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Mortal Kombat : 30 ans de fatalités

36 mn de lecture
image banniere mortal kombat
  • Jeu.x abordé.s : Mortal Kombat, Mortal Kombat Trilogy, Mortal Kombat 11...
  • Développeur.s : Midway, Williams Development, NetherRealm Studios, ...
  • Editeur.s : Midway, Acclaim Entertainment, Warner Bros. Interactive, ...

Le premier Mortal Kombat et ses fatalités, c’était il y a 30 ans !

Concurrent légendaire de Street Fighter dans le genre du versus fighting, Mortal Kombat a su s’imposer grâce à un univers fantastique bien plus sombre et sa violence à l’origine des limites d’âge pour les jeux vidéo. Pourvu de suites bien plus qualitatives, la saga baisse de régime lors du passage à la 3D pour mieux revenir en force sur les consoles de septième génération dans une nouvelle trilogie reprenant les bases des épisodes mythiques.

Date de sortie : 8 octobre 1992 (Arcade), 13 septembre 1993 (consoles)image header mortal kombat
Développeur : Midway
Concepteurs : Ed Boon et John Tobias
Genre : Versus fighting
Nationalité : Américaine
Compositeur : Dan Forden
Support : Arcade

 

Le tournoi par lequel tout a commencé

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Une affiche Arcade d’anthologie et un dragon devenu icône de la saga !

Alors que le genre versus fighting commence à faire rage dans les salles d’arcade et sur consoles depuis l’arrivée du mythique Street Fighter II en 1991, les développeurs Ed Boon et John Tobias de la société Midway tirent leur épingle du jeu en se démarquant fortement du titre de Capcom et de la concurrence de SNK. Sorti le 8 octobre 1992 sur Arcade puis sur de nombreux supports dont principalement la Super Nintendo et la Mega Drive, Mortal Kombat mise sur un gameplay moins technique mais plus accessible que son rival propose un univers très développé marqué par une violence particulièrement explicite. Le scénario prend place dans un univers fantastique où un tournoi d’arts martiaux est organisé à chaque nouvelle génération afin d’élire le meilleur combattant de la planète. Mais bien vite, le sorcier Shang Tsung fait son apparition depuis l’Outre-Monde afin de s’emparer du royaume Terre : c’est ainsi que son guerrier Goro, de la race des Shokan, remporte le premier tournoi en tuant le Grand Kung Lao. Invaincu depuis cinq cents ans, cet être mi-humain mi-dragon âgé de deux mille ans a déjà remporté neuf tournois, un seul supplémentaire suffisant pour que la Terre soit asservie à jamais.

Grand défenseur du royaume Terre inspiré des personnages joués par Carter Wong des Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin, le dieu du tonnerre Raiden recrute alors les meilleurs guerriers afin de contrer les plans de Shang Tsung. Membre de la société du Lotus Blanc fortement inspiré de Bruce Lee, Liu Kang représente les moines shaolin en tant que descendant de Kung Lao. Acteur de cinéma à l’allure très cool avec ses lunettes de soleil et sa dégaine décontractée, Johnny Cage est pour sa part inspiré de Frank Dux, pratiquant joué par Jean-Claude Van Damme dans Bloodsport, auquel il emprunte le célèbre coup de poing dans l’entrejambe en faisant le grand écart. Seule représentante féminine du jeu, Sonya Blade est membre des forces spéciales à la recherche du diabolique Kano, membre de l’ordre du Dragon Noir reconnaissable par son œil rouge entouré de métal. Parmi les ninjas ennemis les plus célèbres de la licence, le guerrier jaune Scorpion, de son vrai nom Hanzo, cherche à se venger du guerrier de glace Sub-Zero, un membre de l’ordre des Lin Kuei nommé Bi-Han. Ce dernier ayant éliminé son clan, il est revenu pour se venger sous la forme d’un spectre ninja, un crâne se cachant sous son masque.

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Des personnages devenus emblématiques.

Contrairement aux autres jeux de combat, l’animation des personnages de Mortal Kombat est composée d’images digitalisées à partir de séquences jouées par de vrais acteurs, à l’exception de Goro, qui a nécessité le recours au stop-motion. On trouve notamment Ho-Sung Pak dans les rôles de Liu Kang et Shang Tsung, le pratiquant d’arts martiaux Daniel Pesina pour Johnny Cage, Scorpion et les ninjas, ainsi que son frère Carlos Pesina qui interprète Raiden. Le rendu est très réaliste pour l’époque, avec des animations fluides donnant un fort cachet au jeu, mais rigidifiant aussi la jouabilité. Le casting se compose alors de sept personnages, Goro et Shang Tsung ne pouvant être affrontés qu’après avoir vaincu tous les autres. Là où Street Fighter possède trois puissances de coups, Mortal Kombat assigne les deux poings et les deux pieds à une touche différente, chacun ayant un rôle précis lors des coups spéciaux. Les coups de base sont en outre les mêmes pour tous, chaque personnage pouvant effectuer un balayage, un coup de pied virevoltant au visage, un puissant uppercut et une chope qui éjecte l’adversaire en arrière.

La réalisation des coups spéciaux s’inspire du gameplay de Street Fighter mais ne consiste pas en des quarts de tour. Il s’agit le plus souvent d’un enchaînement de directions suivies d’un coup précis, comme la boule de feu et le coup de pied sauté de Liu Kang, le poing aérien de Sonya, le coup de pied en avant de Johnny Cage, le gel de Sub-Zero, le lancer de grappin de Scorpion et l’éclair de Raiden. Ce dernier a la particularité de pouvoir foncer les bras en avant et de se téléporter en enchaînant simplement plusieurs directions. Il peut aussi s’agir d’un maintien de plusieurs touches (le coup dans l’entrejambe de Johnny, la glissade de Sub-Zero, la prise avec les pieds de Sonya) ou de directions à effectuer tout en maintenant la touche de protection (la vrille en boule et le lancer de lame de Kano), choix beaucoup moins ergonomique que l’habituelle parade lors d’un recul.

La renommée de Mortal Kombat vient notamment de ses fatalités, qui jouent beaucoup sur l’humour et la surenchère de violence. À chaque fois qu’un personnage est vaincu, l’adversaire dispose de quelques secondes pour l’achever en effectuant une manipulation précise : un instant immortalisé par l’affichage et la prononciation de l’expression « FINISH HIM / HER ! » en grands caractères rouges. Liu Kang effectue alors une roue suivie d’un uppercut, Raiden fait exploser la tête de l’adversaire en la surchargeant d’électricité, Kano arrache le cœur qui continue de battre dans sa main, Sub-Zero arrache la tête avec la colonne vertébrale encore attachée, Johnny Cage arrache la tête avec un uppercut, Sonya envoie une flamme qui brûle entièrement l’adversaire et Scorpion dévoile son crâne qui crache une boule de feu. L’humour ressort surtout des cris poussés par les personnages qui encaissent un coup puissant, rallongés par un écho d’une ou deux secondes lors d’une mort par fatality. Il est également possible d’enchaîner plusieurs coups de poing hauts ou bas à la suite pour un rendu aussi comique qu’irréaliste qui fait néanmoins de gros dégâts.

Composé de douze combats de plus en plus difficiles, le mode arcade commence par un affrontement contre les six autres personnages, suivi d’un combat contre son double et de trois séries d’endurance, qui consistent à battre deux personnages à la suite avec une seule barre de vie lors d’un même round. Arrivent ensuite le combat face à Goro puis contre Shang Tsung, qui a le pouvoir de se métamorphoser en n’importe quel personnage pendant quelques secondes, en plus de son coup spécial à base de boules de feu. À l’instar du premier Street Fighter, un mini-jeu a lieu plusieurs fois entre les combats. Appelé « Test your Might », il consiste à détruire des matériaux de plus en plus solides d’un seul coup de poing, le réaliser à deux joueurs ajoutant une certaine compétitivité. Les combats se déroulent dans six arènes posant les bases de l’univers de la saga avec un certain cachet graphique et chacune leur propre musique. Ou trouve alors une cour avec un public, les portes du palais, la salle du trône avec Shang Tsung qui regarde le combat et applaudit le vainqueur, un pont au-dessus d’une fosse, un sanctuaire avec une statue de Goro ainsi que ses geôles décorées d’un squelette accroché au mur et de yeux brillants dans le fond.

Baptisé « The Pit », le niveau de la fosse a la particularité de permettre une fatalité spéciale en assénant un uppercut à l’adversaire vaincu, alors transpercé en contrebas par des pointes aux côtés de cadavres ensanglantés. On peut aussi y affronter le premier personnage caché de l’histoire des jeux de combat : il s’agit du ninja vert Reptile, qui dispose des coups combinés de Scorpion et de Sub-Zero. Le gros point faible du jeu reste son IA tellement mal équilibrée que le jeu est vraiment laborieux à terminer, y compris dans la difficulté ls plus basse. Si les premiers adversaires ne posent pas de problème, les suivants en viennent vite à harceler le joueur tellement ils prévoient absolument tous les coups qu’il va leur porter. Il est paradoxalement possible de contourner ces abus grâce aux failles du système, un enchaînement de balayages ou de coups de pieds aériens dans un coin de l’arène rendant régulièrement l’adversaire impuissant. La jouabilité étant rigide, les combats contre un autre joueur sont plus équilibrés mais vite limités vu le nombre de stages et de personnages jouables.

Par opposition au réel plaisir de terminer le jeu avec tous les personnages dans Street Fighter II, la difficulté abusive du jeu ne facilite pas l’accès au dénouement du scénario, les fins se contentant en plus d’un texte accompagné de deux images pour chaque personnage. On retient notamment que Sonya est retenue prisonnière par Shang Tsung et que Scorpion venge sa femme et sa fille en tuant Sub-Zero. Bien que ce ne soit pas clairement annoncé, Goro est supposé mort depuis sa défaite face à Johnny Cage et Shang Tsung est vaincu par Liu Kang, ce dernier devenant le protagoniste de la saga. Il est aussi amusant de voir que Johnny Cage retourne à Hollywood pour tourner dans un film Mortal Kombat fiction devenant réalité en 1995.

Pour son premier coup d’essai, Ed Boon fait très fort en inventant un univers fantastique prometteur avec ses personnages devenus culte, son gameplay particulier et sa violence bien mise en scène, en dépit d’une jouabilité et d’une IA encore très perfectibles. Sortie en 1993, la version Super Nintendo dispose de graphismes et de musiques honnêtes, mais le remplacement du sang par de la sueur et la censure de certaines fatalités lui font perdre en fidélité par rapport à l’itération Mega Drive, qui dispose d’un code pour rétablir la violence. S’ensuivent des portages au rabais sur Game Boy, Game Gear et Master System, puis sur Mega-CD l’année suivante. Vite limité en contenu mais terriblement jouissif, Mortal Kombat reste un bon jeu et une sacrée réussite ayant donné lieu à des suites de grande qualité.

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Le retoutable Mortal Kombat II

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Un ciel oragé qui annonce que ça ne rigole plus !

Après le succès mérité du premier épisode, Mortal Kombat II vient sublimer la formule le 3 avril 1993 sur borne d’arcade. Le scénario prend place directement après la défaite de Shang Tsung, qui retourne dans l’Outremonde supplier son maître de lui laisser une dernière chance. On apprend en effet que le sorcier n’était que le sous-fifre de Shao Kahn, l’empereur d’Outremonde, qui décide d’organiser un nouveau tournoi directement sur son terrain. Passant de sept à douze personnages jouables, le casting reprend une bonne majorité des héros du premier jeu, Sonya et Kano étant absents car prisonniers d’Outrremonde. Reptile fait désormais partie du character select et sert plutôt le camp de l’empereur tout en protégeant sa race en voie d’extinction. Désormais rajeuni par l’empereur, Shang Tsung est également jouable et capable de se transformer en n’importe lequel des onze autres personnages du jeu.

Parmi les tout nouveaux, on trouve le redoutable Baraka, d’une race nommée Tarkatan, pourvu d’une lame au bout de chaque poignet et surtout d’une face monstrueuse avec de longues dents pointues. Fille adoptive de Shao Kahn, la ninja bleue Kitana se retourne contre lui quand elle apprend que sa jumelle Mileena, vêtue de rose, n’est autre qu’une Tarkatan créée de Shang Tsung pour la surveiller. On trouve aussi le shaolin Kung Lao, descendant du légendaire guerrier éponyme, ainsi que le major Jackson Briggs, surnommé Jax, intervenu pour sauver sa coéquipière Sonya. Pour atteindre Shao Kahn, il faut vaincre les onze autres personnages du jeu puis en découdre avec Shang Tsung avant d’affronter Kintaro, Shokan au dos tigré remplaçant Goro à la tête des armées de l’empereur. Toutes nouvelles, les zones de combat vont d’une armurerie à une tour habitée par un mage, en passant par la salle du portail reliant les deux mondes et l’arène de Kahn où Sonya et Kano sont attachés.

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Une sélection de haute qualité !

Des fatalités spéciales permettent en outre de faire tomber un adversaire dans une nouvelle fosse, de l’éjecter sur des pointes au plafond et de l’envoyer dans un bassin d’acide. Quant à la forêt vivante peuplée d’arbres aux faciès malfaisants, elle camoufle deux des trois personnages cachés que l’on peut combattre sous certaines conditions. Il est en effet possible d’affronter Jade, une ninja verte utilisant les mêmes éventails tranchants de Kitana, ainsi que Smoke et Noob Saibot, des clones de Scorpion respectivement vêtus de gris et de noir. Parmi les Easter eggs les plus célèbres du jeu vidéo, ce dernier tient son patronyme des deux noms inversés des créateurs de la saga, Ed Boon et John Tobias, et possède une identité secrète révélée bien plus tard dans la saga. Lorsqu’un personnage se prend un uppercut, il n’est également pas rare que le visage du compositeur Dan Forden apparaisse brièvement en bas à droite de l’écran en criant un joli « TOASTY !! », expression venant d’une fatalité durant laquelle Scorpion grille son adversaire.

Graphiquement, la saga fait un bond en avant au niveau des décors et de la digitalisation des personnages. Les musiques restent assez discrètes mais très plaisantes avec un thème principal et un character select marquants, sept musiques étant réservées pour les dix zones de combat. Bien que rigide, la jouabilité gagne en fluidité et en précision, le coup de pied au visage expulsant par exemple l’adversaire au loin. Mortal Kombat II fait aussi monter l’humour d’un cran avec des bruitages décalés lors des cris des personnages, notamment à l’occasion d’un balayage et d’un coup violent. Tandis que la voix off s’avère être celle de Shao Kahn qui nous regarde combattre, la narration gagne en style quand il prononce des expressions comme  « Round one, fight ! », « Finish him ! » ou encore « Fatality ! ». L’empereur est également célèbre pour son rire démoniaque, ses exclamations tel « Super ! » et ses tchatches du style « You weak pathetic fool ! », notamment lorsque Kintaro écrase le logo Acclaim au démarrage du jeu.

Pour enrichir le gameplay à la manière d’une version améliorée de Street Fighter II, les personnages obtiennent tous de nouveaux coups spéciaux. Johnny Cage a par exemple deux boules de feu circulaires et un uppercut, Scorpion met son adversaire à terre grâce à une prise avec les pieds, Sub-Zero gèle le sol pour que son adversaire glisse dessus, Raiden peut électrocuter son adversaire directement avec ses mains et Liu Kang obtient une boule de feu plus basse, depuis les airs ainsi qu’une multitude de coups de pied en bicyclette. Parmi les nouveaux personnages, Baraka massacre son adversaire avec une rafale de coups de lame, Reptile envoie de l’acide et se rend invisible, Kitana jette ses éventails tranchants et hypnotise son adversaire, Mileena envoie ses saïs, effectue une roulade au sol et passe du sol au plafond en plaçant un coup de pied. De son côté, Jax attrape son adversaire pour le frapper au poing, fait trembler le sol avec un poing chargé et lance une vague d’énergie, tandis que Kung Lao se téléporte comme Raiden, tourne violemment sur lui-même, effectue un coup de pied aérien en avant et jette son chapeau tranchant de plein fouet.

Kintaro est bien plus redoutable que Goro avec sa boule de feu ultra rapide, sa projection à quatre bras et son saut gigantesque qui le fait sortir de l’écran pour mieux écraser son adversaire. Shao Kahn utilise quant à lui les mêmes manières de foncer que Johnny Cage ainsi qu’une lance plasmique à distance. Bien que plus fluide, Mortal Kombat II conserve une difficulté et une IA mal dosées. Les niveaux d’endurance ont certes disparu, gagner ne serait-ce qu’un round face à Kintaro relève du véritable exploit tellement ses ripostes sont abusives. Pour remédier à cela, la version Super Nintendo dispose d’un code octroyant une défense très importante et une puissance d’attaque dévastatrice, tandis qu’un autre permet d’obtenir davantage de temps pour effectuer une fatalité. Il est aussi possible d’y jouer à quatre contre quatre dans un mode tournoi camouflé.

Chaque personnage dispose cette fois-ci de deux fatalités (trois pour Shang Tsung) permettant de mieux varier les plaisirs. On retient notamment Baraka qui empale son adversaire, Jax qui explose la tête et arrache les bras, Kitana qui fait exploser son adversaire en l’embrassant, Kung Lao qui le découpe verticalement avec son chapeau, Mileena qui recrache les os de la victime qu’elle vient d’engloutir et Reptile qui arrache le torse après s’être rendu invisible. En outre, Liu Kang dévore la moitié de sa victime sous forme de dragon, Sub-Zero fait exploser son adversaire avec de la glace, Johnny arrache le torse à mains nues, Raiden électrocute son adversaire jusqu’à explosion du corps, Shang Tsung absorbe l’âme de sa victime et Scorpion coupe l’adversaire en deux avec sa lance. Deux nouveaux types de manipulations font également leur apparition. Si les babalities changent simplement l’adversaire en bébé qui pleure, les friendships se moquent de lui par des situations plus ou moins drôles. On peut par exemple voir Liu Kang danser sur de la musique disco, Kung Lao sortir un lapin de son chapeau, Johnny signer un autographe, Jax découper une ribambelle de personnages en papier et les ninjas offrir une poupée à leur effigie.

Le scénario se termine par la victoire des guerriers de Raiden sur Shao Kahn, la mort présumée de Kintaro, la libération de Sonya par Jax mais aussi la fuite de Kano. Johnny Cage devient une star interplanétaire pour sa contribution à la défaite de Shao Kahn, joue dans une suite de son film Mortal Kombat et ne tarde pas à penser à un troisième opus. On apprend aussi que le Sub-Zero de Mortal Kombat II, Kuai Liang, est en réalité le petit frère de celui mort au précédent tournoi. Avec ses nouveaux personnages emblématiques, ses alternatives aux fatalités, ses nouveaux coups spéciaux, ses nouveaux environnements et son scénario toujours aussi efficace, Mortal Kombat II enterre son prédécesseur en s’imposant comme un des jeux de combat les plus qualitatifs de son époque et un des meilleurs épisodes de sa saga. Un grand succès provoquant le portage du jeu sur Super Nintendo, Mega Drive, Game Boy, Game Gear, Master System, 32X, Saturn et les PlayStation japonaises.

 

Le raz-de-marée Mortal Kombat 3

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Des affichent qui claquent pour des versions toujours plus complètes !

          Une première version au casting méconnaissable

Le 15 avril 1995, Mortal Kombat 3 envahit les salles d’arcade avec la ferme intention de conclure cette première trilogie avec maestria. N’ayant pas accepté sa défaite, Shao Kahn demande alors à Shang Tsung de ressusciter son ancienne reine Sindel, capable de forcer le chemin vers le royaume Terre afin d’y imposer son autorité. Tandis que l’armée d’Outremonde y sème la terreur, Raiden perd de plus en plus ses pouvoirs et doit une nouvelle fois compter sur ses guerriers pour repousser l’empereur. Mortal Kombat 3 se distingue fortement de son prédécesseur par une digitalisation bien plus affinée des personnages, désormais capables de courir et d’effectuer de redoutables combos inspirés de Killer Instinct (qui lui-même s’était inspiré de Mortal Kombat pour son univers). De nouveaux types de fatalités apparaissent même en ce sens : les brutalités, qui consistent à éclater un adversaire en morceaux à force de le rouer de coups, ainsi que les animalités, permettant d’achever l’ennemi de manière plus ou moins inspirée en incarnant un animal.

Mais ce qui choque le plus, c’est bel et bien le casting qui subit un chamboulement un peu trop déroutant, notamment à cause du départ de David et Carlos Pesina. C’est ainsi que Johnny Cage, Raiden, Scorpion, Sub-Zero, Reptile, mais aussi Kitana, Mileena et Baraka sont absent du character select, seuls Liu Kang, Kuing Lao, Jax et Shang Tsung étant conservés. Mais si Sonya et Kano effectuent leur retour parmi la liste des personnages jouables, d’autres la complètent pour un total de quinze personnages jouables en plus de boss, à commencer par le frère cadet de Sub-Zero, reconnaissable à la cicatrice sur son œil gauche et à sa faculté d’envoyer de la glace dans les airs pour qu’elle retombe sur son adversaire. Même si scénaristiquement parlant, Kuai Liang se cache déjà sous le masque du Sub-Zero de Mortal Kombat II. Anciens ninjas du clan Lin Kuei, les robots Smoke, Cyrax et Sektor font leur alors leur apparition pour l’éliminer.

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Un casting étonnant auquel les personnages emblématiques manquent cruellement.

Parmi les nouveaux se trouvent également Stryker, un policier qui ne compte pas laisser Shao Kahn envahir la Terre ; Kabal, un ancien homme de main de Kano au visage défiguré ; Sindel, la maléfique mère de Kitana ; Nightwolf, un chaman amérindien ; Sheeva, nouvelle représentante des Shokan après Goro et Kintaro. Ce dernier ayant été vaincu dans Mortal Kombat II, il est d’ailleurs remplacé par Motaro, un puissant centaure insensible à de nombreux coups spéciaux, Shao Kahn restant le boss final. Le royaume Terre ayant été envahi par Outremonde, les arènes sont cette fois-ci représentées par un pont, une banque, un toit d’immeuble, un cimetière et un temple dont la musique rappelle celle d’une église. On trouve aussi une bouche de métro où il est possible d’envoyer l’adversaire sur les rails afin qu’il se fasse percuter, une tour avec des piques en contrebas et une nouvelle fosse avec des roues broyant tout personnage qui y tombe. Pour davantage d’interactivité, il est parfois possible d’envoyer un adversaire dans un niveau se situant à l’étage au-dessus avec un uppercut.

Parmi les nouveaux coups spéciaux, on peut retenir les coups de pied vers le haut de Sonya, les boules de feu de Shang Tsung qui sortent du sol, le coup de lame de Kano, un lancer de chapeau différent pour Kung Lao ainsi que les boules de feu de Jax, désormais équipé de bras bioniques. Stryker attaque quant à lui à la grenade et balaie l’adversaire avec sa matraque, Kabal fait glisser une scie sur le sol et fonce sur sa victime, Nightwolf tire des flèches et attaque au tomahawk. De leurs côtés, Sheeva provoque un séisme et écrase ses adversaires, Sindel peut léviter et paralyser grâce à un cri strident, Smoke envoie un missile, se rend invisible et utilise la lance de Scorpion, Cyrax piège son adversaire dans un filet et lance des grenades, tandis que Sektor peut surgir du sol et envoyer un missile autoguidé.

Toujours plus dans la surenchère au niveau des cris des personnages, Mortal Kombat 3 comporte bien sûr de nouvelles fatalités. On peut en retenir des comiques comme Liu Kang qui fait tomber la borne d’arcade de Mortal Kombat sur l’adversaire, Kano qui arrache le squelette tout entier du corps et Kabal qui fait mourir sa victime de peur en montrant l’horrible visage qui se cache sous son masque, ou des plus gores et violentes comme Sindel qui anéantit son adversaire avec ses longs cheveux, Jax qui le massacre en changeant ses bras en lames tranchantes et Cyrax qui éclate sa victime en faisant l’hélicoptère. Les friendships et leur jingle musical sont bien mieux réussis que dans Mortal Kombat II : on trouve par exemple Kabal qui se fait griller une boule de guimauve au feu de bois, Kano qui s’éclate une bulle de chewing-gum sur la tête, Sub-Zero qui s’enferme dans un bonhomme de neige, Stryker qui donne un coup de sifflet avant de faire courir devant lui tous les personnages du jeu, ou encore Kung Lao qui lance son chapeau pour qu’un chien aille le chercher.

Mortal Kombat 3 est rapidement porté sur PlayStation, Game Boy, Game Gear, Mega Drive et Super Nintendo. Ces deux dernières versions comportent des codes à rentrer durant l’écran versus pour apporter des effets durant les combats, mais donnent aussi la possibilité de combattre Noob Saibot et la version humaine de Smoke dans deux stages inédits. D’autres permettent de provoquer une fatalité à la fin de chaque round en appuyant sur un seul bouton, d’incarner Motaro et Shao Kahn en versus, ou encore de jouer au vieux classique du shoot’em up Galaga, coédité par Midway. Toujours aussi peu accessible à cause d’une difficulté particulièrement atroce en solo, le scénario marque la défaite définitive de Shao Kahn face aux forces de Raiden tandis que d’autres fins dévoilent des éléments intéressants sur le passé de Sindel, la mort de Kung Lao et la relation entre Smoke et Sub-Zero. Un épisode innovant dont la seule limite réside en l’absence de nombreux personnages emblématiques. Midway corrige rapidement le tir en employant de nouveaux acteurs pour une version plus largement plus complète quelques mois plus tard.

 

          Le véritable Mortal Kombat 3

Le 6 novembre 1995, Midway se la joue Capcom avec une grosse mise à jour de son nouveau bébé. Intitulée Ultimate Mortal Kombat 3, cette dernière renoue avec un casting fort, faisant réapparaître la plupart des anciens personnages retirés de Mortal Kombat II. Si Sub-Zero classique et Mileena sont déblocables grâce à un code, on note toujours l’absence de Johnny Cage, Raiden et Baraka. Présentée comme une amie de Kitana, Jade est enfin jouable tandis que le character select se pare d’un ninja rouge appelé Ermac, création de Shao Kahn à partir de nombreuses âmes d’Edéniens, son nom venant d’un bug du premier Mortal Kombat affichant « Error Macro ». En plus des arènes de Mortal Kombat 3, il est possible de combattre près d’un grand portail bleu, sur des quais, dans le désert où Cyrax est à moitié englouti, dans le repère de Scorpion où il est possible d’envoyer l’adversaire dans la lave, et dans la sinistre caverne depuis laquelle Shao Kahn nous observe. Si les endurances effectuent leur retour en mode arcade, de nouveaux modes permettent de jouer en versus en deux contre deux ainsi qu’à un tournoi de huit participants avec des bonus à la clé, comme une démonstration de toutes les fatalités, friendships et babalités de chaque personnage.

Le jeu obtient une version Saturn très fidèle l’année suivante, mais surtout des versions Super Nintendo et Mega Drive qui se parent de trois personnages jouables exclusifs : Rain, un ninja violet originaire d’Outremonde qui se retourne contre Shao Kahn car ce dernier a tué son père, le fameux Noob Saibot déjà rencontré dans les précédents opus ainsi que la version humaine de Smoke grâce à un code. Les cartouches de jeu étant toutefois limitées en place, les développeurs ont dû retirer plusieurs éléments comme le personnage de Sheeva, la plupart des arènes de Mortal Kombat 3, l’intégralité des animalités, les fatalités de Rain et de Noob Saibot et la prononciation du nom des personnages. Un nouveau type de finish him fait également son apparition : la brutalité, qui se présente comme un combo très long et difficile à réaliser qui éclate l’adversaire tant il devient violent par sa rapidité.

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Un casting étoffé pour les portages Super Nintendo, Mega Drive et Game Boy Advance, mais auquel Sheeva a été retirée.

Certains personnages obtiennent des coups supplémentaires : un joli tir qui fait jaillir beaucoup de sang pour Stryker, une boule d’acide plus rapide et un coup de poing retourné précédé d’une course au-delà de l’adversaire pour Reptile, une ruée en boule vers la diagonale haut avant pour Kano tandis que Scorpion perd son balayage spécial. Parmi les nouveau venus, Jade lance des shurikens et fonce à la manière de Nightwolf, Ermac maîtrise la télékinésie et peut se téléporter comme Scorpion, Rain contrôle la foudre et expulse son adversaire à travers l’écran en utilisant son coup de pied dans la figure. Noob Saibot est quant à lui un adversaire très dangereux avec sa neutralisation de l’attaque et de la défense de l’adversaire, sa téléportation suivie d’une prise et sa chope en avant par dédoublement de corps.

Avec un impressionnant casting, de nouveaux modes de jeu, des coups supplémentaires et une évolution des zones de combat, Ultimate Mortal Kombat 3 s’impose comme un des meilleurs épisodes de la saga en dépit de ses limites. Combattre dans d’aussi bonnes conditions avec un choix aussi immense de bons personnages était réellement inédit à l’époque. Tandis que la cinquième génération de consoles s’apprête à accueillir une version encore plus complète faisant office de best-of, l’ending de Noob Saibot présage une nouvelle menace pour la suite du scénario avec l’évocation d’un dieu ancien déchu nommé Shinnok. Ultimate Mortal Kombat 3 sera également porté en 2001 dans une version Game Boy Advance à la qualité très médiocre, ainsi qu’en 2007 dans une itération fidèle à l’arcade sur Nintendo DS.

 

          Le Mortal Kombat ultime

Le 10 octobre 1996 se veut véritablement orgasmique pour les fans avec l’arrivée de Mortal Kombat Trilogy, version ultime sortie sur PlayStation sans passer par l’Arcade. Elle réintègre en effet l’ensemble des personnages jouables depuis le début de la saga, marquant ainsi le grand retour de Raiden, Johnny Cage et Baraka. Tandis qu’Human Smoke possède enfin son propre avatar, il est d’emblée possible de contrôler chacun des quatre boss, une grande première pour Goro et Kintaro. Un code similaire à celui d’Human Smoke dans Ultimate Mortal Kombat 3 permet aussi de jouer avec Chameleon, un ninja transparent qui navigue aléatoirement entre les différents ninjas masculins du jeu. Dans sa volonté de best-of général, Mortal Kombat Trilogy va jusqu’à donner la possibilité de jouer avec les anciennes versions de Kano, Raiden, Jax et Kung Lao. Il comporte également la quasi-intégralité des zones de combat : mis à part les portails spéciaux réservés aux personnages secrets, on déplore surtout l’absence des portes du palais, de la salle du trône et du sanctuaire du combattant du premier Mortal Kombat.

Le mode solo se veut enfin plus accessible et propose parfois un combat contre Goro ou Kintaro en plus ou à la place de Motaro. Une barre « agressor » se remplit au fil du combat et permet ensuite de donner des coups plus puissants. Le support CD est aussi l’occasion de profiter de la qualité visuelle et musicale des versions Arcade des précédents épisodes. Cependant, il arrive qu’un bug survienne pour couper le son en plein combat et certaines musiques des deux premiers Mortal Kombat ont été remplacées par celles du 3, ce qui est vraiment dommage. Parmi les coups supplémentaires, Raiden peut utiliser son éclair dans l’autre sens à travers l’écran, Scorpion son poing inversé en fonçant directement vers l’adversaire, Kano peut faire jaillir sa toupie dans tous les sens et Baraka tranche la gorge avec ses lames tendues en tournant sur lui-même. De leurs côtés, le Kung Lao d’origine vole étrangement sa technique de fonçage à Raiden, Stryker peut lancer deux grenades à la fois, Nightwolf et Johnny Cage peuvent charger plus violemment, Cyrax acquiert la téléportation et Shao Kahn possède une prise du même style que celles de ses sous-fifres.

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Une véritable orgie pour les fans de la saga !

Grâce à un nouveau code permettant de réaliser les actions d’achèvement avec un seul bouton, il est aisé de découvrir les fatalités, les friendships et les animalités des personnages qui n’en avaient pas dans la précédente version. On peut néanmoins regretter que les développeurs se soient un peu trop reposés sur les coups spéciaux pour cela, même si certaines fatalités prêtent tout de même à sourire, comme l’uppercut de Rain qui partage le corps de la victime en plusieurs parties retombant à l’envers. De son côté, Scorpion a une nouvelle fatalité où une main géante engloutit sa victime, ainsi qu’une troisième où plein de clones de lui viennent trucider sa victime. Au niveau des friendships, il est dommage que ceux de Raiden, Johnny Cage et Baraka n’aient pas été changés depuis Mortal Kombat II. On peut toutefois retenir Noob Saibot qui joue au bowling, Smoke qui fait tomber une pancarte interdisant le port du smoking, Ermac qui transforme sa victime en lapin et Stryker qui fait traverser trois bébés dans une poussette tirée par un chien.

Les nouvelles animalités ont quant à elles le mérite de tourner les animaux inoffensifs en dérision à la manière des Happy Tree Friends. On trouve par exemple Kitana qui trucide son adversaire sous forme de petit lapin, Smoke porc-épic qui éclate sa victime avec un violent lancer d’épines, Rain éléphanteau qui ne laisse plus que le squelette et le sang par un simple souffle, Mileena qui fait sentir son odeur de putois, Jade qui désintègre sa victime sous forme de petit chat et Ermac qui décuple sa gueule pour dévorer son adversaire sous forme de petit crapaud. Côté scénario, on en apprend davantage grâce aux biographies des personnages de retour. Johnny Cage est par exemple mort dans l’Outworld avant de revenir car son âme a su reprendre possession de son corps, tandis que Raiden n’a d’autre choix que de combattre parmi ses guerriers en risquant son immortalité et sa place au panthéon des dieux. Khameleon fait également partie de la même race que Reptile, d’où sa capacité à se mouvoir sous différentes formes. L’âme de Mileena a été libérée du Netherealm par le même Shinnok mentionné dans la fin de Noob Saibot, l’aidant par ailleurs à prendre sa part sur la Terre après la défaite de Shao Kahn.

Porté sur Saturn l’année suivante mais sur Nintendo 64 seulement un mois plus tard, Mortal Kombat Trilogy subit quelques chamboulements dans cette dernière version. Outre l’ajout d’un mode combat à trois contre trois, Chameleon laisse place à une variante nommée Khameleon, qui lui alterne entre les trois ninjas femmes. Amputée de Goro et de Kintaro, elle laisse Motaro et Shao Kahn jouables grâce à un code, tout comme Human Smoke et Khameleon peuvent être débloqués sur le character select. Outre les deux Sub-Zero qui ne font plus qu’un, cette version conserve l’avantage d’avoir les arènes Smoke’s Portal et Star Bridge, cette dernière correspondant à The Pit II avec un ciel noir étoilé. Mortal Kombat Trilogy aurait pu être l’épisode parfait s’il n’avait pas écopé de bugs enlevant parfois le son voire empêchant la réalisation d’une fatalité, de l’impossibilité d’exécuter une fatalité après chaque round comme auparavant ainsi que de nombreux chargements, certes courts, mais qui cassent quand même un peu le rythme. Ces écueils de côté, il s’agit sans aucun doute du Mortal Kombat ultime, fier représentant d’un âge d’or durant lequel les jeux en deux dimensions se défendaient encore superbement face aux productions 3D.

 

Les premières adaptations

image adaptations mortal kombat

Des films et des séries à la qualité descendante…

Avec un tel succès dans les salles d’arcade et sur consoles, ce n’était qu’une question de temps avant que Mortal Kombat soit adapté au cinéma. Succédant à Super Mario Bros, Double Dragon et Street Fighter, il sort le 13 juillet 1995 sous l’objectif de Paul W.S. Anderson et s’avère une bien plus grande réussite que son futur massacre de la saga Resident Evil. On y retrouve en effet l’intégralité des personnages du premier Mortal Kombat, auxquels s’ajoutent Jax et Kitana, ainsi qu’un casting trois étoiles composé de Robin Shou, Christophe Lambert et Cary-Hiroyuki Tagawa dans les rôles respectifs de Liu Kang, Raiden et Shang Tsung. Un film autrement plus qualitatif que le court métrage Mortal Kombat The Journey Begins, qui se contente de reprendre le début du scénario avec des personnages animés en 2D dans des décors en images de synthèse absolument immondes. Le 21 septembre 1996, la série animée Mortal Kombat Les Gardiens du Royaume tente un nouveau scénario reprenant plusieurs personnages de la trilogie avec une qualité d’animation assez moyenne et des doublages français prêtant souvent à sourire.

Le 21 novembre 1997, la suite du scénario arrive dans un deuxième film titré Mortal Kombat Destruction Finale, dans lequel Liu Kang et ses alliés se retrouvent confrontés à l’Empereur Shao Kahn, incarné par l’imposant Brian Thompson. Un long métrage à la conception chaotique suite au départ de plusieurs acteurs phares, seuls Robin Shou et Talisa Soto restant au casting. Paul W.S. Anderson ayant laissé sa place au directeur de photographie du premier film John R. Leonetti, la réalisation frise le désastre et les effets spéciaux semblent venir d’une autre époque. Cherchant à intégrer la quasi-totalité des combattants des trois premiers jeux vidéo, Mortal Kombat Destruction Finale souffre également d’une exploitation très inégale des personnages, bien trop nombreux pour être traités à leur juste valeur dans un film d’à peine plus d’une heure et demie. Un long métrage au demeurant correct mais avant tout réservé aux fans de la saga et aux amateurs de série B.

Le 3 octobre 1998, c’est au tour d’une série télévisée de voir le jour avec Mortal Kombat Conquest, qui pourrait être considérée comme un préquel des films si l’on excepte quelques incohérences. Il raconte en effet l’histoire de Kung Lao, joué par Paolo Montalban, suite à sa victoire au tournoi face au sorcier Shang Tsung, incarné par Bruce Locke. En France, les deux premiers épisodes sont réunis et présentés comme un téléfilm lors de sa sortie en VHS, sans aucune mention de quelque série que ce soit. Il en va de même pour les deux derniers épisodes, réunis l’année suivante dans Mortal Kombat Final Battle. Un peu plus éloignée de l’univers du jeu vidéo, la série met en scène de nouveaux visages aux côtés de personnages connus, mais s’avère tout juste passable à cause d’une réalisation bancale et d’un scénario bien trop tiré en longueur sur pas moins de vingt-deux épisodes. Un plaisir coupable une nouvelle fois réservé aux fans les plus mordus.

 

Un difficile passage à la 3D

image mortal kombat 4 gold

Un retour aux sources comme on les aime !

Après une première trilogie parmi les plus mémorables de l’histoire du jeu vidéo, Mortal Kombat 4 tente un passage partiel à la 3D avec une première modélisation des personnages et des décors, tout en gardant un gameplay essentiellement en 2D. Dernier épisode à sortir sur Arcade le 15 octobre 1997, il est porté sur PlayStation et Nintendo 64 l’année suivante dans des versions assez similaires. Le scénario prend place suite à la défaite de Shao Kahn dans Mortal Kombat 3 tout en se basant sur le passé raconté dans le spin-off Mortal Kombat Mythologies Sub-Zero, sorti deux semaines plus tôt. L’ancien dieu corrompu Shinnok succède à Shao Kahn avec son bras-droit Quan Chi, un nouveau sorcier qui remplace Shang Tsung, absent de cet épisode, et que le joueur affronte comme sous-boss dans la version Arcade. Mortal Kombat 4 fait néanmoins office de retour aux sources avec le retour de Goro comme sous-boss sur console, la présence de simples fatalités et un casting réduit à quinze personnages principaux. En effet, seuls Liu Kang, Scorpion, Sub-Zero, Sonya (avec l’apparence du premier film), Johnny Cage, Raiden, Reptile et Jax effectuent leur retour, en plus de Goro et Noob Saibot jouables grâce à un code.

Parmi les nouveaux personnages se trouvent Jarek, un sbire de Kano contraint de se battre contre Shinnok mais recherché par les forces spéciales ; Kai, un ami de Liu Kang avec un style similaire ; Reiko, un allié de Shao Kahn qui devient général de l’Outworld ; Tanya, la fille de l’ambassadeur du royaume d’Edenia qui tente de piéger Liu Kang en travaillant pour Shinnok ; Fujin, dieu du vent déjà combattu dans le précédent spin-off, qui s’allie à Raiden, Quan Chi et Shinnok sont quant à eux jouables d’emblée avec un équilibrage aligné aux autres personnages. On trouve également Meat, un simple modèle d’os et de chair qui ne fait que remplacer physiquement le personnage que le joueur choisit. Ce nouvel épisode conserve certains éléments de Mortal Kombat 3, comme les tours du mode arcade et le système de codes lors des écrans versus. Le gameplay reste assez similaire avec le bouton de course, les deux niveaux de coup et les coups spéciaux, mais avec des combos moins mis en avant. Le jeu se veut bien plus accessible grâce à une jouabilité assouplie et à une difficulté largement rééquilibrée. On retrouve une voix off qui prononce les fameux « round one, fight ! » ou autres « Liu Kang wins ! » tandis que l’écran de défaite montre le personnage en train de tomber dans un puits qui s’achève sur un empalement précédent d’un léger cri si le joueur n’utilise pas de crédit.

image casting mortal kombat 4

Quelques nouvelles têtes au charisme discutable…

Lors des combats, il est possible d’effectuer de légers pas de côté et d’utiliser une arme blanche : un système bien mieux exploité dans les épisodes suivants. La direction artistique est toujours aussi décalée, avec des gerbes de sang bien épaisses lors de certains impacts et des bruitages souvent drôles, notamment lors d’un combo de plusieurs coups de poing en pleine figure. Au demeurant corrects, les graphismes comportent quelques limites, comme les squelettes ensanglantés qui semblent avoir été peints en rouge. La mort de Shinnok se trouve à ce titre ridicule alors qu’il est absorbé par un tourbillon avec son visage reluisant l’apparence d’un crâne rouge au goût douteux. Les coups spéciaux restent à l’ancienne et les personnages ont tantôt des techniques en moins (l’électrocution de Raiden, les boules d’acide lentes et rapides de Reptile, la prise de Jax, le gel en l’air ou au sol de Sub-Zero), tantôt en plus (la marche du chat de Reptile, le craché de feu en plein match de Scorpion, le flip de Sonya). Si Shinnok ne possède aucun coup propre, il peut se changer en n’importe quel personnage via une manipulation à l’instar de Shang Tsung. Les fatalités sont souvent grossières avec des gerbes de sang cubiques mais elles conservent le charme de la saga. En outre, la prison permet de lancer l’adversaire dans une hélice tandis que le repaire de Goro contient de nombreuses piques au plafond.

À l’instar des Tekken et de Street Fighter EX Plus Alpha, les épilogues de Mortal Kombat 4 sont présentés sur forme de scènes cinématiques, bien plus marquantes que les fins simplistes des précédents épisodes malgré l’absence de sous-titres français. On y apprend notamment que Raiden obtient sa place au panthéon des dieux et choisit Fujin comme futur protecteur de la Terre. Tandis que Liu Kang refuse la proposition de Kitana de gouverner Edenia à ses côtés, Scorpion apprend enfin que c’est Quan Chi et non Sub-Zero qui a tué les membres de son clan. Des fins alternatives présentent également Reiko qui se pose sur le trône de Shinnok et endosse le masque de Shao Kahn, ainsi que Tanya qui parvient à piéger Liu Kang et à le faire tuer des mains de Shinnok. Enfin. Quan Chi montre à Shinnok qu’il l’a libéré grâce à une amulette et l’élimine enfin alors que ce dernier comprend que ses pouvoirs n’ont aucun effet contre lui. Il reste alors le seul ennemi en vie avec un rôle bien plus important dans le prochain épisode.

image casting mortal kombat gold

Une version enrichie faisant la fierté de la Dreamcast !

Outre un portage Game Boy Color des plus crasseuses fin 1998, Mortal Kombat 4 se pare d’une version améliorée pour le line-up américain de la Dreamcast. Sorti le 9 septembre 1999 avec des graphismes affinés, Mortal Kombat Gold marque ainsi le retour de Kitana, Baraka, Cyrax libéré de sa prison dans le désert, Mileena ressuscitée du Netherealm mais aussi Kung Lao, revenu sans trop d’explications alors que tout le monde le croyait mort. Si des codes permettent toujours de manier Goro et Noob Saibot (qui retrouve enfin son pouvoir permettant de neutraliser l’adversaire, bien que seule la garde soit cette fois-ci bloquée), Sektor est également de la partie, faisant passer le nombre de personnages jouables de dix-sept à vingt-trois. En plus de la forêt vivante déjà présente dans la version de base, on a le plaisir de retrouver d’anciens décors comme la tombe de Mortal Kombat II ou la chambre de l’âme et le temple de Mortal Kombat 3. Les développeurs sont restés fidèles aux coups des personnages, allant jusqu’à octroyer une double téléportation à Kung Lao. On retrouve certaines musiques comme celle du temple ou un superbe remix du thème de Shao Kahn, le sound design étant aussi revalorisé à l’ancienne.

Les fatalités correspondent généralement à celles des dernières apparitions des personnages, exceptés le lancer de piques de Mileena, le chapeau explosif de Kung Lao et Cyrax qui emprunte ses grenades à Smoke pour faire exploser la planète. Le scénario se trouve quant à lui enrichi des biographies et des fins des nouveaux personnages. Kitana est alors soit assassinée par Mileena, soit elle fait tomber cette dernière dans un vulgaire piège à trou. Kung Lao revient uniquement pour affronter Goro qui avait tué son ancêtre, mais finit par lui serrer la main après que le shokan a vanté les mérites du Grand Kung Lao. Baraka trouve la mort en tentant d’assassiner Quan Chi tandis que Cyrax redevient humain grâce à un dispositif mis en place par Sonya et Jax. Sektor propose une jolie variante de cette dernière fin en interrompant le processus via une rafale de missiles qui tuent les deux héros. Malgré de nouveaux personnages tout juste corrects et un système de jeu qui ne parvient pas à atteindre la grandeur de son aîné, Mortal Kombat 4 reste un bon jeu qui a sa place dans l’histoire du jeu vidéo. Il marque cependant une première baisse de régime pour la saga, perdant peu à peu de son aura face aux ténors du genre de son époque.

 

Des spin-off au gameplay alternatif

image mortal kombat mythologies special forces

Une nouvelle approche centrée sur des personnages emblématiques.

À la suite de la première trilogie Mortal Kombat, un premier épisode annexe vient explorer le passé de la saga afin d’introduire le scénario de Mortal Kombat 4, sorti peu après dans les salles d’arcade. Paru le 1er octobre 1997 sur PlayStation puis porté sur Nintendo 64, Mortal Kombat Mythologies se dévoile comme un jeu d’action plates-formes en vue de côté dans lequel le joueur contrôle Sub-Zero avec un gameplay similaire à celui de Mortal Kombat 3. Son scénario débute avant le premier jeu de la saga tandis que Sub-Zero est engagé par le sorcier Quan Chi pour dérober un objet dans un temple du clan des Shirai Ryu, dans lequel il affronte Scorpion pour la première fois. Après avoir rencontré le chef des Lin Kuei, il doit se rendre dans le temple des quatre éléments pour récupérer une mystérieuse amulette. La narration est assurée par des cinématiques incluant de vrais acteurs, avec un doublage anglais difficilement compréhensible et sans sous-titres.

Composé de huit niveaux, Mortal Kombat Mythologies amène le joueur à affronter des ennemis de plus en plus coriaces, éviter de nombreux pièges souvent mortels et amasser des points d’expérience pour gagner des coups spéciaux. Moyennant l’utilisation d’une jauge de magie, Sub-Zero obtient d’abord le gel classique, suivi par la glissade, le gel au sol, le gel vers la diagonale haut avant, le gel aérien, le clone gelé et la possibilité de réduire un ennemi en morceau après l’avoir gelé deux fois de suite. Le joueur peut courir et actionner un objet mais ne se retourne pas automatiquement lorsqu’un ennemi se retrouve dos à lui pour lui faire face. Ce gameplay rigide devient rapidement contraignant à cause d’une difficulté de plus en plus étouffante au fur et à mesure que le joueur avance. Entre les mécanismes qui écrasent, les lames qui transpercent, les flammes, les anguilles dans l’eau et les trous qui se forment sous les pieds de Sub-Zero, tout est calculé pour que ce dernier passe son temps à mourir. Les développeurs ont même fait l’effort d’une cinématique différente pour chaque niveau quand il tombe dans un précipice !

Courts en apparence, les niveaux s’avèrent plus complexes qu’il n’y paraît avec plusieurs allers-retours, des clés à trouver, des sauts précis en exploitant les bourrasques et des niveaux d’eau à gérer. Pour rester en vie, Sub-Zero peut compter sur des potions de vie, des objets réduisant les dégâts, permettant de se rendre invisible ou invincible. La difficulté abusive franchit toutefois le point de non-retour durant les trois derniers niveaux, aussi peu intéressants qu’atroces à traverser. Mortal Kombat Mythologies marque en outre le première apparition physique de Shinnok, le dieu ancien déchu déjà mentionné dans l’ending de Noob Saibot dans Ultimate Mortal Kombat 3. L’amulette lui permet d’accéder au Royaume Terre et Quan Chi le servait depuis le début. Le combat final oppose d’ailleurs Sub-Zero à ces deux personnages et la fin renvoie directement au tournoi organisé par Shang Tsung. Bonne accroche scénaristique pour Mortal Kombat 4 tout en faisant le lien avec le début du scénario de la saga, Mortal Kombat Mythologies avait tout pour être un très bon jeu dans un genre différent, mais ses soucis de jouabilité et sa difficulté excessive le rend au final assez médiocre.

Ayant de base prévu de sortir d’autres épisodes au gameplay différent centrés sur d’autres personnages, Midway récidive avec Mortal Kombat Special Forces, hack’n slash dans lequel Jax poursuit Kano en affrontant les membres du Black Dragon. Paru sur PlayStation le 30 juin 2000, il se situe lui aussi antérieurement au premier tournoi Mortal Kombat. Jouissant d’une réputation très médiocre, il a en effet de quoi faire peur dès sa scène d’introduction présentant son héros sous tous les angles avec une mise en scène et une musique rappelant davantage Austin Powers. Le jeu est assez rapide et se compose de cinq niveaux dans les entrepôts, les égouts, un garage, une sorte de bunker souterrain et une drôle de zone labyrinthique avec plusieurs couloirs entourés du vide qui n’est pas sans rappeler certains vieux FPS. Le level design est plutôt convenu mais assez efficace avec ses éléments cachés nécessaires à l’ouverture de passages, nécessitant de la recherche et quelques allers-retours. Jax dispose de trois vies et peut ramasser différentes tailles de trousse de soin disséminées dans les niveaux, à la manière d’un Tomb Raider.

Le joueur affronte des ennemis en effectuant des combos avec les coups habituels assignés aux quatre touches principales de la manette, mais les ennemis se défendent tellement peu qu’il est plus efficace de les spammer de coups de poing, plus rapides que les pieds. L’accumulation de points d’expérience permet néanmoins d’apprendre des combos utiles tout au long du jeu, si ce n’est que les derniers sont quasiment impossible à effectuer avec le timing exigé. À l’instar de beat’em up comme Fighting Force, de plus en plus d’ennemis sont équipés de mitraillettes et les phases de shoot peuvent vite se multiplier si on ne veut pas se faire toucher systématiquement en allant frapper au corps à corps. Le joueur peut toutefois s’équiper d’un sniper pour éliminer des ennemis à distance, ce qui octroie au jeu un aspect tactique pas si inintéressant. Les boss ont généralement un point faible à exploiter mais certains s’avèrent ridiculement faciles, à commencer par Kano lui-même, que le joueur peut castagner tranquillement après avoir esquivé des projectiles.

Mortal Kombat Special Forces reste finalement plaisant à jouer, sa difficulté étant peu élevée et la recherche plutôt bien fichue grâce aux dédales qui savent se limiter plutôt que retourner le cerveau avec des éléments tordus. Le scénario n’apporte par contre vraiment rien et le gameplay aurait mérité d’être bien plus riche et surtout moins bancal, le shoot rappelant bien souvent une mauvaise copie de Syphon Filter. L’ambiance aide à apprécier le jeu grâce aux musiques qui font leur petit effet malgré leur discrétion, et les graphismes restent corrects si l’on excepte la modélisation très carrée des personnages. Loin du mauvais jeu tant acclamé par des personnes qui n’ont pas dû y jouer plus de quelques minutes, Mortal Kombat Special Forces reste passable mais représente un des plus bas niveaux de la saga avec son prédécesseur. Après deux tels jeux, Midway renonce à développer des spin-off centrés sur un personnage précis et fait efficacement évoluer la saga avec une trilogie de bonne envergure sur la sixième génération de consoles.

 

Suite du dossier à venir très prochainement !

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