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Forspoken – Test – PlayStation 5

7 mn de lecture
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  • Forspoken
  • Disponible sur : PlayStation 5, PC
  • Développé par : Luminous Productions
  • Edité par : Square Enix
  • Sortie le : 24 janvier 2023
  • Genre : A-RPG
  • pegi18

Forspoken : une nouvelle licence sur de bons rails

La sortie de Final Fantasy XV, en 2016, fut un événement qui dépassait le cadre de la simple parution d’une production AAA. Sauvé d’un naufrage cataclysmique, le jeu était certes imparfait mais a impressionné les observateurs tant le résultat est bien au-dessus de ce que le développement chaotique laissait craindre. Du coup, quand on a appris que Square Enix rassemblait les talents pour former un studio externe, Luminous Productions, l’intérêt autour du premier gros jeu post-FF a de suite culminé. Ce soft, ce devait être un certain Project Athia, dont les premières images assuraient un monde fantastique et un gameplay pour le moins aérien. Aujourd’hui titré Forspoken, et paru en exclusivité console PlayStation 5, le résultat a clairement fait jaser. Pourtant, le jeu est tout ce qu’il y a de plus classique et efficace.

Forspoken est un open world à l’histoire très importante, du moins pour la structure. Clairement, l’expérience du joueur a été pensée en fonction de l’avancée du récit, ce qui la rapproche des jeux très narratifs que les studios internes de Sony apprécient tant (God of War Ragnarok et Horizon : Forbidden West en tête). Bon, ça commence mal car, à mon humble avis, cette formule est entrain de montrer ses limites en terme de fun, en nous imposant plus d’écriture que nécessaire. Preuve étant le succès d’un The Legend of Zelda : Breath of the Wild dont l’une des qualités immédiatement mise en avant a été de très vite nous libérer du récit. Forspoken ne fait pas ce choix, par contre je dois reconnaitre une volonté très courageuse d’ouvrir des perspectives au sein d’un univers totalement neuf. On est beaucoup à se plaindre du manque de nouvelles licences dans le domaine des grosses production. On en a une ici, alors ne boudons pas notre plaisir.

Forspoken a beau nous arriver tout droit du Japon, le récit est lui l’œuvre d’Occidentaux. Parmi les plumes, on retrouve d’ailleurs Amy Hennig, une scénariste très en vue depuis son passage chez Naughty Dog. Mais les vrais gamers la connaissent depuis bien pus longtemps : Soul Reaver, c’était elle. Bon, j’ai un avis bien moins enjoué que certains sur son travail, et son implication dans le grand tournant du jeu vidéo vers le cinéma est, pour moi, une calamité. Heureusement, ici son écriture semble rester au stade minimum, on la sent surtout présente lors de l’ouverture, qui est d’ailleurs ce que le jeu réussit le moins bien en terme de narration. On y découvre la jeune Frey, une étudiante orpheline obligée de voler pour se nourrir. Bien sûr, elle se fait attraper par les méchants policiers, qui ne font que leur travail, et la voilà présentée au juge compatissant. Oui, c’est stupide, mais heureusement ça s’arrange par la suite. la jeune femme va se retrouver pris en chasse par un gang, auquel elle a subtilisé un magot, et c’est en pleine fuite qu’elle trouve un bracelet magique habité par l’esprit Krav lui ouvrant les portes du monde d’Athia. Un petit air d’Alice au Pays des Merveilles ? Totalement, et c’est assumé.

Vous voilà donc prévenus : Forspoken ne dévoile ses forces qu’après cette longue, trop longue introduction « hennigienne ». Après ça, l’histoire semble plus fluide, et surtout parvient à développer non seulement l’intrigue mais aussi le lore, le tout évidemment parfaitement sous-titré en français. Propulsée dans Athia, notre héroïne se découvre des pouvoirs magiques surpuissants, lesquels l’aideront à faire face aux terrifiantes Tanntas, les déesses de cet univers devenues de véritables croquemitaines. Elles sont possiblement à l’origine de la Brume, une sorte de malédiction qui réduit la vie à néant, ou plutôt la modifie en autant de menaces. La véritable aventure débute au sein de Cipal, une forteresse assez typique du J-RPG, avec sa structure en basse et haute ville, séparant donc les plus aisés des plus pauvres. C’est ici que Frey va trouver la motivation nécessaire à son évolution, dépassant donc la figure de l’héroïne ne désirant pas l’aventure (qui avait tant handicapé Uncharted 4, au passage). Et c’est à partir de là que le jeu devient vraiment intéressant, proposant autant de personnages secondaires intéressants que d’entrées passionnantes dans un codex hyper fourni. C’est un peu la marque de fabrique du soft : se sauver in extremis d’une situation vraiment pas gagnée.

Parkour et combats forment un duo séduisant

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Le système de combat est une grande qualité de Forspoken.

Alors que l’on se languit de pouvoir enfin goûter à la liberté promise non seulement par la taille de la carte, mais aussi par les capacités de Frey, la libération arrive enfin. Et avec elle, c’est tout le game design qui s’éclaircit. Véritable A-RPG qui aurait rencontré les open world d’Ubisoft, Forspoken joue une partition dangereuse mais miraculeusement équilibrée en fin de compte. On a donc d’un côté le gameplay en lui-même, qui mélange le parkour et les combats de magie, et une exploration basée sur les points d’intérêt de la carte. C’est bien le premier qui fait le succès de la recette, tant le feeling à la manette est incroyablement agréable, et se perfectionne au fil de l’évolution de Frey. Il faut donc presser la touche adéquate, et voilà notre avatar lancée dans des mouvements lui permettant de faire fi des obstacles, de grimper des falaises, etc. Alors certes, c’est bien moins profond que ce qu’a pu faire BOTW, on est plus proche d’un Assassin’s Creed, mais on débloque tant de nouvelles capacités que la richesse des possibilités nous éclate aux yeux. Par exemple, les grandes chutes, tout d’abord effrayantes, deviennent beaucoup plus maitrisées quand on obtient le pouvoir de l’eau permettant un amorti salvateur.

Virevolter ne vous épargnera pas les batailles ! Ceux-ci sont nombreux dans le monde d’Athia, et heureusement le système de combat est une véritable satisfaction. Grâce à Krav, Frey peut balancer des sorts sans devoir se rapporter à une jauge de mana. On est donc sur de l’action pur jus, mais pas décérébrée pour autant. Les magies se divisent en deux catégories : l’offensive, que l’on gère avec les gâchettes droite, et les défensives à gauche. C’est évidemment à vous d’opter pour les sorts à disposition, et ce parmi une quarantaine que l’on débloquera au fur et à mesure, avec quatre types à la clé (tellurique, feu, électricité, terre). D’ailleurs, notre avatar deviendra à la fin un véritable tank, aussi bien dans les combats que dans l’exploration où plus rien ne pourra la retarder. C’est un peu trop appuyé, ce qui me fait vous conseiller de tout d’abord parcourir l’histoire, puis à la fin partir à la découverte fondamentale d’Athia. C’est ainsi que l’on pourra le mieux venir à bout d’ennemis parfois surpuissants, qui tout d’abord seront bien trop puissants. Pour nous faciliter ces joutes, Forspoken nous propose d’utiliser les spécificités du parkour à notre avantage en plein combat, avec une énorme importance de l’esquive. C’est vraiment hyper jouissif à maitriser, surtout que l’impact est au rendez-vous grâce à des effets de lumière très spectaculaires.

L’open world manque de folie, mais la technique en souligne l’immensité

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Frey se déplace habilement au sein d’un monde immense.

Il est maintenant temps d’aborder le monde ouvert de Forspoken, et là c’est beaucoup plus mitigé. Le level design est malheureusement trop basique, ça manque de cette fluidité que l’on retrouve dans pas mal d’open world post-BOTW. Cela se traduit par l’absence d’intérêt pour l’observation sur le terrain, du coup on se rapporte sans cesse à la carte afin de se diriger vers le moindre coffre. On trouvera parfois des beffrois, clairement l’équivalent peu original des tours d’observation des Assassin’s Creed. donc on s’y rend, on active, on se dirige vers les activités désormais découvertes, et voilà. Oui, ça manque clairement de folie, même quand l’idée est bonne. Je pense notamment aux Labyrinthes, qui nous envoient vers des donjons qu’on imaginait autrement plus torturés. Las, le résultat est linéaire, on navigue de salles en salles sans trop de surprise, et seule la promesse d’un nouvel équipement important vient nous motiver. C’est comme cette histoire de chats divins à trouver : certes c’est mignon mais, au final, peu intéressant. Il va en falloir, de la motivation, pour tout voir et tout faire dans ce monde diviser en quatre grandes régions (pour quatre Tanntas). Les missions secondaires sont légions, pas toujours hyper bien écrites, mais on trouvera toujours un petit texte, une petite récompense utile pour l’évolution. C’est déjà ça, et ça forme une durée de vie très solide quand on veut tout compléter : une bonne cinquantaine d’heures. Et sachez que certaines quêtes ne s’activent qu’à l’occasion du endgame, dont un mini-jeu de rythme vraiment fun…

Comme toutes les exclusivités console PlayStation 5, la technique de Forspoken était très surveillée. Surtout que les premiers trailers du jeu envoyaient du lourd à ce niveau. Dans les faits, c’est là encore imparfait, même s’il faut souligner certaines forces. Le scénario en lui-même justifie le côté vide d’Athia, on peut donc lui pardonner cet aspect désertique, même si d’autres régions parviennent à insuffler un peu de folie visuelle. Assez fréquemment, on a droit à de jolis panoramas, la distance d’affichage permettant de bien belles réussites en ce domaine. Seulement, les textures font parfois un peu pauvres. Et, plus dommageables, les animations sont certes jolies mais parfois trop lourdes. Du coup, Frey est un véritable camion quand elle se frotte à des endroits étroits, ou quand de la véritable précision est demandée. Reste que les effets de lumière se font impressionnants, et les différentes options, désormais habituelles sur PlayStation 5, assurent notamment une fluidité à toute épreuve. Et puis j’adore ce voyage rapide immédiat, ça c’est next gen. Tout comme les différentes options d’accessibilité, permettant une expérience véritablement à la carte côté difficulté et prise en mains (le ramassage automatique des objets au sol, une bénédiction). Quant à la musique, elle est divine, l’une des meilleurs OST de cette année 2023, à coup sûr. Par contre, veillez à opter rapidement pour le doublage anglais ou japonais : le français est malheureusement mal interprété.

Conclusion

Forspoken saura sans aucun doute charmer les joueurs en recherche d’une nouvelle licence traitée avec les moyens d’une grosse production. Le jeu de Square Enix parvient à installer un univers hyper riche, au lore impressionnant. Il faudra cependant dépasser les premières heures d’introduction assez maladroite, avant de pouvoir enfin découvrir un monde d’Athia immense, permettant aux différents pouvoirs de Frey de s’exprimer pleinement. La structure du monde ouvert, hyper classique, pourra faire naitre un sentiment de déjà-vu sur la longueur, mais heureusement le gameplay vient compenser tout ça, insuffler du fun dans les combats et les mouvements de parkour. Alors certes, la formule est convenue, on sent un peu trop la volonté de plaire au public occidental. Mais, globalement, l’expérience reste plaisante.

15 /20
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