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Final Fantasy IV Pixel Remaster – Test – PC

6 mn de lecture
image jeu final fantasy iv pixel remaster
image steam final fantasy iv pixel remaster
  • Final Fantasy IV Pixel Remaster
  • Disponible sur : PC, iOS, Android
  • Développé par : Square Enix
  • Edité par : pas d'informations
  • Sortie le : 29 juillet 2021
  • Genre : J-RPG
  • pegi7

Final Fantasy IV Pixel Remaster, pour découvrir un chef-d’œuvre

Après Final Fantasy I, Final Fantasy II, et Final Fantasy III, on continue d’explorer la collection Pixel Remaster avec Final Fantasy IV. Si les deux premiers opus de l’une des licences phares de Square Enix ont surtout une importance historique plus que ludique, le succès s’est accéléré avec un troisième opus aux qualités certes balbutiantes mais déjà passionnant. Cependant, il est coutume de lire, sur tous les sites spécialisés, que le destin de cette gigantesque série a basculé avec un quatrième épisode dont l’aura a cette fois-ci largement dépassé les frontières japonaises. Trente ans après sa sortie initiale, ce grand J-RPG revient pour notre plus grand plaisir.

Final Fantasy IV Pixel Remaster ne propose pas n’importe quelle expérience. Il s’agit d’un véritable Graal pour tout amateur de J-RPG qui se respecte, que l’on soit assidu au retrogaming ou non. Pour bien comprendre le phénomène, il est nécessaire de replacer le contexte de la sortie, en 1991. La saga, initiée puis amplement développée par le surdoué Hironobu Sakaguchi et son équipe, se trouve alors à la convergence de plusieurs routes. Tout d’abord la sienne, celle d’une véritable success story en plein essor, alors même que Square Enix menaçait de totalement s’effondrer avant la parution de FF I. La licence est alors de plus en plus populaire, atteint de sacrés chiffres de vente, et le projet FF IV se voit ainsi entouré d’une grosse pression. Aussi, la plateforme de sortie du soft fut une véritable source de débats. Tout d’abord prévu sur Famicom, le titre a finalement atterri sur Super Famicom, mais avec une technique clairement en-deça de ce que pouvait proposer cette nouvelle console. Un handicap ? Oh que non.

S’il est vrai que le développement fut une véritable épreuve de force, l’adaptation aux spécificités de la Super Nintendo ayant provoqué pas mal de nuits blanches, il faut bien écrire que l’effort fut récompensé. Final Fantasy IV Pixel Remaster se pose comme le témoignage d’une époque presque révolue, pendant laquelle les J-RPG proposaient tant de nouveautés, d’originalités, qu’on avait l’impression de découvrir un nouveau genre à chaque épisode. Avec FF IV, on se délectait d’une histoire cette fois-ci hyper importante dans le trip. C’est l’un des deux gros apports de cet opus, même si Dragon Quest III avait déjà ouvert la voie : pour la première fois dans la série, on a droit à un scénario de haut niveau, avec tout ce qu’il faut de personnages profonds, de thèmes traités avec sérieux, et de rebondissements à vous en défriser la moustache. Le second n’est autre que le fameux système de combat Active Time Battle, plus connu par les fans sous son acronyme ATB. On se trouvait donc face à un jeu de rôle japonais au récit accrocheur, et au gameplay novateur. Une véritable révolution, la définition même d’un jeu culte.

Un grand jeu qui a contribué à faire avancer le genre

image test final fantasy iv pixel remaster

Se balader sur la world map, toujours un grand moment.

Et qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Tout d’abord, l’on trouve grotesque que d’aborder ce genre de titre avec les yeux de 2022. Bien évidemment, Final Fantasy IV Pixel Remaster propose un trip rétro, dont les originalités font désormais partie des codes indissociables non seulement de la licence, mais aussi du J-RPG. On va donc éviter tout le jeunisme détestable que l’on peut trouver chez certains Youtubers millenial peu sérieux. Mais quand bien même, on est tout de même encore bluffé par le soin apporté à l’écriture de ce FF IV. On y incarne Cecil, et ce n’est pas n’importe quel avatar : un puissant Chevalier Noir, haut gradé commandant la flotte aérienne du Royaume de Baron. Ce dernier étant notre père adoptif, vous comprendrez que ses sombres activités passent par-dessus la tête de notre personnage, sauf qu’une prise de conscience va se dérouler. Alors que les missions violentes s’enchainent afin de récupérer des cristaux, Cecil, bien aidé par son ami Kain, va comprendre qu’il est manipulé de A à Z. La prise de conscience est terrible, elle se joue à l’occasion d’un véritable drame au village de Mist. C’est là le point de départ d‘une aventure teintée de vengeance, parfois déroutante tant les rebondissements ne prennent aucune pincettes, pour le plus grand bonheur des joueurs. Et vous savez quoi ? Eh bien vous allez vivre tout ça agréablement : les sous-titres sont disponibles en français.

Final Fantasy IV Pixel Remaster garde heureusement le très rythmé système ATB inchangé. C’est toujours un véritable bonheur à maitriser : on a une jauge qui se remplit en fonction de différents éléments, comme des malus ou bonus, et l’on se doit d’attendre sa plénitude avant d’agir. Cette mécanique est désormais rentré dans la légende, on prend donc de suite nos aises, et l’on se régale de ce caractère un peu tactique. Square Enix a tout de même cherché à rééquilibrer son soft, notamment dans sa difficulté et, surtout, la fréquence des combats. Si l’on aurait apprécié une option permettant aux puristes de rejouer avec celle d’origine, il faut bien écrire que l’on est aussi soulagé de ne pas avoir à batailler toutes les cinq secondes. Par contre, on est un peu interloqué par la facilité de l’ensemble, surtout concernant des boss bien moins résistants qu’auparavant. Cela a comme effet de nous faire avancer beaucoup plus vite, donc la durée de vie fond comme neige au soleil tandis que les phases de prise de niveaux disparaissent presque. Certains s’en réjouiront, d’autres pesteront.

Final Fantasy IV Pixel Remaster propose le jeu d’origine un poil modifié visuellement. Il ne faut donc pas s’attendre à voir débarquer la narration à base de deux cinématiques que l’on appréciait dans la réédition paru en 1997 sur la première PlayStation. Dommage, mais cohérent avec l’esprit de la collection. Un constat que l’on ne renouvellera pas par la suite, pour le contenu bonus, mais passons pour le moment. La direction artistique se trouve donc un peu retouchée, avec un résultat plutôt honnête même s’il peut créer le débat. En effet, on apprécie les nouveaux sprites, plus détaillés, et les effets de lumière donnent un peu plus d’énergie notamment pendant les batailles. Par contre, on remarque des couleurs plus vives, ce qui peut s’avérer décisif pour l’ambiance parfois sombre du jeu. On comprend l’intention, cela a d’ailleurs un impact direct sur la lisibilité à l’écran, mais on perd tout de même en pertinence. Aussi, et plus dommageable, on a carrément des lieux qui se voient modifiés dans leur atmosphère : les différents donjons. Moins glauques, ils perdent un peu en impact. Vraiment regrettable, surtout qu’on ne voit pas l’intérêt d’une telle décision.

Moins de bonus, mais une musique génialement réorchestrée

image gameplay final fantasy iv pixel remaster

Le système ATB est toujours aussi convaincant.

Si l’on ne valide pas toutes les modifications artistiques, le constat est diamétralement opposé pour la bande originale. L’OST d’origine a longtemps provoqué des discussions endiablées auprès des fans de la licence, entre déception liée à la difficulté de bien exploiter le processeur sonore de la Super Nintendo et qualité de composition hors normes de certains thèmes devenus aussi cultes que le jeu. À l’occasion de ce Final Fantasy IV Pixel Remaster, le grand Nobuo Uematsu revient à la baguette afin de livrer des musiques sublimement réorchestrées de manière symphonique. Comme pour les précédents opus de cette collection, on est émerveillé par un résultat qui allie à la grande fidélité un véritable dépoussiérage en règle. On est aux anges sur quasiment tous les morceaux, notamment le thème des combat qui gagne encore en puissance. Aussi, on découvre de véritables subtilités dans les accords, approfondissant toujours plus les sentiments que cherchent à provoquer l’histoire de FF IV. Et réjouissez-vous : on peut écouter tout cela dans un jukebox dédié.

Par contre, ce jukebox n’est qu’accompagné d’un bestiaire en tant que bonus. Et c’est là notre principal regret : Final Fantasy IV Pixel Remaster se cache derrière sa pertinente approche rétro pour ne pas trop se fouler sur le contenu. Ainsi, on peut dire adieu aux donjons post-end présents dans les autres rééditions. Aussi, bye bye les épisodes complémentaires Interlude et Les Années Suivantes, tous deux disponibles dans FF IV : The Complete Collection. Si l’on ne regrettait rien pour les trois premiers opus, ici c’est tout de même plus problématique car cela atteint directement la durée de vie, mais aussi l’aspect complet de l’expérience. Ainsi, il faudra tout au plus vingt heures pour en venir à bout (et sans rejouabilité), alors qu’auparavant on pouvait multiplier ce résultat au moins par trois. Certes, cela se justifie par l’envie de coller au plus près de l’expérience initiale. Mais tout de même, cette parution est motivée par une date anniversaire, dès lors on espérait des festivités plus généreuses.

Conclusion

Final Fantasy IV Pixel Remaster est l’occasion ou jamais pour découvrir l’un des plus grands jeux de Square Enix, aussi important historiquement que ludiquement. Avec son histoire passionnante, et son gameplay toujours aussi accrocheur, ce J-RPG tient largement tête à d’autres softs du genre beaucoup plus récents, c’est dire s’il fut révolutionnaire. L’on regrette simplement un contenu en berne, faisant fi des chapitres bonus parus dans d’autres éditions. Dommage, mais cela reste pertinent avec l’esprit rétro de cette collection. Sachez, enfin, que la musique a été totalement réorchestrée par Nobuo Uematsu et son équipe, pour un résultat merveilleux.

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