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Ni No Kuni II : Prince’s Edition – Test – Nintendo Switch

9 mn de lecture
image jeu ni no kuni 2 prince's edition
image switch ni no kuni 2
  • Ni No Kuni 2 : Prince's Edition
  • Disponible sur : Nintendo Switch, PlayStation 4, PC
  • Développé par : Level-5
  • Edité par : Bandai Namco
  • Sortie le : 22 septembre 2021
  • Genre : J-RPG
  • pegi12

L’univers de Ni No Kuni 2 : Prince’s Edition nous enchante

Parmi les licences J-RPG nées de fraîche date, Ni No Kuni occupe une place centrale dans le cœur de votre humble serviteur. Tout a débuté en 2008, lors d’une officialisation ayant créé un séisme chez les amateurs de pop culture japonaise. Une dinguerie : ce premier jeu allait s’accompagner de cinématiques dirigées par le très culte Ghibli, et affichait une direction artistique totalement dans le style du studio. Un véritable événement non seulement pour les gamers, mais aussi les fans d’animation. Sorti en 2013 en Europe, mais jamais avec sa version Nintendo DS et le magnifique grimoire qui l’accompagnait (snif), le soft a su trouver son public, notamment grâce à un système de Familiers bien fichu. Cinq ans plus tard, l’éditeur Bandai Namco faisait le pari de donner une suite, mais pas avec les mêmes personnages et en prenant quelques risques. Aujourd’hui, Ni No Kuni II revient sur Nintendo Switch, un version sous-titrée Prince’s Edition.

Avant de revenir plus en détails sur le jeu en lui même, il faut tout d’abord aborder les spécificités de cette sortie sur Nintendo Switch. Ni No Kuni II : Prince’s Edition brille tout d’abord pour son contenu. En effet, le soft embarque l’ensemble des extensions disponibles : Le Dédale du Roi Fantôme, La Légende de l’Almanach du Magicien et un Adventure Pack comprenant des épées spéciales ainsi que d’autres objets. C’est une excellente chose tant ils apportent encore plus de matière à un jeu déjà généreux. Le premier contenu offre non seulement un labyrinthe à explorer, mais aussi des quêtes supplémentaires, divers objets et deux nouveaux styles de combat (le jouissif Ding dong et Gizmo Supremo). Le second apporte encore plus de choses, même si le début de ce nouveau segment met du temps à démarrer. On a surtout droit à des révélations sur l’univers, et même quelques unes qui apportent de la cohérence avec le premier opus. On n’en dit pas plus. Aussi, sachez qu’une arène au gros challenge ouvre ses portes aux joueurs ayant terminé de DLC.

L’autre élément attendu de ce Ni No Kuni 2 : Prince’s Edition concerne évidemment la technique. Et autant l’écrire de suite : elle est inégale. Bon, déjà le soft initial n’était pas exempt de reproches à ce niveau, avec des petites baisses de framerate (il paraît que les MAJ ont en partie réglé cela), et des environnement fainéants pour les donjons et grottes. Aussi, la distance d’affichage, surtout sur la carte du monde, aurait pu se faire plus profonde. Surtout que, sur la console de Nintendo, moins à l’aise dans ses spécificités techniques, on peut ajouter une certaine dose de crénelage. Mais ça va, c’est acceptable, surtout en nomade et ce malgré une résolution plus humble. Heureusement, le reste se porte bien, et même très bien. La direction artistique est un véritable délice pour les yeux, enchanteresse. Elle apporte une incroyable sensation de dépaysement. Notre préférence va à la rococo et naturaliste (oui, les deux) Gamblor. Le character design se révèle efficace, tout à fait dans le style Ghibli. Par contre, la variété des adversaires est bizarrement limitée. Pour finir, les musiques sont toujours dirigées par le surdoué Joe Hisaishi (Kids Returns, Princesse Mononoké, Le voyage de Chiriro, excusez du peu). La Switch assure très bien dans le domaine sonore, donc tout est conforme aux autres versions. Les thèmes se font dans l’ensemble assez égaux, même si quelques uns varient un peu. On a toujours du mal avec le morceau de la Méca-usine, tandis que celui de Mécarbor, ou le thème principal évolutif, sont de sacrés plaisirs pour les oreilles.

Maintenant, on peut aborder le Ni No Kuni II d’origine, lequel ne bouge pas d’un iota dans cette Prince’s Edition. Le titre nous plait toujours autant pour sa volonté d’aller droit au but, côté scénario. Loin du recours trop systématique aux cinématiques de certains J-RPG, Level-5 décide d’installer les problématiques dès l’introduction, puis de laisser le joueur voyager en direction de la solution, à l’exception de quelques cutscenes finalement assez rares et plutôt bien fignolées. L’exemple du traitement de Roland est, à ce titre, exemplaire. Terminé, les longs tunnels narratifs : en quelques minutes seulement, on comprend que ce personnage, qui vit dans le monde réel, est un homme politique, et sera plongé dans un monde parallèle suite au déclenchement d’une guerre pour le moins explosive. Dans ce monde coloré, il deviendra l’ami et Premier Ministre d’Evan, jeune roi de sang mêlé, déchu après un coup d’état meurtrier. Ensemble, et accompagnés d’acolytes qui rejoindront ce duo, ils vont tout faire pour unir les différents Royaumes dans une paix durable et globale. Et ce malgré les plans maléfiques de Kundal…

Un J-RPG abordable, aux mécaniques nombreuses

image gameplay ni no kuni 2

Le système de combat est sympa à maitriser.

Il faut rassurer les nouveaux venus. On peut très bien savourer l’histoire de Ni No Kuni II : Prince’s Edition sans avoir touché à son prédécesseur. Le boss de Level-5, Akihiro Hino, l’a assumé en interview : il s’agit peut-être du même monde, mais tout est affaire d’interprétation. Même si des éléments du DLC La Légende de l’Almanach du Magicien mettent sur la voie d’un diptyque cohérent. Le plus évident des liens est le nom de la première ville traversée : Carabas. Dans celle-ci, on retrouve d’ailleurs une situation politique qui pourra rappeler des éléments scénaristiques de Ni No Kuni. Alors, s’agit-il d’une suite, dont le récit serait espacé de plusieurs siècles avec le précédent soft, ou d’une variation comme peut le proposer la série des Final Fantasy ? On opte pour la première solution. La narration, quant à elle, a évolué dans le bon sens. Comme écrit plus haut, les cinématiques sont bien moins présentes que par le passé, ce qui renforce l’impression de découvrir un conte par le biais des phases de gameplay. Aux côtés du cheminement central, véritable fil rouge, vous aurez aussi droit à toute une foule de quêtes annexes. Si leur écriture n’est pas passionnante (on y reviendra plus bas), on ne peut nier qu’elles participent pleinement à la cohésion de l’univers. On croise des personnages hauts en couleurs, dans des lieux bourrés de personnalité, du moins pour ce qui est des Royaumes.

Le gameplay, lui, a pris une direction totalement différente de celle du premier opus. Ni No Kuni 2 : Prince’s Edition fait le choix des combats en temps réels, et en arène afin de cloisonner les déplacements. On pense de suite à ce que propose la licence Tales Of, elle aussi éditée par Bandai Namco, tant le dynamisme du résultat est fun à prendre en main. Le studio de développement a eu la bonne idée d’inclure un ciblage des ennemis, ce qui permet d’éviter une perte de contrôle. Carré lance des coups rapides, Triangle des attaques plus lentes et puissante, Rond permet de bondir afin frapper les ennemis aériens. R1 nous fait utiliser une arme à distance, et l’on peut avoir recours à des magies en maintenant R2. Si l’on désire fuir un duel trop déséquilibré (ce qui n’arrivera pas souvent), il faudra rejoindre les bords de la zone, pendant un laps de temps, ce qui place le personnage en posture délicate car l’ennemi peut en profiter. Mais ce n’est pas tout, car le jeu multiplie les mécaniques. Vous serez accompagnés par des mousses, des petits esprits que vous serez en capacité de créer et faire évoluer. Pendant les batailles, il sera possible d’activer leurs pouvoirs, qui pourront s’avérer des renforts précieux quand l’adversité devient un peu plus délicate. Aussi, ils vous procureront des sphères, aux différents effets bonus. Il sera possible de s’appliquer des objets salvateurs, notamment dans le but de restaurer de l’énergie, mais seulement dans une limite de nombre imparti, ce qui ajoutera un peu de tactique lors des (rares) duels de haut niveau. Seul retenue : les esquives sont assez lentes, une évidence qui peut créer un peu de frustration

Une suite aux millions de sourires

image test ni no kuni 2

La direction artistique rappelle de suite le studio Ghibli.

Des combats rondement menés, des quêtes comme s’il en pleuvait, Ni No Kuni 2: Prince’s Edition assure soigneusement tout ce qu’on attend du RPG à la japonaise. Mais ce n’est pas tout ! Car cette suite ajoute deux mécaniques qu’on n’avait pas vu venir. Tout d’abord, les séquences de stratégie. Pas de panique, les Starcraft et autres Alerte Rouge n’ont pas servi de modèle. Le design de ces phases est beaucoup plus porté sur l’action. Evan est accompagné de quatre groupes, toutes associés à un type : épée, marteau, arc, bouclier, pistolet et lance. Chacun a ses qualités, et ses défauts. Par exemple, si l’une de vos factions est l’épée, il sera plus fort que le marteau, et plus fragile face à la lance. Principalement axé sur le combat, le roi déchu se doit de remplir un objectif, en terrassant les troupes ennemis. Pour cela, il doit faire attention à trois éléments. Premièrement, la jauge militaire. Laquelle permet d’accélérer les déplacements et la vitesse d’attaque. Deuxièmement, la puissance militaire. Celle-ci vous accordera notamment le droit de recréer des troupes, ou de balancer des attaques ou des bonus. Attention, car si vos possibilités tombent à zéro, vous ne pourrez plus rien faire. Enfin, on dispose de tactiques. Ces dernières sont associées aux chefs d’escadron. Pour vous donner un exemple, Grant fait appel à des planeurs larguant des bombes sur l’ennemi. La réussite de cette mécanique très efficace tient dans sa vision d’ensemble, qui forme un véritable jeu dans le jeu, et ce même si certaines batailles auront tendance à devenir très fouillis.

La deuxième grosse phase qu’on n’a pas vu venir est aussi notre préférée : la gestion du château. Ni No Kuni 2 : Prince’s Edition vous propulse dans la peau d’un souverain certes déchu, mais pas dénué d’envie de régner. Afin d’atteindre son idéal, créer « un royaume aux millions de sourires » (joli objectif), il va falloir gérer un nouveau territoire baptisé Espérance. Vraiment mignon, tout ça. Au début de cette aventure, vous ne serez le chef que de deux ou trois bâtisses en bois. Mais la situation évoluera bien assez vite. Plus vous voyagerez au cours de votre périple, plus vous prendrez contact avec des personnages désirant rallier votre monarchie idyllique. Et plus nombreux sera le peuple, plus le château gagnera en influence. Et plus il voudra travailler pour voir le lieu se fortifier. Les richesses vont s’accumuler, et il faudra les dépenser sans compter pour construire de nouveaux bâtiments. La grande réussite est l’utilité de tous ceux-ci. Par exemple, la Forge vous permet de fabriquer des armes, puis de les faire évoluer. Afin de proposer plus de matière, voire des effets qui auront cours en-dehors d’Espérance, comme grâce à a Caserne et le perfectionnement des stratégies militaires, il faudra se lancer dans des Recherches. Lesquelles demanderont du temps, ingame, pour être menées à bien. Cette tâche est l’affaire des travailleurs de votre Royaume. S’ils sont spécialisés, la manœuvre sera rendue plus rapide. Croyez votre humble serviteur : vous allez passer du temps dans ces phases de gestion, car les bienfaits en valent la peine et le gameplay s’y fait très agréable.

Ni No Kuni 2 : Prince’s Edition est un très bon RPG japonais, c’est une évidence. Il réussit efficacement à toujours garder le joueur intéressé, malgré quelques baisses de régime sur certains aspects. Les quêtes annexes se font certes nombreuses, et parfois assez drôles, mais elles sont trop souvent à caractère Fedex. Aussi, on aurait aimé découvrir un peu plus de villages, notamment dans les horizons reculés d’un continent de l’Est, assez vide. Tout cela est heureusement contrebalancé par un sens du rythme assez efficace. On se doit de féliciter Level-5 pour avoir proposé les voyages rapides, tant ils permettent de ne pas se coltiner des allers/retours gonflants. Par contre, cela porte atteinte à l’intérêt des moyens de transports : le bateau et l’avion n’ont du coup que peu de sens. Du moins de prime abord, car les joueurs qui voudront se lancer dans le très désirable 100% devront y avoir recours, ne serait-ce que pour la chasse aux coffres. La collecte, d’ailleurs, est l’un des autres points centraux du soft. Chaque adversaire est l’occasion d’un loot. De l’équipement, mais aussi des ingrédients pour les recettes, les constructions, et même utiles pour faire évoluer vos précieux mousses. On a aussi des labyrinthes procéduraux, qui apportent un peu de challenge dans un jeu qui n’en propose pas forcément autre part. À l’intérieur, un jauge de danger grimpera constamment, augmentant par la même occasion le niveau des ennemis. Pas de panique, vous pourrez faire baisser la menace grâce à des orbes roses, à donner en offrandes à certaines statues. Comme vous pouvez l’observer : le jeu est très riche en mécaniques différentes, ce qui forme un ensemble très plaisant à parcourir, malgré la répétitivité des quêtes annexes. Ah oui, et les différentes mises à jour ont aussi apporté pas mal de choses, comme un level cap largement augmenté. De quoi s’amuser pendant de très, très, mais très nombreuses heures.

Conclusion

Même si l’on avait déjà poncé le jeu sur une autre plateforme, on a pris énormément de plaisir en redécouvrant Ni No Kuni 2, toujours une belle réussite. L’ensemble n’est pas dénué de défauts, notamment avec des quêtes annexes répétitives, ou la pure techniques parfois incertaine sur Nintendo Switch. Mais le soft (ici accompagné de tous ses DLC) se révèle tellement généreux qu’on lui pardonne sans mal ces petits regrets. J-RPG abordable, à la difficulté adaptée à son temps (facile d’accès pour ceux qui ne veulent que l’histoire, plus difficile pour qui veut tout voir), bourré de mécaniques intéressantes, le résultat nous enchante. De là à espérer que Bandai Namco et Level-5 continuent d’explorer cet univers, il n’y a qu’un pas qu’on effectue allégrement.

16 /20
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