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Labyrinth of Galleria : The Moon Society – Test – PlayStation 4

5 mn de lecture
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  • Labyrinth of Galleria : The Moon Society
  • Disponible sur : PlayStation 5, PlayStation 4, Nintendo Switch
  • Développé par : Nippon Ichi Software
  • Edité par : NIS America
  • Sortie le : 17 février 2023
  • Genre : D-RPG
  • pegi18

Labyrinth of Galleria, le meilleur dungeon crawler depuis longtemps

Paru en 2018 sous nos latitudes, Labyrinth of Refrain fut l’un de mes coups de cœur de cette même année. Nippon Ichi Software, studio principalement connu pour ses Disgaea et sa branche d’édition (NIS America, mon précieux !), se lançait dans le vrai bon vieux dungeon crawler à l’ancienne, celui qui se joue en vue subjective avec des déplacements en case par case et une map selon notre goût pour l’exploration. Une très belle itération, aujourd’hui accompagnée d’une suite spirituelle. Eh oui, c’est bien ce Labyrinth of Galleria, quelle perspicacité !

Qui dit suite spirituelle dit liens scénaristiques très minimes voire inexistants. Que les nouveaux venus n’ayant pas encore joué au premier se rassurent, c’est bien la seconde solution qui a été retenue par Nippon Ichi Software. Labyrinth of Galleria renouvelle son monde, ses personnages, son intrigue, mais propose une narration tout à fait dans la droite lignée de l’épisode Refrain. Comprendre par là qu’on va lire pas mal de dialogues bourrés d’humour sur de superbes écrans fixes. C’est par ce biais qu’on découvre la destinée d’Eureka de Soleil, jeune fille issu d’une famille aisée mais tout de même dans le besoin. Du coup, elle épluche les petites annonces et se manifeste pour un mystérieux job de farfouilleuse. Bon, ça sent l’arnaque à plein nez, mais pas pour notre héroïne qui fonce à l’entretien d’embauche, dans le manoir isolé de Galleria. C’est ici qu’elle se fait recruter par le Conte Bismont, lequel lui dévoile une mission pour le moins surprenante, et même dangereuse. En effet, notre ingénue Eureka va devoir assister la sorcière Marta, qui nous permettra de fusionner notre esprit à celui d’un groupe de pantins, lequel partira ensuite explorer un donjon gigantesque caché dans… une penderie cannibale. D’où l’intérêt de se séparer de son corps ! Toujours pas effrayé, notre avatar se lance dans l’aventure afin de dénicher des Curios d’Art, objets magiques dont l’importance se dévoilera tout au long de ce récit à la fois prenant, drôle et riche avec une tonne de personnages secondaires. Seul bémol, et il est de taille : les sous-titres sont exclusivement en anglais. Et les textes se font nombreux, parfois assez élaborés. Donc un bon niveau est demandé. C’est dommage, mais je comprends aussi : l’éditeur a tenté le coup du français avec Refrain, et ça ne s’est probablement pas assez vendu pour renouveler l’expérience…

Un jeu signé Nippon Ichi Software se caractérise par deux spécificités fortes : une ambiance drolatique, et un gameplay très profond. On l’a vu, la première est assurée haut la main. Et, bonne nouvelle, la seconde ne l’est pas moins. Labyrinth of Galleria est donc un dungeon crawler dans tout ce que le genre a plus de flamboyant. Les principales mécaniques sont présentes : vue subjective, déplacement en case par case, tour par tour (les ennemis bougent quand on en fait de même), carte qui se dévoile lors de nos pérégrinations, des étages de plus en plus difficiles. Voilà la base, et les développeurs viennent ajouter leurs gros grains de sel. Bien sûr, il est question d’évolution, avec une foule de statistiques comme les adore NIS et ses fans. Désormais transformée en Fantie, Eureka va développer des compétences facilitant ses embarquées. Et c’est là que le jeu devient tout bonnement passionnant, avec notamment la possibilité farfelue, mais surtout hyper jouissive pour les aventuriers, de pouvoir briser des murs. Et, donc, de découvrir bien des mystères. Surtout, les perspectives s’ouvrent tellement que j’ai passé beaucoup de temps à revenir dans des lieux bien en amont, notamment poussé par des missions de chasse au trésor parfois bien coriaces. Un aspect Metroidvania qui m’a particulièrement charmé, même si les novices, ceux qui aiment qu’on leur mâche le travail avec un GPS comme dans un Hogwarts Legacy ou un Dead Space, pourront se sentir perdus.

Un jeu d’une grande générosité dans tous les domaines

Un dungeon crawler ne peut s’imaginer sans ses classes et ses monstres. Labyrinth of Galleria en est bien conscient, et propose là aussi ses belles originalités dans ces domaines. Les différents pantins maitrisés par Eureka pourront donc évoluer différemment, selon qu’ils soient de types offensifs, défensifs, ou équilibrés. En début d’aventure, six classes sont disponibles. Tout d’abord très classiques, elles gagneront ensuite en subtilité. Par exemple, je pense au Chat, mais je vous laisse l’entière surprise de la chose. Très clairement, qui veut de la richesse à la Disgaea sera servi, surtout que le concept d’équipe est particulièrement développé. À terme, vos embarquées dans le labyrinthe se feront avec pas moins de quarante personnages, avec tout un concept d’escouade particulièrement intelligent tant il fait appel à votre sens de la logique par le biais du placement des unités. C’est selon cette méthodologie que l’on débloque des Donums, des compétences n’étant pas liées aux personnages mais aux escouades. Tout cela sera sans aucun doute confus dans votre esprit, en début d’aventure, mais l’intérêt va se dévoiler surtout au bout de quelques dizaines d’heures, quand le soft va ouvrir totalement ce qu’il a dans le bide avec un aspect Roguelite redoutable. Les combats sont ainsi hypers importants et bourrés de mécaniques, avec notamment des combos liés à la jauge Power Source, une autre jauge de Limit pour balancer un pouvoir spécial, et surtout la possibilité pour les ennemis de vous briser des membres, ce qui atteindra les statistiques.

Labyrinth of Galleria est jouissif jusque dans son cheminement, lequel refuse le basique (mais efficace) principe de la ruée vers le prochain étage en donnant de l’importance au retour à la base. Cette impression que chaque endroit regorge d’intérêt est non seulement important pour le renouvellement de l’expérience, mais aussi pour la durée de vie. Celle-ci est particulièrement solide, et même dans un genre traditionnellement généreux qu’est le dungeon crawler. Sans trop en dévoiler, sachez que le soft propose en fait deux parties. Son aventure principale, que l’on bouclera en une cinquantaine d’heure, voire un peu plus si l’on veut vraiment tout voir. Et, ensuite, un épilogue assez dingue, que je n’ai d’ailleurs pas encore bouclé. Et pour cause, j’estime ce contenu à au moins quatre-vingt heures dans son entièreté. C’est donc un contenu phénoménal, tout comme l’est la direction artistique. Certes, Nippon Ichi Software la conçoit toujours aussi proche d’un Disgaea, mais ce chara-design très reconnaissable fonctionne particulièrement bien. Et avec cette petite touche de fan service qui va bien. La technique se tient tout à fait honorablement : aucun ralentissement, zéro bugs. Oui, les textures ne peuvent cacher que le soft a sans doute été pensé pour la Nintendo Switch, mais on s’en contente. La musique est sans doute un peu en retrait, se contentant de souligner l’atmosphère à coups de nappes, mais pas en développant des thèmes mémorables.

Conclusion

Labyrinth of Galleria est le meilleur dungeon crawler que j’ai pu découvrir depuis bien longtemps. Nippon Ichi Software prouve une nouvelle fois la maitrise de ce genre certes classique mais bourré de possibilités. Cela non seulement grâce à son talent pour créer des histoires fortes, mais aussi (et surtout) à son habileté dans le game design. Les mécaniques se font nombreuses et ouvrent les perspectives de manière ingénieuse. Cela pousse le joueur à expérimenter, à s’investir, ne pensez donc pas être sur un rail. Le contenu est lui aussi impressionnant, tout comme la direction artistique. Seul ombre au tableau, l’absence de sous-titres français cantonne ce titre aux anglophones de bon niveau, et c’est bien dommage…

17 /20
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