Test

Tales Of Arise – Test – PlayStation 5

6 mn de lecture
image jeu tales of arise
image playstation 5 tales of arise
  • Tales Of Arise
  • Disponible sur : PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series, Xbox One, PC
  • Développé par : Bandai Namco
  • Edité par : Bandai Namco
  • Sortie le : 10 octobre 2021
  • Genre : J-RPG
  • pegi12

Tales Of Arise renouvelle idéalement la licence !

Un fan de J-RPG a souvent bien des souvenirs à partager. Car, si l’on accroche à lui, ce genre marque à jamais. Votre humble serviteur, s’il a débuté avec Mystic Quest sur Game Boy, a depuis accumulé les moments mémorables. Et l’un d’entre eux fut l’arrivée, en Europe, de Tales Of Symphonia, premier Tales Of à nous parvenir alors que la licence de Bandai Namco s’accompagnait d’une belle réputation au Japon. Dix-sept ans après cet opus, voilà que l’éditeur japonais lance un Tales Of Arise très, très attendu. Car les codes de la série s’apprêtent à être renouvelés. Pour le meilleur ? Oh que oui !

Aller, on ne va pas se mentir : quand on aime le J-RPG, on est parfois un peu conservateur. Mais si, souvenez-vous des réactions (justement) outrées quand Dragon Quest IX fut, tout d’abord, annoncé comme un A-RPG aux combats en temps réel. DQ est certes un cas à part, même si le douzième épisode va lui aussi chambouler pas mal de choses, mais c’est aussi le cas pour d’autres licences. Tales Of en fait partie et, si les fans restent tout de même moins pointilleux, ils s’attendent toujours à une intro animée qui déchire, et surtout des combats en semi-temps réel très dynamiques. Eh bien, sachez que les changements opérés dans Tales Of Arise sont si satisfaisants que peu de voix sérieuses se sont faites entendre pour les regretter. Autant ne pas faire durer le suspens, on rejoint l’avis général.

Tout comme pour Final Fantasy, la licence Tales Of raconte à chaque fois une nouvelle histoire (avec des exception, Symphonia étant par exemple un préquel à Phantasia). Et écrivons-le tout de go : les univers sont inégaux. Longtemps un peu gnangnan, la série a su se remettre en ordre de bataille avec Berseria. On attendait donc confirmation en lançant Tales Of Arise, et le résultat dépasse amplement nos espérances. Le récit abandonne presque totalement le côté parfois très manichéen des anciens opus, et ose même quelques petites métaphores politiques étonnantes. On n’en dira pas plus, mais attendez-vous à des éléments plus « sérieux » qu’autrefois.

L’histoire de Tales Of Arise n’est pas hyper originale pour autant, mais elle a le mérite d’être narrée avec grand soin. L’action se déroule dans un monde composé de deux planètes : Rena et Dahna. Et cela fait des centaine d’années que les habitants de cette dernière ont été réduits en esclavage par les Reniens, technologiquement bien plus avancés. Voilà une base solide, simple et ultra efficace. Car il suffit d’une étincelle, comme le hurlait Johnny, pour allumer le feu. Ici, les flammes de la rebellions, créées par nul autre que notre avatar. Celui-ci, masqué comme papa NieR Gestalt, est amnésique. Bon, c’est un trait de caractère plus que ressassé dans le J-RPG, mais l’effet de projection fonctionne encore très bien. Tout ce que l’on comprend, c’est son statut d’esclave Dahnien. Plus surprenant, notre personnage, prénommé Alphen, est insensible à la douleur. Un don qui va en faire le justicier idéal, ce qu’il ne va pas s’empêcher d’être.

L’univers est passionnant, avec un background soigné

image test tales of arise

Alphen est un héros typique du bon J-RPG.

Ajoutons un personnage féminin hyper important, Shionne, Rénienne en fuite car chassée par son propre peuple. Son tort ? Être frappée d’une véritable malédiction : électrocuter quiconque rentre en contact physique avec elle. Pas cool pour les soirées canapé en couple, mais cela ne refroidit las Alphen, qui voit en elle la fille idéal pour rejoindre la résistance dahnienne. Ensemble, ils vont combattre les hauts gradés réniens, et comprendre ce pourquoi le peuple de Dahna est au travail forcé. L’on n’ira pas plus loin dans la teneur du récit, car le scénario s’appuie sur des rebondissement certes parfois un peu prévisibles, mais toujours saisissants. Cependant, au-delà de ce duo dont les sentiments amoureux ne vont pas tarder à apparaître, c’est l’univers qui nous a encore plus marqué. C’est, de très loin, le meilleur à avoir été imaginé pour un Tales Of, avec un background énorme, un bestiaire peu fourni mais totalement pensé pour l’intrigue.

Tales Of Arise perpétue tout de même quelques traditions. La première d’entre elles, ce sont les cutscenes entre les personnages secondaires, avec tout ce qu’il faut de liens sociaux. Même si elles restent tout à fait facultatives, elles permettent non seulement d’approfondir les relations entre certains protagonistes, mais aussi de fouiller encore plus cet univers décidément d’une grande richesse. Et il s’en dégage une maturité insoupçonnée, culminant avec des détails révoltants sur le traitement infligé aux Dahniens. Il faudra cependant s’apprêter à lire beaucoup de lignes de textes, moins que dans un Visual novel mais tout de même. Cet opus est d’une générosité peu commune, cela se traduit aussi par une implication du joueur de tous les instants, il faut donc s’y plonger si l’on veut en capter toutes les subtilités. Ah, et sachez que les sous-titres sont évidemment assurés dans un français nickel.

Un bon J-RPG, c’est aussi (et surtout, selon nous) un gameplay accrocheur. En exploration, Tales Of Arise est un élève appliqué : les différentes zones se révèlent un peu étroites, mais le level design est globalement intelligent. Là encore, c’est une vraie avancée pour la licence, pas vraiment connue pour ses mondes intéressants à farfouiller. On traverse des villages, on trouve des coffres, classique. Vous pourrez aussi vous lancer dans des activités annexes, comme une quête pour retrouver des chouettes planquées ici ou là, à ramener au roi hibou afin de récupérer des récompenses parfois cosmétiques, d’autre fois plus utiles. Il faut d’ailleurs rester vigilants pendant vos pérégrinations, et utiliser le saut afin d’atteindre certaines zones. Car c’est à ce prix que l’on déniche des Artefacts, objets très importants qui vous refilent notamment des bonus d’XP, mais aussi un effet de transfert sur une partie NG+. Par exemple, c’est en trouvant le Bouclier de la Dame que l’on peut transférer son équipement dans une nouvelle partie. Très malin, surtout que la rejouabilité est certes limitée mais tout de même de la partie.

Le système de combat dépasse ceux de tous les autres Tales Of

image gameplay tales of arise

Certains panoramas sont très jolis.

Mais ce sont évidemment les combats qui retiennent le plus l’attention. Tales Of Arise perpétue la tradition, tout en apportant énormément de subtilités et, surtout, en se délestant de la superficielle complexité des anciens opus à ce niveau. C’est hyper bonnard à prendre en mains, et l’on ne cesse de progresser dans la maitrise. On a donc droit à du semi-temps réel : on voit l’ennemi à l’écran, et l’on doit rentrer en collision avec lui afin de lancer la bataille. À notre disposition, on retrouve tous les mouvements nécessaires à ce genre de combats : coups normaux, esquives etc. Les artes sont de retour eux aussi, mais ici ils se doivent d’être pensés pour la combinaison. Oui, cela sonne très action, mais surtout l’on reste maitre de nos décisions, d’où la présence d’un système cooldown afin de nous forcer à choisir ce qui doit être déclenché.

De plus, Tales Of Arise prend la bonne décision de nous laisser choisir quel personnage l’on veut diriger. Les six aventuriers formant le groupe représentent chacun une classe (soldat, soigneur, tank, etc), donc une manière de jouer. Une fois bien digéré, ce système de combat est un bonheur absolu, mélange habile des sensations d’un Tales Of et d’un Ys. On place les combos avec un plaisir sans cesse renouvelé, surtout quand on le termine d’une Frappe bonus, gros coup à la mise en scène toujours épique. Bien sûr, il est aussi possible de donner des ordres aux alliés, et de les voir compléter nos offensives dans le but d’exploiter un point faible. Si le jeu propose plusieurs niveaux de difficulté, vous vous rendrez tout de même compte que les ennemis sont très résistants, cela afin de vous pousser à exploiter les enchainements. C’est surtout le cas contre les boss, tous impressionnants, et parfois si rapides que l’on a du mal à garder le rythme.

Tales Of Arise a aussi la bonne idée d’introduire tout un tas d’arbres de compétences, dans lesquels placer les PC grappillés en fin de combat. On pourra même se lancer dans les deux activités les plus usitées, mais aussi les plus chéries, du J-RPG : la cuisine et la pêche. Tout cela forme une durée de vie, pour un run, d’à peu près soixante-dix heures. Solide, mais sans excès. Le NG+ vous permettra surtout de parfaire votre tour d’horizon : tenter la plus grande difficulté, et pousser les personnages au niveau 100. Techniquement, le jeu est plutôt joli sur PlayStation 5. Malgré du clipping dans certaines zones, les effets de lumière pleuvent de partout sans ne jamais faire faiblir le 60fps (en mode Performance tout du moins). Par contre, on remarque des temps de chargement certes peu longs mais nombreux, et la DualSense n’est pas réellement exploitée. Dommage, mais on préfère garder à l’esprit certains panoramas impressionnants. Côté musiques, le travail de Motoi Sakuraba est assez discret, parfois épique mais souvent plus dans un esprit d’accompagnement. Une bonne OST cependant, à écouter même hors du jeu.

Conclusion

Tales Of Arise est bel et bien le meilleur opus de cette vénérable licence. Les équipes de Bandai Namco prouvent qu’il est donc possible d’insuffler de la nouveauté sans ne rien dénaturer, et même en renouvelant l’approche globale. L’univers fouillé, les personnages attachants, tout nous pousse à aimer ce récit accrocheur. Aussi, le système de combat, très nerveux, se révèle agréable au possible. Tout juste pourra-t-on regretter un peu de clipping, et des zones parfois étroites. Mais rien qui puisse faire oublier la force des dizaines d’heures que l’on vient de passer en compagnie d’un des meilleurs jeux de cette année 2021.

17 /20
Articles liés
Test

Dungeon Encounters - Test - PlayStation 4

8 mn de lecture
Dungeon Encounters n’est pas pour les petits joueurs Comme nous le démontrions dans notre top réservé à ces jeux de Square Enix qu’on aimerait voir revenir sous une forme ou une autre, l’éditeur japonais est bien plus intéressant que ce que certains veulent faire croire aujourd’hui. Et c’est d’autant plus vrai quand, justement, il s’éloigne de la routine (certes très, très agréable) Final Fantasy, Dragon Quest et Kingdom Hearts. On aime le SE qui nous refilait Vagrant Story, Drakengard ou encore Parasite Eve, des titres que personne n’avait vu venir…
Test

Knockout Home Fitness - Test - Nintendo Switch

4 mn de lecture
Knockout Home Fitness a l’œil du tigre On ne le dira jamais assez : restez actifs, faites du sport, et mangez équilibré en évitant les produits transformés. Voilà, votre dévoué serviteur, qui a perdu plus de vingt kilos en deux mois, a fait sa petite leçon. En vrai, il est indéniable que ce genre de conseil est facile à prodiguer, mais jamais simple à réceptionner : on a tous un rythme de vie différent. Du coup, un jeu comme Knockout Home Fitness, édité par Marvelous et distribué physiquement grâce à…
Test

Metroid Dread - Test - Nintendo Switch

3 mn de lecture
Metroid Dread, l’un des GOTY de 2021 Metroid Dread est la suite directe de l’épisode Fusion. Alors qu’elle croyait avoir éradiqué pour de bon les Metroids et le Parasite X (un organisme hostile capable de prendre l’apparence de son hôte en reproduisant son ADN et le tuant à petit feu lors du processus), Samus reçoit un message lui indiquant qu’il resterait une trace du Parasite X sur la planète ZDR. Un contingent de robots de combat réputés invincibles, les E.M.M.I. , y est envoyé mais tout contact est rapidement perdu…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *