Dossiers

Shantae : 20 ans pour la demi-génie de WayForward

12 mn de lecture
image banniere shantae
image dossier shantae
  • Jeu.x abordé.s : Shantae, Shantae Risky's Revenge, The Pirate's Curse, ...
  • Développeur.s : WayForward, Inti Creates
  • Editeur.s : Capcom, WayForward, Marvelous USA, ...

La célèbre héroïne Shantae est désormais vingtenaire ! 

Partant d’un titre méconnu arrivé très tardivement sur Game Boy Color, Shantae s’est petit à petit émancipée dans un deuxième épisode faisant partie des seuls jeux réellement intéressants du DSiWare avant de rejoindre les sorties physiques de la 3DS et de la Switch. S’inspirant fortement des Wonder Boy et des meilleurs metroidvanias, la saga a su créer son identité propre à travers un gameplay bien huilé et un bel univers oriental.

Date de sortie : 2 juin 2002 (Amérique du Nord), 18 juillet 2013 (Europe), 22 avril 2021 (Japon)image header shantae
Développeur : WayForward
Concepteur : Matt Bozon
Genre : Action-Aventure en side scrolling
Nationalité : Américaine
Compositeur : Jake Kaufman
Support : Game Boy Color

 

Un premier épisode passé inaperçu

image gbc shantae

Un titre fondateur impressionnant pour la machine.

Tandis que la Game Boy Advance est sortie depuis déjà plus d’un an, la Game Boy Color reçoit ses tout derniers jeux parmi lesquels un certain Shantae, jeu de plates-formes aventure en side scrolling largement inspiré de la saga Wonder Boy pour son level design et ses pouvoirs à acquérir en se transformant en toutes sortes d’animaux. Développé par WayForward Technologies (Contra 4, BloodRayne Betrayal, Duck Tales Remastered), il met en scène la charmante Shantae, demi-génie à l’apparence d’une jeune fille orientale aux prises avec une bande de monstres et de pirates dirigés par la maléfique Risky Boots. Gardienne d’une petite ville de pêcheurs, elle doit alors parcourir Sequin Land afin de récupérer des artefacts prisés par son ennemie.

Rappelant fortement Castlevania II Simon’s Quest pour ses zones à parcourir sans carte et son cycle jour-nuit des plus efficaces, Shantae comporte aussi plusieurs villes où des habitants peuvent fournir de précieuses informations. Les bains publics permettent de recharger ses cœurs, le mini-jeu de la danse orientale de gagner de l’argent et les magasins d’acheter divers objets de soins, des anti-chutes, des contrepoisons ou des boosters de force. Le jeu arbore des graphismes bien colorés impressionnants pour la machine et des musiques de grande qualité devenues culte comme l’overworld, le thème des donjons et celui des boss. La direction artistique met efficacement en valeur les différents environnements traversés comme la forêt, le désert, la banquise, et la montagne.

Tel le colonel Scott O’Connor de Kabuki Quantum Fighter, Shantae a la particularité d’attaquer avec ses longs cheveux et acquiert plusieurs transformations en délivrant ses alliées dans chaque ruine. Elle peut ainsi devenir un petit singe afin de grimper contre les murs, un éléphant qui défonce des blocs, une araignée qui peut marcher sur certains décors de fond et une harpie pour voler où bon lui semble. Le changement en animal s’effectue en dansant à l’aide de deux boutons sur un rythme musical régulier. Si certains objets permettent d’attaquer les ennemis, des techniques de combat peuvent être achetées dans une ville mais leur prix est rapidement dissuasif, les monstres laissant bien trop peu d’argent en plus de leur résistance abusive.

Shantae peut se faire pas mal toucher et vite perdre ses trois vies en tombant dans des trous ou en touchant des piques, mais la difficulté reste relative car un game over ramène à la dernière sauvegarde avec aucune suppression de quoi que ce soit. Perdre une vie ramène à la dernière pièce et si le joueur en perd une face à un boss, les dégâts infligés sont retenus. Le jeu est agréable à parcourir mais on peut lui reprocher des zones beaucoup trop larges compliquent fortement le repérage dans l’espace. On le retient toutefois pour le singularité de son univers, la qualité de ses mini-jeux (la course contre Rottytops) et l’humour qu’il dégage, comme dans la ville des zombies où l’une d’elle se plaint que les hommes ne s’intéressent qu’aux femmes ayant un cerveau.

Sorti le 2 juin 2002, Shantae ne s’est réellement fait connaître que de nombreuses années plus tard à l’occasion de nouveaux épisodes. Il est également paru sur l’eshop de la 3DS le 18 juillet 2013, et sur celui de la Switch el 22 avril 2021.

 

Un retour remarqué sur le DSiWare

image shantae risky's revenge

Un deuxième épisode précurseur de la grande qualité de la saga.

Tandis que WayForward a pris ses marques sur Game Boy Color, la compagnie lance le développement d’un certain Shantae 2 Risky Revolution à destination de la Game Boy Advance, mais ne trouve cette fois-ci pas d’éditeur et se voit contraint d’annuler sa sortie. L’histoire se répète avec Shantae Risky Waters, prévu pour exploiter le double écran da la Nintendo DS. Il faut finalement attendre le 4 octobre 2010 pour que l’héroïne renaisse enfin de ses cendres sur DSiWare dans une suite intitulée Shantae Risky’s Revenge. La saga devient plus accessible avec une carte générale de l’intégralité de l’île sur l’écran du bas, des ennemis moins envahissants et surtout sans résistance abusive. Le jeu se voit embelli par le moteur graphique de Contra 4 (le monde sous-marin est particulièrement magnifique avec ses effets de vague) et comporte une bande-son toujours aussi envoûtante avec des pistes qui font honneur au nouveau support. Toujours à la poursuite de Risky, qui a cette fois-ci volé une lampe, Shantae doit traverser l’île à la recherche de trois sceaux magiques.

Shantae Risky’s Revenge se parcourt aisément entre la forêt, le désert et le bord de mer. L’héroïne peut obtenir plusieurs magies en trouvant des réceptacles, notamment différentes flammes, un nuage lançant des éclairs et des boules piquantes qui tournent autour de l’héroïne, en plus des recharges de vie et de magie. Danseuse invétérée, elle obtient de quoi se transformer en petit singe, en éléphant et cette fois-ci en sirène pour aller dans l’eau. Les futurs pouvoirs permettent ensuite de foncer horizontalement quand elle est accrochée contre une paroi en forme de singe, d’écraser le sol en éléphant et d’envoyer des boules d’énergie en sirène, aboutissant notamment une belle phase de shoot’em up sous-marine vers la fin du jeu. Quelques sauvegardes sont disséminées dans le jeu et perdre une seule vie procure un game over. La difficulté a toutefois été largement revue à la baisse et les trous ne font que ramener au dernier nouvel écran avec un demi-cœur en moins. De nombreuses grottes mènent à différents endroits de la carte, ainsi qu’à des objets et pouvoirs cachés sous une musique mystérieuse non sans rappeler celle des cavernes de The Legend of Zelda Link’s Awakening.

Au nombre de trois, les palais sont dans la même lignée que ceux du premier volet, excepté le deuxième qui consiste en l’escalade d’une tour en temps limité avec un grand nombre d’ennemis à battre. Si la musique des boss offre un remix toujours aussi percutant, il est dommage que celle des palais ne soit plus la même et manque d’intensité. Les boss sont de fait peu nombreux mais l’action ne se fait pas attendre car le joueur affronte Risky dès le début dans son bateau vivant lanceur de bombes. Le combat final prend une tournure intéressante alors que Risky se sert de la lampe pour puiser la magie de Shantae et ainsi créer son double maléfique, qui constitue alors le dernier boss. On ne combat alors pas du tout Risky, qui s’enfuit étonnamment en nous laissant la victoire. Avec son game design fortement amélioré, Shantae Risky’s Revenge parvient enfin à faire connaître la saga en s’imposant comme un des seuls jeux ambitieux du DSiWare. Rapidement porté sur iOS et PC, il arrive à partir de 2015 sur les plateformes de téléchargement de la PlayStation 4 et de la Wii U dans une director’s cut comportant notamment une traduction française.

 

Une demi-génie au sommet

image shantae and the pirate's curse

L’aboutissement d’un univers et d’un gameplay iconiques.

À la suite du succès de Shantae Risky’s Revenge, WayFoward enchaîne avec un troisième épisode intitulé Shantae and the Pirate’s Curse le 23 octobre 2014 sur Nintendo 3DS, puis peu après sur Wii U. Suite logique du précédent épisode, Shantae a été privée de sa magie et son double maléfique a été répandu en vingt créatures possédant de la magie noire à récupérer pour obtenir la bonne fin. Si aucune attaque magique n’est donc disponible dans ce nouveau jeu, l’héroïne trouve petit à petit les cinq équipements de Risky qui lui permettent d’accéder à de nouvelles zones. Dans la droite lignée des metroidvanias, le level design comporte une carte précise pour chaque zone qui se dévoile en avançant. Le pistolet permet d’actionner des mécanismes à distance, le chapeau de planer et de s’envoler dans les airs quand il y a du vent, le cimeterre de détruire des obstacles au sol et le canon d’accéder à une certaine hauteur grâce à une propulsion de trois coups vers le bas. Quant aux bottes, elles permettent de courir à fond en défonçant tout sur son passage et éventuellement dénicher des secrets : une ressemblance frappante avec le speed booster de Super Metroid.

Les upgrades continuent de forger l’identité de la saga avec du shampoing pour frapper plus fort, de la crème pour frapper plus vite, un rétablissement quand on se fait propulser après un coup ou encore un coup de pied en avant à l’utilité discutable. Les calmars en cœur servent quant à eux à être fondus par quatre afin d’augmenter les points de vie, en hommage aux fragments de cœur de The Legend of Zelda. Les environnements sont toujours aussi attachants entre Scuttle Town et sa forêt, l’île Salive et ses chutes d’eau, l’île toile d’araignée et son ambiance très Ghouls’n Ghosts, l’île Bronzette et ses dunes sablées, l’île marécageuse et ses démons, sans oublier l’île des engelures et ses machines dans les airs. On retrouve le même moteur graphique embelli et des musiques de grande qualité et plus claquantes que celles de Shantae Risky’s Revenge. C’est d’ailleurs Risky qui conduit l’héroïne sur les différentes îles afin de détruire l’origine des pouvoirs du démon pirate, son ancien maître, les deux personnages se rapprochant alors pour l’occasion.

Les phases de jeu originales ne manquent pas, comme la course sur le dos de Rottytops et surtout la fuite du palais en infiltration alors que Shantae est prise pour une princesse. Les clins d’œil aux précédents jeux sont également légion entre le poulpe de Risky’s Revenge qui dit lui-même être du réchauffé en revenant comme boss, la présence de Rotty en humaine dans les enfers et surtout de nombreuses reprises musicales. Outre le thème des boss qui gagne encore en intensité, on retrouve la musique de la ville, le thème des ruines du premier Shantae repris dans le deuxième palais, ou encore le thème de la tombée de la nuit dans la forêt plongée dans les ténèbres. En une petite dizaine d’heures d’allers-retours et de découvertes, Shantae and the Pirate’s Curse synthétise le meilleur de la saga et s’impose comme un incontournable de l’action aventures en side scrolling !

 

Une héroïne en baisse de régime

image shantae half genie hero

Une édition physique très complète sur Switch.

Le 20 décembre 2016, notre demi-génie préférée est de retour dans un quatrième épisode sobrement intitulé Shantae Half-Genie Hero, disponible sur les consoles de huitième génération à l’exception notable de la 3DS.  Toujours à Scuttle Town, l’héroïne se voit transportée au Royaume des Génies et brise malencontreusement un sceau magique laissant le mal s’échapper. Très joli, le jeu dispose pour la première fois dans la saga de graphismes mêlant 2D et 3D : un renouvellement appréciable là où les musiques sont sympathiques sans être aussi accrocheuses que par le passé. Il est toutefois impossible de ne pas retenir celle du niveau d’introduction, qui est absolument magnifique avec sa mélodie entraînante faisant office de thème principal et ses paroles d’une intensité percutante.

En plus des formes déjà connues du singe, de l’éléphant et de la sirène, Shantae obtient de nouvelles danses permettant de varier les situations de gameplay. Elle se transforme ainsi en crabe qui peut aller dans l’eau, se recroqueviller dans sa carapace et se frayer certains chemins avec sa pince, en chauve-souris pour voler horizontalement dans des couloirs étroits et éclairer les zones sombres, ou encore en harpie qui peut s’envoler à volonté et attaquer avec des plumes. La souris est quant à elle capable de s’enliser dans de très petits passages bien cachés tandis que l’araignée peut s’accrocher verticalement et cracher de l’acide. S’ajoutent à cela une danse pour se téléporter dans la zone suivante du niveau où on se trouve, une pour recharger ses points de vie, une pour infliger de lourds dégâts aux ennemis à l’écran et même une pour incarner un sbire de Risky, avec son attaque au cimeterre et son double saut. Les magies de l’éclair, des flammes et du cimeterre font également leur retour avec leurs upgrades, accompagnées d’une bulle protectrice.

Les environnements restent de qualité entre les rues enflammées de Scuttle Town, les chutes d’eau et son usine, le désert et sa haute tour, le cap avec sa course aérienne et son navire volant non sans rappeler Super Mario Bros. 3, le château à l’ambiance très Castlevania et le volcan où se cache Risky. Mais le défaut majeur du jeu est qu’il est demandé au joueur d’y effectuer plusieurs recherches, ce qui provoque de nombreux allers-retours obligeant à retraverser encore et encore les mêmes niveaux sur une certaine linéarité. Bien que l’on garde toujours le plaisir de trouver des secrets cachés en revenant en arrière avec de nouveaux pouvoirs, cette répétitivité nuit de manière significative à l’expérience de jeu.

De plus, les contenus supplémentaires n’ont que peu d’intérêt car ils proposent de reparcourir l’aventure avec d’autres personnages. S’il est plaisant de contrôler Risky avec ses propres pouvoirs, il est vite lassant de recommencer encore les mêmes niveaux et d’affronter les mêmes boss (par ailleurs très sympathiques et variés dans l’aventure initiale). Avec une difficulté toujours aussi peu corsée et une traduction française bancale, Shantae Half-Genie Hero est loin de la qualité de son prédécesseur mais reste un bon jeu pour tout amateur de metroidvanias. Porté sur Switch en 2017, il est également jouable sur PlayStation 5 depuis fin 2021.

 

Shantae décolle de plus belle !

image shantae and the seven sirens

Une héroïne décidément inarrêtable !

D’abord sorti sur Apple Arcade le 19 septembre 2019 puis porté sur consoles le 28 mai 2020, Shantae and the Seven Sirens renoue avec la qualité de Shantae and the Pirate’s Curse en proposant un monde ouvert en side scrolling réunissant plusieurs villages, donjons et environnements de toutes sortes. Arrivée sur Paradise Island pour le festival des demi-génies, notre héroïne a à peine le temps de connaître ses semblables qu’elle doit les sauver de la menace des sept sirènes. Particulièrement soignée, la direction artistique participe au dynamisme du jeu, au même titre que l’animation des personnages, l’humour des dialogues et quelques scènes animées.

Toujours au top, le gameplay propose plusieurs transformations pour accéder à de nouvelles zones. Shantae peut ainsi se transformer en triton pour foncer en avant et se coller aux murs, en taupe pour creuser dans le sable à toute vitesse, en tortue pour détruire les rochers, en grenouille pour arpenter les zones sous-marines et en petite pieuvre pour effectuer un double ou un triple saut. S’ajoutent à cela les danses de fusion, qui permettent à Shantae de profiter des pouvoirs des autres demi-génies. Moyennant de la magie, elle peut alors révéler des éléments invisibles (bien souvent pour obtenir de quoi acheter des objets ou des améliorations dans les boutiques), éveiller ou purifier certains éléments, déclencher une décharge électrique et faire trembler la terre pour attaquer les ennemis et faire déplacer de gros éléments du décor.

Nombreux et variés, les ennemis sont toujours aussi agressifs à tel point que le game over peut rapidement arriver si le joueur n’est pas assez attentif. Mais les moyens de se soigner étant tout aussi nombreux et accessibles, cette difficulté n’en est pas vraiment une. En plus des calmars à trouver pour augmenter le nombre de cœurs, le jeu propose une collection de cartes de monstres à l’effigie de chacun d’entre eux, qu’ils laissent parfois tomber pour octroyer divers bonus à Shantae. Les boss sont toujours aussi tenaces et agréables à affronter, notamment le dernier qui dépasse le stade du seul écran. Quant à Risky Boots, elle a évidemment toujours son rôle à jouer. Avec toutes ces qualités, Shantae and the Seven Sirens s’impose aisément comme un des jeux les plus complets et réussis de cette formidable saga.

Articles liés
Dossiers

Street Fighter : 35 ans pour la référence du versus fighting

75 mn de lecture
Bien avant la révolution Street Fighter II, Capcom sortait le premier épisode il y a déjà 35 ans Saga emblématique du jeu de combat, Street Fighter est arrivé dès 1987 dans le premier jeu gâché par sa mauvaise jouabilité bien qu’il posait déjà la plupart des bases de ce que deviendra la franchise. Ce n’est que quatre ans plus tard que la révolution du genre surgit avec l’incontournable Street Fighter II, dès lors imité par bon nombre de firmes comme SNK, qui devient le principal concurrent de Capcom sur ce…
Dossiers

Double Dragon : le roi du beat'em up célèbre ses 35 ans

37 mn de lecture
Il y a 35 ans, Billy et Jimmy Lee faisaient régner l’ordre dans Double Dragon Saga mythique ayant fortement popularisé le genre du beat’em up, Double Dragon fait partie de ces nombreuses franchises à avoir marqué l’année 1987 par ses innovations de gameplay. Améliorant fortement la formule de son prédécesseur Renegade, elle a fortement marqué la fin des années 80 sur borne d’arcade, mais aussi avec ses adaptations sur consoles, notamment avec l’excellent Double Dragon II sur NES. Date de sortie : 7 août 1987 (Arcade), 8 avril 1988 (NES),…
Dossiers

Metal Gear : la saga d'Hideo Kojima a 35 ans !

47 mn de lecture
Il y a 35 ans, Solid Snake infiltrait Outer Heaven ! Précurseur du genre de l’infiltration, Metal Gear sort déjà des sentiers battus lors de son arrivée sur MSX en 1987. Après un excellent deuxième épisode, la saga atteint son apogée avec le mythique Metal Gear Solid, qui popularise fortement l’œuvre d’Hideo Kojima et brise plus que jamais le quatrième mur. Tandis que la saga s’étend jusqu’à cinq épisodes principaux en 3D, ce dossier revient sur sa genèse et son émancipation à travers de nombreux jeux intéressants.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.