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Gungrave G.O.R.E. – Test – PlayStation 5

5 mn de lecture
image jeu gungrave gore
image playstation 5 gungrave gore
  • Gungrave G.O.R.E.
  • Disponible sur : PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series, Xbox One, PC
  • Développé par : IGGYMOB
  • Edité par : Plaion
  • Sortie le : 22 novembre 2022
  • Genre : Beat'em all
  • pegi16

Gungrave G.O.R.E, le défouloir à l’ancienne

La simple évocation de Gungrave suffit à me replonger, avec une certaine nostalgie, au tout début des années 2000. Les DVD sont encore les rois (je me jette sur chaque galette HK Video !), et la PlayStation 2 règne sur le marché vidéoludique. Dans le flot de sorties, beaucoup de Beat’em all, surtout depuis l’énorme succès de Devil May Cry. On est sans doute peu à avoir poncé le premier Gungrave, développé chez Red Entertainment (jusqu’ici uniquement connu des amateurs de la PC-Engine, avec le très bon Gate of Thunder) et distribué en catimini par Activision. Un peu défoncé par la critique, le jeu m’a pourtant charmé, notamment grâce au design de Yasuhiro Nightow, dont la notoriété n’était plus à faire près le succès de Trigun. Vingt ans plus tard, la licence revient avec Gungrave G.O.R.E., un opus volontairement old school qui, à n’en pas douter, se destine avant tout aux joueurs qui ont de la bouteille.

Avant d’aller plus loin, il faut tout de même rappeler que la licence a connu une production difficile, apparaissant puis disparaissant des radars, avant de réapparaître récemment grâce à l’excellent distributeur Plaion. Aussi, ce soft ne revient pas de nulle part. Après le jeu d’origine, celui-ci a connu une suite, ainsi qu’une superbe adaptation en animé signée Madhouse. Si vous ne l’avez pas vu, foncez dévorer les vingt-six épisodes ! Plus récemment, Brandon « Beyond the Grave » Heat est revenu à l’occasion d’une petite expérience VR pas vraiment concluante (Gungrave VR.), mais tout de même intéressante car elle sert de prologue à l’action de Gungrave G.O.R.E. Est-il nécessaire d’y avoir joué pour comprendre les tenants et aboutissants du jeu ici testé ? Non, clairement pas, le scénario ne demande aucun effort particulier, et se découvre très bien en l’état, surtout qu’un bref et réussit résumé nous lance parfaitement dans l’univers.

On retrouve donc notre bon vieux Brandon, Grave pour les intimes, ancien de la mafia devenu véritable machine à trucider du vilain dealer de SEED, une drogue qui ferait passer les crackers de la Porte de la Chapelle pour de gentils fitboys tendance healthy. Et il va falloir exterminer la source, le clan Raven, situé dans l’île de Scumland. Voilà, c’est à peu près tout, avec le renfort de deux personnages secondaires assez importants pour qu’on ait à les incarner à certains moments. Clairement, l’univers de Gungrave G.O.R.E. sert de motivation pour nous plonger en plein massacre bien brutal et décomplexé, et je n’en demandais pas plus après les boursouflures scénaristiques des blockbusters de fin d’année (God of War : Ragnarok, pas la peine de te cacher). Grave n’est pas non plus fouillé que ce qu’il ne devait l’être, et là aussi c’est tant mieux. La toute fin est peut-être un peu expédiée, mais elle apporte tout de même le minimum d’éclairage que j’en attendais. Bref, le récit sait rester à sa place, celle de l’agréable prétexte à un défouloir ludique. Aussi, sachez que les textes sont assurés en français, et pour ça il faut remercier l’éditeur Plaion.

Un plaisir coupable et nostalgique

image gameplay gungrave gore

Les niveaux sont construits linéairement.

La phase de production de Gungrave G.O.R.E. fut assez avare en informations, je ne savais donc pas trop quoi attendre du jeu. Tout en sachant que son studio de développement, le coréen IGGYMOB, est une entité d’humble envergure. J’ai été rassuré assez rapidement : leur volonté est clairement de rendre hommage au premier jeu, en s’inscrivant dans le même genre et en sauvegardant les spécificités comme la lourdeur de l’avatar. On est donc dans un Beat’em all à l’ancienne, à la troisième personne, avec grosse emphase sur le shoot et sur l’évolution de l’avatar par le biais de nouvelles capacités à débloquer. Ce concept on ne peut plus classique est associé à un level design basique : des couloirs, des vagues d’ennemis. Il ne faut pas attendre la moindre notion d’exploration, ni une seule route secondaire, les six mondes (pour une trentaine de niveaux) vous demandent d’avancer, et de les terminer avec le plus de soin possible afin de récolter la meilleure note en fin de stage. Oui, le feeling nous ramène vingt ans en arrière, mais c’est une sensation agréable alors que l’actualité vidéoludique ne parvient que rarement à se renouveler. La nostalgie est parfois une bouffée d’air frais, et c’est le cas ici.

Est-ce à écrire que tout va bien dans Gungrave G.O.R.E. ? Malheureusement non, même si je vois déjà certains excès qui pourraient être formulés par des joueurs nés de la dernière pluie. Par exemple, le choix clairement maitrisé de ne pas rendre le tir automatique, mais nous demander de le marteler, est un élément à la fois lourd et compréhensible. Oui, ça peut fatiguer quand les ennemis se font très nombreux, mais ça permet aussi de rester maître de l’action, et de combiner exactement comme on le veut. Ce genre de faux défaut est aussi à évoquer pour la lourdeur de l’avatar. Elle est justifiée par la condition de celui-ci : un tank qui se trimballe une méga sulfateuse dans un cercueil (référence très appuyée au Django de Corbucci), ça ne peut pas foncer comme Sonic. Du coup, au lieu de rouspéter devant le temps de réaction de Grave, il va falloir apprendre à la gérer, et ça demande du skill… sauf dans certaines situations. Les développeurs ont parfois vraiment abusé sur le level design, pas du tout pensé en adéquation avec l’avatar. Je pense surtout au passage du train, qui me met en stress à sa seule évocation malgré la possibilité de se lancer dans une roulade-esquive. Mais le plus rageant reste la caméra, qui peine parfois à suivre l’action alors que la linéarité des niveaux devrait nous assurer le contraire.

Le contenu est bien plus solide qu’espéré

image test gungrave gore

On gagne des capacités de plus en plus puissantes.

Cependant, j’ai tout de même pris plaisir à boucler Gungrave G.O.R.E., car la sensation d’évolution sait se faire savoureuse. Grâce aux points ADN, on peut s’ajouter des super attaques de zone, hypers utiles contre les grappes d’ennemis, ou encore une sorte de grappin à la Scorpion de Mortal Kombat. Aussi, et sans trop en dire pour ne pas gâcher la surprise, certains passages (assez courts) permettent de mettre la lourdeur de l’avatar de côté, et même de découvrir de toutes nouvelles sensations. Certes, rien de tout cela n’est révolutionnaire, mais c’est assez attachant pour me garder accroché à la manette. Et il le fallait, car cet opus est bien, bien plus long que les précédents. En mode de difficulté normal, j’en ai eu pour quinze heures, avec pas mal de game over à la clé. En mode difficile, ce sera logiquement encore plus. Le rejouabilité, elle, se cantonne à la chasse aux meilleurs scores, à débloquer toutes les compétences et à améliorer à fond le laboratoire.

Comme évoqué plus haut, Gungrave G.O.R.E. est un titre longtemps repoussé, et issu d’un studio d’humble envergure. Certes, il sort notamment sur consoles de nouvelle génération, mais je ne m’attendais pas à une claque technique pour autant. J’ai du nez, car effectivement ce n’est pas hyper joli. On sent bien que le jeu, en début de production, était prévu sur les anciennes machines, notamment dans les textures et leurs recyclages. Aussi, les effets de lumière, comme les explosions, peinent à impressionner. Enfin, je note quelques bugs de collision, et ils se remarquent dans ce genre de jeu. Par contre, la fluidité est indéniable, et je ne peux que vous conseiller d’opter pour le 60fps (définitivement, le ray-tracing est la grosse coquille vide de cette génération). Surtout, la direction artistique, très gothico-gore, fait des merveilles. Quant à la musique, on est sur du bon gros rock énervé, parfait pour ce genre de défouloir.

Conclusion

Gungrave G.O.R.E. est un jeu d’action cultivant allégrement un feeling old school tout aussi fun que parfois handicapant. Certains buteront sur la lourdeur du personnage, et moi-même j’ai pu la fustiger à l’occasion d’un level design pas toujours pensé en conséquence. D’autres noteront une technique dépassée mais, je l’espère, remarqueront la magnifique direction artistique. Les amateurs du genre, eux, et surtout ceux qui ont de la mémoire, retrouveront un feeling fun, et apprécieront de massacrer des vagues d’ennemis en martelant les boutons frénétiquement. Voilà donc une expérience imparfaite et agréablement nostalgique.

13 /20
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