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Crystar – Test – Nintendo Switch

5 mn de lecture
image jeu crystar
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  • Crystar
  • Disponible sur : Nintendo Switch, PlayStation 4, PC
  • Développé par : FuRyu, Gemdrops
  • Edité par : NIS America
  • Sortie le : 1 avril 2022
  • Genre : A-RPG
  • pegi12

Crystar, un bel univers mais une forme trop répétitive

Passé un peu inaperçu lors de sa première parution sur PlayStation 4 en 2019, Crystar fut pourtant une bonne petite découverte. Le jeu de FuRyu, à l’époque édité par Spike Chunsoft, était un Action-RPG très axé hack ‘n’ slash, avec quelques codes venus du Donjon-RPG. Écrit comme ça, c’est certain que le résultat ne pouvait qu’intéresser une niche de joueurs passionnés, d’autant plus que la traduction n’était assurée qu’en anglais. Près de trois ans plus tard, le soft se retrouve dans l’escarcelle de NIS America, qui permet une sortie sur Nintendo Switch où le titre se trouve une véritable cohérence avec le format portable.

Crystar débute sur des chapeaux de roue, avec une belle cinématique d’introduction animée, du plus bel effet. Et ce n’est pas que de la coquetterie, car ce jeu se veut narrativement plus intéressant que ce que peut le suggérer son apparence, voire même les quelques tests parus jusqu’ici. Grosso modo, on suit le parcours initiatique de la jeune Rei, qui se retrouve au purgatoire après un étrange incident ayant aussi coût la vie de sa petite soeur Mirai. Notre avatar aura quarante jour pour la sauver, avant que son âme n’atteigne les roues de la réincarnation. Et pour ce faire, Mirai doit passer un pacte avec Mephis et Celes, deux démons qui lui faciliteront la tâche en échange d’idéaux cristallisés sous forme de larmes, à récupérer en annihilant d’autres revenants. Bien sûr, la jeune fille va se rendre compte que ce prix à payer cache un plan pas très coolos, qu’il va falloir contrer avec l’aide de trois renforts, trois autres filles aux motivations bien différentes mais toutes réunies par l’envie d’en découdre avec l’entité derrière le drame du départ.

Le synopsis de Crystar n’a rien de bien novateur, par contre on apprécie son traitement, et même sa prise de risque. Si l’on retrouve bien des moments purement japonais, qui feront froncer les sourcils de certains occidentaux bornés à leur seul culture (et désirant la voir s’étendre partout, sous prétexte de bonne morale), la thématique du deuil est courageuse. Sachez d’ailleurs que le récit est signé Naoki Hisaya, bien connu au Japon pour ses travaux sur Moon et Kanon, deux visual novels de belle qualité. Cela assure donc une vraie profondeur au cheminement, qui se retrouve jusque dans les environnements traversés, reflétant l’état d’esprit des personnages. C’est certes un peu bavard, et intégralement en anglais, mais on se prend à apprécier de suivre cette histoire, avec pas mal de rebondissements à partir du milieu. Par contre, il y a débat sur la narration du dernier tiers. Là, le jeu semble vouloir faire son NieR Replicant, avec plusieurs boucles finales permettant de découvrir à chaque fois une nouvelle fin. Si cela s’avère justifié par le désir de modifier la conclusion, qui passe de sombre à bien plus positive, dans les faits cela implique une répétitivité gratinée. Et comme le titre l’est déjà par nature, dans son gameplay, vous imaginez bien que cela ne fera pas l’unanimité.

Un univers écrit avec soin

image test crystar

Les environnements peuvent être plutôt impressionnants.

Crystar est clairement ce genre d’expérience que je conseille avant tout aux fans de jeux japonais, ces gens de bon goût appréciant de répéter et répéter des boucles de gameplay courtes afin de les maitriser au maximum. Si ce n’est pas le cas, vous risquez de vous sentir un peu à l’étroit, ce qui pourra devenir rébarbatif à la longue. Le principe du soft est simple : l’histoire est divisée en chapitre, puis en missions principales au cours de ceux-ci, sous la forme d’un étage du purgatoire. L’action se déroule dans un environnement en 3D, et la map des lieux se dévoile au fur et à mesure de l’avancement. Dans ces couloirs, on rencontrera évidemment des ennemis, que l’on marave d’attaques rapides ou puissantes, avec des enchainements entre les deux. Et un système de coups spéciaux à lancer en maintenant une gâchette et en l’associant à un bouton, ce qui rappelle évidemment les récents Ys. C’est une base bien connue des amateurs d’A-RPG et ça fonctionne toujours aussi bien. Ajoutons une jauge pour se faire accompagner d’un Gardien dévastateur, une défense, et la possibilité de locker les monstres pour un meilleur suivi de l’action. Aussi, l’on passe d’un personnage à l’autre grâce à la croix multidirectionnelle, pour mieux alterner entre les styles (bourrin, à distance…) et aussi permettre aux combattantes de récupérer. On remue, et l’on obtient un système de combat tout à fait agréable.

Seulement, cette base prometteuse est un peu nivelée vers le bas par des défauts indéniables. Je ne cache pas mon amour pour les Donjon-RPG, donc de base ce Crystar a des arguments pour me convaincre. Seulement, tout du long je me suis dit que FuRyu aurait pu, et même dû, garnir ces étages de bien plus de choses à trouver, de secrets, de coffres. Le level design se révèle malheureusement très plat, et il ne récompense pas assez la toute légère exploration qu’il permet. Cela a une répercussion sur le loot, pas aussi passionnant qu’il le devrait. Certains ennemis sont plus puissants que d’autres, et lâchent de quoi fabriquer des armes et armures entre les missions. Là encore, c’est très classique et plaisant, seulement je n’ai que peu ressenti le frisson de l’aléatoire, pourtant nécessaire dans ce genre d’expérience. Las, du coup on fabrique, re-fabrique, associe sans cette sensation de vraiment pousser le principe dans ses retranchements. Dommage, car on sent tout de même une bonne marge de progression. Mais voilà, le résultat se fait trop timoré, et ce n’est pas le nombre très bas de types d’ennemis qui fera oublier tout ça. C’est même le contraire, et ça vient encore renforcer ce sentiment de répétitivité, qui ne sera accepté que par les joueurs désirant tout bien maitriser et compléter.

Le portage Switch est de belle qualité

image gameplay crystar

Bien sûr, on rencontre des boss en cours de périple.

Crystar est un titre qui, s’il ne brille pas par son originalité ni par sa générosité dans le bestiaire et le level design, parvient quand même à arracher ma sympathie. Pourquoi ? Tout d’abord, car comme en témoigne ma passion pour la saga Drakengard / NieR, ou encore les jeux de D3 Publisher, j’aime les jeux un peu « cassés ». Parfois, dans de rares cas, l’imperfection confine à la bonne idée, et c’est parfois ce que je retrouve dans le soft de FuRyu. L’univers fonctionne bien, je me prends à apprécier de placer les bons enchainements (du moins en mode de difficulté élevé, le facile retire tout intérêt au jeu). Surtout en mode nomade sur Nintendo Switch, car les missions finalement assez courtes conviennent à cette pratique. Du coup, les quarante à cinquante heures nécessaires pour le boucler à 100% filent à grande vitesse, et c’est bon signe. Pareillement, la direction artistique, signée Yukinori Masuda (Valkyrie Profile : Lenneth, World’s End Club) est accrocheuse dans un style à la fois sombre et riche en symbolique. Elle est bien aidée par un chara-design très efficace. Aussi, cette version Switch est en tous points identique à celle de la PlayStation 4, fluide au possible. Niveau contenu, notons les DLC cosmétiques en bonus (des costumes), mais rien de nouveau. Côté sons, les doublages japonais sont chaudement recommandés. Et l’OST, que l’on doit à un certain Sakuzyo (que l’on découvre ici), s’avère si entêtante qu’on ne peut qu’adouber le fait de l’avoir proposé à l’écoute dans un menu dédié.

Conclusion

Crystar s’adresse surtout aux amateurs d’A-RPG typiquement japonais, qui pourront donc prendre leur pied en répétant des boucles de gameplay courtes, et accepter une certaine répétitivité. Humble production des studios FuRyu, le jeu ne propose pas un énorme bestiaire, et peine à séduire dans son level design, malheureusement assez plat. Et pourtant, un certain charme opère, notamment grâce à un univers bien écrit, des thématiques courageuses, une belle direction artistique et des mécaniques bien vues. Certes, le résultat n’est pas pour tout le monde, mais cette sortie sur Nintendo Switch permet au titre de se trouver une pratique nomade bien en phase avec le contenu.

14 /20
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