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The Cruel King And The Great Hero – Test – PlayStation 4

5 mn de lecture
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  • The Cruel King And The Great Hero
  • Disponible sur : PlayStation 4, Nintendo Switch
  • Développé par : Nippon Ichi Software
  • Edité par : NIS America
  • Sortie le : 11 mars 2022
  • Genre : J-RPG
  • pegi7

The Cruel King And The Great Hero, un coup de cœur mignon au possible

Après un mois de mars phagocyté par de grosses sorties pas toujours réjouissantes (n’est-ce pas, Gran Turismo 7 et Horizon : Forbidden West), on peut enfin revenir vers des productions qui nous intéressent bien plus. Terminés les mondes ouverts sans âme, les pseudos-démonstrations techniques bourrées de bugs, ou encore les modèles économiques honteux : on va retrouver des expériences agréables. Et pour reprendre du bon pied, quoi de mieux qu’un bon Nippon Ichi Software ? The Cruel King And The Great Hero débarque enfin, lui qui se présentait comme un RPG japonais mettant l’accent sur son histoire et sa direction artistique. Alors est-ce aussi bon qu’attendu ? La réponse est positive, et ça fait du bien.

Vous vous demandez peut-être pourquoi votre humble serviteur attendait autant The Cruel King And The Great Hero ? La réponse est simple, et elle se résume à un nom : Sayaka Oda. Cette auteure (jusqu’alors web designer, et ça se ressent de suite dans la direction artistique) est à suivre, on le crie sur tous les toits depuis son déjà prometteur The Liar Princess And The Blind Prince, déjà chez NIS America car repéré lors d’un concours de l’éditeur. C’est donc une belle trajectoire que voilà, avec du talent à revendre et non seulement un genre à mettre en avant (n’est-ce pas, Jade Raymond). Fort d’un véritable succès d’estime, public et critique, sa seconde œuvre débarque en Europe avec une édition physique que les collectionneurs ne peuvent que désirer : une Storybook Edition comprenant un bel artbook, la sublime bande originale (au format numérique), et une peluche toute mignonne de l’héroïne Yuu. Oui, dès l’ouverture du coffret, on craque.

Et cela ne fait que se renforcer au fil de l’expérience. The Cruel King And The Great Hero nous conte non seulement le destin d’un personnage, la petite Yuu, mais aussi nous décrit un univers aussi attachant que bourré de charmes. Yuu, donc, est notre avatar dans cet univers fait de monstres et de légendes. Son cheminement, pour devenir une grande héroïne, ne sera pas sans épreuves, mais elle peut compter sur un allié de taille. En effet, la fillette est l’enfant du défunt héros qui, autrefois, a terrassé un souverain démoniaque. Désormais trépassé, ce valeureux guerrier a laissé derrière lui sa descendance, Yuu, confiée au Roi Dragon. Élevée au pays des monstres, votre avatar va devoir prouver sa valeur en venant en aide à différents habitants, par le biais d’actes de gentilles, tout en faisant la lumière sur certains événements concernant son origine.

Une histoire charmante, s’inscrivant dans un univers attachant

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Comment ne pas craquer immédiatement ?

Le scénario principal, découpé en journée, est certes un peu court et prévisible, mais il se dévore comme on tourne frénétiquement les pages d’un joli conte. On insiste sur ce point : The Cruel King And The Great Hero est une aventure tout ce qu’il y a de plus agréable, rigolote, mignonne, et même émouvante dans sa dernière partie. Surtout, le récit a le mérite d’aller droit au but, de ne pas nous bassiner avec un fond intrusif, et ce même si une deuxième grille de lecture, concernant la parentalité, peut être ressentie. C’est un peu comme pour les Voice Of Cards de Square Enix : on tient là un J-RPG facile d’accès, dont l’écriture s’éloigne des clichés occidentaux désormais trop bien installés. Signalons aussi des quêtes secondaires utiles pour la bonne compréhension de l’univers. Par contre, et c’est sans doute notre seul vrai reproche formulé à ce jeu, l’on ne peut que regretter l’absence de sous-titres français. Ils ne sont disponibles qu’en anglais, alors même que le soft nous paraît idéal pour de jeunes joueurs. Il faudra donc qu’ils maitrisent un bon niveau de cette langue, ce qui n’est pas évident.

Dans son gameplay, The Cruel King And The Great Hero est un J-RPG à l’ancienne. Et là encore, cela ne peut que séduire votre humble serviteur fan des Dragon Quest. Yuu parcourt un monde dans une représentation 2D, un peu comme on pouvait le voir dans un Secret of Mana. Pas de monde ouvert à la Elden Ring donc, ni semi-ouvert à la Dragon Ball : Kakarot. Non, ici on évolue dans des zones fermées, linéaires même, et pour s’y retrouver l’on se doit de passer par une carte rappelant fortement celles croisées dans des Metroidvania. Ce qui n’est pas un hasard, puisque l’on reviendra parfois dans certaines zones afin de s’ouvrir de nouvelles routes, ou des coffres préalablement inaccessibles. Tout cela nous met en joie, car on ne peut que se rendre compte que l’exploration peut très bien être de vigueur dans un univers cloisonné, ce qui est une évidence pour qui a connu la grande époque des consoles huit et seize bits.

On aimerait s’y balader encore plus longtemps

image gameplay the cruel king and the great hero

Le système de combat s’inscrit dans un classicisme solide.

Les combats aléatoires de The Cruel King And The Great Hero sont on ne peut plus classiques. Il s’agit d’un système au tour par tour, et sans jauge ATB pour le rythmer. Oui, cela peut sembler très basique, d’ailleurs ça l’est jusqu’au bout : on a aussi droit à des magies (ici appelées Skills, évidemment liés à des PM), une défense, et l’utilisation d’objets. Au début de l’aventure, Yuu sera à peu près seule dans les batailles, le Roi Dragon l’aidant ni vu ni connu (et c’est vraiment choupinou). Puis elle sera rejointe par des coéquipiers, tous plutôt bien différenciés dans leurs capacités. Bien entendu, on amasse de l’expérience afin de gagner des niveaux, donc de progresser dans les statistiques. Et l’on a tout un système de bonus, de malus. Enfin, il sera aussi question de parfaire son équipement grâce à la monnaie remportée, elle aussi à l’issue des combats. Tout cela se prend en mains plus que rapidement, et rien ne viendra lui donner plus de profondeur. Certes, les hardcores gamers pourront le regretter, mais on leur rétorquera que ça fonctionne parfaitement. Par contre, on aurait aimé une option pour accélérer les joutes. Et peut-être un mode plus difficile, car même les boss n’opposent pas une résistance folle si l’on prend le temps de faire un peu de grinding.

Comme nous l’écrivions plus haut, The Cruel King And The Great Hero propose aussi des quêtes secondaires. Elles sont nombreuses, et rémunérées par des fleurs. Celles-ci vous servent à débloquer des artworks et d’autres surprises, dans un menu dédié. Voilà une excellente chose, que l’on ne peut que féliciter tant l’industrie a mis de côté de côté ce genre de récompenses. Et cela renforce un peu la durée de vie, pas très longue. Il vous faudra une douzaine d’heures pour en venir à bout, et il ne faut pas compter sur de la rejouabilité. Un one shot court donc, ce qui pourra vraiment permettre de souffler après les (trop) longues épopées décrites dans les grosses productions. Enfin, la technique est tout simplement merveilleuse, et met même une gifle à certains gros softs. Pas de ray tracing blablabla, non : de la 2D dessinée à la main, avec un sentiment de parcourir une grande fresque imaginée par un enfant surdoué. L’animation est toute simple, et l’on ne peut que craquer devant le pas de course de Yuu (qui, au passage, permet d’atténuer la fréquence des combats aléatoires). C’est un véritable délice pour les yeux, mais aussi les oreilles. L’aventure est parfaitement narrée par Reina Kondo, actrice et chanteuse dont le timbre de voix est idéal pour cette aventure. Enfin, la musique, composée par Akiko Shikata, n’est pas en reste, avec cette tonalité à la fois puissante et émouvante. Du très bon travail, jusqu’à la dernière note.

Conclusion

The Cruel King And The Great Hero est tout ce dont on a besoin pour souffler entre deux grosses productions. RPG japonais très classique dans ses mécaniques, voire même reposant, il s’inscrit dans un univers mignon au possible, et non sans nous délivrer de belles émotions. On pourra lui reprocher de ne pas proposer ses sous-titres en français, et peut-être d’oublier la rejouabilité, même si cette aventure d’une douzaine d’heures nous suffit en l’état. Voilà le genre de coup de cœur que l’on aimerait exprimer plus souvent.

16 /20
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