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NEO : The World Ends With You – Test – PlayStation 4

6 mn de lecture
image jeu neo the world ends with you
image playstation 4 neo the world ends with you
  • NEO : The World Ends With You
  • Disponible sur : PlayStation 4, Nintendo Switch, PC
  • Développé par : Square Enix
  • Edité par : Square Enix
  • Sortie le : 27 juillet 2021
  • Genre : A-RPG
  • pegi12

NEO : The World Ends With You, encore meilleur que le premier

Paru en Europe en 2008, The World Ends With You est un très bon J-RPG. Premier jeu signé Square Enix sur feu la Nintendo DS, exploitant intelligemment le concept de double-écran et le tactile, le soft pouvait aussi compter sur un univers bien développé, et une direction artistique au top, le tout produit par un Tetsuya Nomura en belle forme. Certes moins populaire qu’un Final Fantasy, ce titre méritait une suite. Vœu (enfin) exaucé avec NEO : The World Ends With You qui, de plus, a la bonne idée de surpasser son prédécesseur.

On le sentait venir dès notre preview issue de la démo, NEO : The World Ends With You a tout pour être l’un des plus gros titres de cette année. Et, brisons le suspens, il l’est bel et bien. Le titre multiplie les qualités, dont celles se rapportant à l’écriture. Certes, il faut accrocher à la culture geeko-otaku à la nippone, avec une tendance au street art bien marquée. En gros, cette vision parfois fantasmée de Shibuya se retrouve là, dans le soft, et c’est vrai que l’on s’y croirait. Ce qui s’avère bien délicieux, soyons clairs. Ceci même si le début de l’aventure est hyper abrupte.

Les fans du premier opus vont devoir oublier Neku, car NEO : The World Ends With You s’intéresse au destin de Rindo. On reste toujours dans de l’adolescent un peu revêche, mais plus sympathique, plus bavard surtout. Cela pourra surprendre, tant le côté asocial de Riku participait à l’ambiance du précédent épisode (tout de même très loquace), mais il est vrai que cette suite mise encore plus sur les dialogues qu’auparavant. Sans devenir un Visual novel, mais tout de même. Si les échanges sont bien soignés, et surtout collent bien à la caractérisation des ados ici suivis (dont l’écriture texto sur les échanges « épistolaires »), ils se font aussi nombreux, et parfois un peu longs pour qui voudrait de suite zoner dans Shibuya. Heureusement, les sous-titres sont assurés en français.

Shibuya comme vous le fantasmez

image ps4 neo the world ends with you

Gros travail sur les perspectives.

NEO : The World Ends With You débute d’ailleurs par un dialogue entre Rindo et son poto Fret. Et ils échangent si naturellement qu’on a l’impression de rejoindre un jeu déjà débuté depuis quelques heures. Cet effet est sans aucun doute recherché, cela dynamise l’entrée en matière, et c’est d’ailleurs agréable. Mais il faut s’accrocher. Et rassurez-vous : ce n’est pas parce qu’on a l’impression de monter dans un train lancé à vive allure que les joueurs n’ayant pas poncé le précédent opus se sentiront largués. Si quelques concepts sont décrits sans trop de pincettes, comme celui, central, des Reapers, tout est fait pour que le nouveau venu se sente impliqué. Du coup, pas de souci vous n’avez pas poncé l’épisode Nintendo DS.

Rindo et Fret zonent donc en plein Shibuya, jusqu’à ce qu’un événement change leur vie à jamais. En effet, Fret se fait écraser assez violemment par un lourd camion, sous les yeux de notre avatar. Et pourtant, il va se passer quelque chose : tout se remet en ordre, comme si rien ne venait de se passer. Mais les différences sont nombreuses, comme si les deux ados ne faisaient plus partie de ce monde. C’est ici qu’ils vont se rendre compte, par le biais de personnages secondaires tous très charismatiques, qu’il existe en fait deux dimensions : le Realground, notre réalité, et l’Underground. NEO : The World Ends With You nous propose de passer de l’un à l’autre, ce qui forme en fait une sorte de vision extrasensorielle, comme dans beaucoup de jeux depuis la vision détective des Batman : Arkham.

Un gameplay d’une richesse impressionnante

image square enix neo the world ends with you

Vous allez les chercher, ces cochons…

Notre duo se retrouve donc morts, en un sens, et va devoir participer au « jeu des Reapers » étalé sur sept jour. Au bout de cette semaine, l’équipe qui arrive première a le droit de prononcer un vœu, dont celui de retourner dans le Realground pour y vivre une seconde chance. Mais attention, ce ne sera pas de tout repos ! Tout d’abord, les autres teams ne se laisseront pas marcher sur les pieds et, de plus, elles partent avec plus d’avance. NEO : The World Ends With You est scénarisé, le destin est déjà écrit, mais on apprécie cette adversité. Aussi, les Reapers lancent contre nous les Échos, des entités agressives qui nous attaquent uniquement quand on passe dans l’Underground pour y trouver des indices. Car, dans ce soft, il ne sera pas que question de combats, mais aussi d’énigmes.

Le gameplay de NEO : The World Ends With You est d’une richesse impressionnante. D’autant plus que ce foisonnement de mécaniques se digère remarquablement bien, tout en gratifiant le joueur d’un skill de plus en plus prononcé. On là en plein dans ce qui fait la spécificité du jeu vidéo japonais. Shibuya se divise en plusieurs zones, que l’on ne pourra pas toujours rejoindre à notre guise. Pas un monde ouvert donc, et c’est voulu, imposé par une science du rythme très efficace. On se doit donc, parfois, de répondre à une mission si l’on veut s’ouvrir la voie vers de nouveaux endroits, donc de nouvelles boutiques etc. Tout comme pour la ville de Balduq dans Ys IX : Monstrum Nox, on découvre au fur et à mesure, et c’est agréable de sentir une courbe de progression. Par contre, cela occasionne des temps de chargement, très légers sur PlayStation 5 c’est à noter, mais un peu plus longs sur PS4.

Des combats d’abord fouillis, puis plus finauds qu’espéré

image boss neo the world ends with you

Les combats de boss sont un peu en-dessous.

NEO : The World Ends With You est un J-RPG, et plus précisément un A-RPG. Il faut donc s’attendre à combattre (dans des arènes) pour faire progresser les statistiques, obtenir des tenues ayant aussi une influence sur elle, toute la panoplie typique du genre. Seulement, le jeu de Square Enix va plus loin, ose des choses originales. Les badges sont clairement une idée de génie. On les récupère en battant des Échos, certains sont très rares et demandent une implication poussée. Voire de changer la difficulté (quand la possibilité se voit débloqués), car les récompense ne sont pas les même selon le niveau. En fait, il s’agit d’une arme, mais à effet toujours très différents. On peut jongler entre eux hors des combats, les faire gagner des levels comme dans un bon vieux Secret of Mana, et même les faire évoluer quand c’est possible. Le système est hyper limpide, du bonheur à maitriser.

Ces badges sont donc directement liés aux combats. En fait il s’agit d’armes, dans les grandes lignes. Les batailles de NEO : The World Ends With You peuvent tout d’abord paraître un peu fouillis, mais au fur et à mesure l’on capte des possibilités qui rééquilibrent l’ensemble. Pour faire simple, un personnage de votre équipe utilise un badge, lequel est associé à une touche. Du coup, le joueur peut, et doit (car une jauge de stamina est présente), alterner entre les coups classiques, les coups chargés etc. Un peu comme si l’équipe ne formait qu’une entité, ce qui est provoque une sensation de fluidité carrément jouissive si l’on se donne les moyens d’aller plus loin que le simple tapotage. Il est question de rythme des hits, de faire monter la jauge de Groove afin de lancer une super attaque dévastatrice. Tout cela fonctionne bien, on a par contre plus de mal avec l’esquive, assez floue. Ce qui se remarque particulièrement dans des phases de boss qui, selon nous, sont le point faible de l’expérience.

La DA de NEO : The World Ends With You déboîte la mâchoire

image test neo the world ends with you

La direction artistique ne cesse de mettre une claque.

NEO : The World Ends With You n’est pas du genre à se laisser enfermer dans ses combats, le jeu tente et réussit d’autres choses. Les phases d’énigmes ne sont pas bien compliquées, il est souvent question d’observation ou d’utilisation du pouvoir associé à l’un des personnages. Par exemple, Rindo peut voyager dans le temps afin d’en changer le cours. C’est toujours scripté, pour des occasions bien précises, mais ça donne lieu à de véritables respirations, et elles ne sont jamais de refus. Il faudra aussi aller dans les restaurants afin d’y gagner des points de statistiques. Oui, comme dans les Yakuza. Et l’on peut aussi compter sur une mécanique de relations sociales, très bien vues. Chaque mission secondaire permet de solidifier vos liens affectifs, et vous pourrez ainsi débloquer des options. Ce n’est donc pas seulement encourageant, c’est aussi utile.

Les à-côtés se font nombreux, avec un menu Archives qui, pour être complété à 100%, vous demandera bien des heures. La durée de vie de l’histoire principale se situe autour de la trentaine d’heure. Par contre, vous pouvez en rajouter une quinzaine avec les à-côté. Et surtout, sachez que la rejouabilité est excellente, avec une difficulté bonus bien vicieuse, des badges inédits etc. Techniquement, NEO : The World Ends With You n’est pas une pure claque, mais le jeu se fait bien stable. Pas de problèmes de textures, ni de baisses de framerate marquantes. La direction artistique, elle, est au top niveau, le résultat est impressionnant. Le jeu manipule les perspectives, Shibuya semble nous dévorer à chaque instant. Les développeurs étaient-ils sous champignons hallucinogènes ? Aucune idée, mais le résultat est tellement original que l’on ne peut qu’adhérer. Et idem pour la musique, entêtante au possible dans un style qui ne fait que souligner le street art transpirant des différentes zones.

Conclusion

On le pressentait avec la démo, et cela se vérifie avec le jeu complet : on tient là un très, très bon A-RPG, et l’une des meilleures expériences vidéoludiques de cette année 2021. NEO : The World Ends With You tente des choses, comme avec son système de combat plus intéressant que le simple spam de touches, et propose un contenu d’une grande générosité. Ajoutons une direction artistique carrément fascinante, et l’on obtient un hit de plus pour Square Enix.

17 /20
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