très avancé, avec intelligence artificielle intégrée. Après le crash, le voilà qui intègre le robot, et part en quête de l’épave du vaisseau, son seul espoir de s’en sortir vivant, tout en défouraillant de l’alien au passage.

Drakkar Dev, studio italien décidément fan des mechas, semble avoir compris que le récit de son War Tech Fighters pouvait être ressenti comme étant trop classique, trop porté sur un décalque de ce que font si bien les Japonais. Blackwind prend donc de la distance, et propose un trip d’un autre genre, et plus risqué. La narration est intéressante, on a droit à des cutscenes rythmées, avec des sous-titres français s’il vous plait, et pas mal d’avancées scénaristiques intégrées au cheminement. Mais c’est surtout la tonalité du récit qui se démarque. On fait face à un univers que l’on verrait bien se développer dans une série animée pour adolescents, donc un peu plus mature que ce que peut faire Nickelodeon bien entendu. C’est plaisant, même si d’un autre côté on sent bien que cela manque un peu de relief dans le background. On aimerait en savoir plus sur les conflits, la race extraterrestre antagoniste, et l’absence d’un codex se fait sentir. En tout cas, si l’on demande plus de détails, c’est bien que l’univers fonctionne. Seul regret au niveau de l’emballage scénaristique : James se révèle terriblement bavard, et lâche les mêmes punchlines en boucle pendant tout le cheminement. On aurait pu s’en passer, même si cela reste anecdotique.

Le jeu devient fun après un début peu inspiré

image gameplay blackwind

L’action est au centre du gameplay.

On a donc plaisir à prendre en mains l’avatar, mais encore fallait-il que le gameplay suive. Après un début qui nous chagrinait un peu, on va y revenir, on peut écrire que Blackwind fait le job. Approfondissons d’abord le concept du jeu. Si l’on parle d’Action-RPG, c’est parce que le jeu propose des combats en temps réel, ainsi que des mécaniques d’évolution des capacités du mecha. Le défonçage d’alien reste tout de même dominant, avec des sensations proche du Beat’em all. La caméra ne nous est pas en charge, du coup le soft nous permet de nous concentrer sur la castagne. Un bon choix, même si l’on regrette certains angles pas toujours bien pensés, notamment lors de phases de réflexion, voire de plates-formes. Le mélange des genres fonctionne tout de même pas mal, apportant ce qu’il faut de respiration entre deux séquences de batailles. Et c’était nécessaire, tant Drakkar Dev a eu la main lourde, parfois vraiment trop, à ce niveau.

Il faut donc prévenir le futur joueur : les premières minutes ne sont pas des plus exaltantes, pour plusieurs raisons. L’on comprend vite que la liberté de mouvement sera limitée, on est dans du couloir sans trop de routes annexes. Cela n’est pas gênant au final, car la richesse du mélange des genres apporte la diversité nécessaire pour ne pas s’ennuyer. Aussi, Blackwind a la maladresse de de suite nous plonger dans un long, très long, trop long premier « donjon », en fait un laboratoire abandonné. L’on capte la nécessité de l’exercice, car c’est au cours de celui-ci que l’on apprend à gérer la multiplicité des attaques : les tirs en Twin stick shooter, le corps à corps agréablement bourrin et les finish en forme de QTE. Aussi, c’est à cette occasion qu’on se forme à la récolte des orbes permettant de modifier notre mecha dans des magasins intégrés au level design. On a aussi droit à une super attaque à base de missiles téléguidés, permettant de frapper plusieurs aliens à la fois, et un système de combo. Tout cela fonctionne, mais s’avère un peu nivelé vers le bas par un level design sans imagination, pas aidé par une mini map peu inspirée. Heureusement, la farfouille est parfois récompensée.

Le mecha a de la tronche

image test blackwind

Le mecha de l’avatar a plutôt la classe.

Ces premiers instants, mi-figue mi-raisin, vont tout de même assez rapidement laisser place à plus de fun, et l’on pardonnera ce début pas très convaincant. L’acquisition d’un drone, par exemple, est salvatrice. Il permet de donner plus de relief à l’exploration des environnements, en se faufilant dans des endroits autrement hors d’atteinte. Blackwind gagne donc en intensité au fil des heures, jusqu’à atteindre un bien bon niveau quand les ennemis deviennent vraiment nombreux à l’écran. Là, le challenge devient intéressant, et il n’est pas rare d’échouer même au niveau de difficulté normal. Par contre, on a toujours cette petite gêne lors des phases de plates-formes, qui restent imprécises jusqu’au bout de l’aventure. À l’image, d’ailleurs, de la toute première rencontrée, après le donjon interminable. Là, le soft se perd un peu, oublie de nous expliquer la mécanique des rebonds sur certains éléments du décor. Certes, il est aussi bon de ne pas trop nous prendre par la main, mais on aurait tout de même pu s’éviter quelques moments de blocage pour pas grand chose.

Blackwind finit donc par révéler ses belles forces au fil du cheminement, alors que l’arbre de compétence fleurit, nous proposant de plus en plus de puissance, d’orbes récoltées et d’enchainements. Si l’on ajoute la quête du 100%, surtout liée à l’obtention de tous les modèles (purement cosmétiques) du mecha, alors on obtient une durée de vie d’une bonne dizaine d’heures. Ce qui se révèle amplement suffisant pour ne pas s’allonger inutilement. La rejouabilité est plutôt bonne grâce à un mode Difficile, et un mode Coop permettant à un second joueur d’incarner le drone. Techniquement, c’est une autre paire de manche. Clairement, on fait face à un jeu pensé pour de la Nintendo Switch, voire de la PlayStation 4 ou XBox One, mais pas pour la PlayStation 5. Les textures, les effets de lumière, tout cela ne fait pas très actuel. Heureusement, la fluidité est assurée et les temps de chargement très réduits. Mais bon, entre la caméra parfois un peu rude dans ses déplacements d’angle automatiques, le chara-design des ennemis très répétitif, et surtout l’absence d’une vraie prise en charge des spécificités de la DualSense, on ne peut cacher une déception visuelle. Par contre, le mecha de James a de la tronche, c’est pas mal du tout pour du robot occidental. Musicalement, rien de bien mémorable, cela manque de thèmes immédiatement reconnaissables. Et les punchlines de l’avatar se font horriblement répétitives à la longue.

Conclusion

Blackwind ne sera certes pas le jeu de l’année, il n’en reste pas moins un titre qui pourrait plaire aux amateurs d’A-RPG très tournés vers l’action. Cependant, il faudra digérer les premiers instants passés avec le soft, tant ils sont maladroits, peu inspirés. Par la suite, le titre de Drakkar Dev gagne en fun et en intensité, devenant une sorte de Beat’em all tendance Twin stick shooter et plates-formes, avec ce qu’il faut d’orbes à récupérer afin d’améliorer le mecha. Celui-ci, d’ailleurs, est artistiquement réussit, même si la pure technique laisse penser que le trip fut d’abord pensé pour la Nintendo Switch. Tout cela forme une expérience certes amplement perfectible, mais tout de même charmante sur bien des points…

13 /20
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