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Street Fighter : 35 ans pour la référence du versus fighting

61 mn de lecture
image banniere street fighter
  • Jeu.x abordé.s : Street Fighter II, Street Fighter EX, Capcom versus SNK, ...
  • Développeur.s : Capcom, Arika, Backbone Entertainment, ...
  • Editeur.s : Capcom, Acclaim Entertainment, Virgin Interactive, ...

Bien avant la révolution Street Fighter II, Capcom sortait le premier épisode il y a déjà 35 ans

Saga emblématique du jeu de combat, Street Fighter est arrivé dès 1987 dans le premier jeu gâché par sa mauvaise jouabilité bien qu’il posait déjà la plupart des bases de ce que deviendra la franchise. Ce n’est que quatre ans plus tard que la révolution du genre surgit avec l’incontournable Street Fighter II, dès lors imité par bon nombre de firmes comme SNK, qui devient le principal concurrent de Capcom sur ce terrain. La saga n’a cessé de s’émanciper depuis avec de nombreux jeux jeux, eux-mêmes déclinés en plusieurs versions, ainsi que par un grand nombre de cross-over avec Marvel, SNK ou encore Namco.

Date de sortie : 30 août 1987 (Arcade), 4 décembre 1988 (PC Engine)image header street fighter
Développeur : Capcom
Concepteur : Takashi Nishiyama
Genre : Versus fighting
Nationalité : Japonaise
Compositeur : Yoshihiro Sakaguchi
Support : Arcade

 

Une saga aux débuts difficiles

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Le kitsch absolu des jaquettes de l’époque !

Alors que le genre du versus fighting se cherche encore dans les années 1980 après des titres comme Heavyweight Champ, Karateka, Urban Champion et Yie Ar Kung-Fu, Capcom tente un coup d’essai avec le tout premier Street Fighter, sorti sur Arcade le 30 août 1987 puis porté sur micro-ordinateurs et PC-Engine l’année suivante. Le jeu consiste en une série de combats à un contre un en vue de côté aux quatre coin du monde pour obtenir le titre de champion. On y incarne Ryu, jeune japonais en keikogi blanc entraîné par son maître aux côtés de son ami Ken, qui ne représente alors que l’avatar du deuxième joueur, pourvu d’un keikogi rouge et longs cheveux blonds. Tous deux se rendent à un tournoi de combats de rue, le World Warrior, organisé par l’empereur du muay thaï, l’imposant Sagat.

Le joueur choisit le premier pays dans lequel il se rend et doit ensuite affronter chacun des huit combattants avant de se rendre en Thaïlande. Il se retrouve alors face à deux japonais (Geki le ninja et Retsu le maître de combat), deux chinois (Lee le classique et Gen le vieux maître barbu), deux anglais (Birdie l’ex-catcheur et Eagle le gentleman avec chemise blanche, bretelles et moustache blonde) et deux américains (Joe le beau gosse torse nu et Mike le boxeur). Les derniers affrontements se déroulent contre le très agile Adon puis face au champion Sagat. Comme c’est le cas dans tous les jeux de combat des années 1980, un seul personnage est jouable et qu’il s’agisse de Ryu ou de Ken, ils se manient exactement de la même manière.

Street Fighter comporte d’emblée une bonne partie des bases de la saga : la carte du monde avec l’avion qui se dirige vers le prochain pays, l’écran versus avec les avatars des deux adversaires, le combat à un contre un en vue de côté sur deux rounds en temps limité, les poses de victoire et le décompte des points. On trouve aussi la tête défoncée des personnages vaincus accompagnée d’une petite phrase de l’adversaire, le compte à rebours (ici symbolisé par une bombe à retardement) demandant si le joueur veut continuer en cas de défaite ou encore le niveau et la musique propre à chaque personnage. Le gameplay présente déjà une certaine ambition avec trois niveaux de puissance pour les coups de poing et les coups de pied, sans oublier la parade qui s’active sur simple pression de la flèche directionnelle arrière.

Les coups spéciaux à exécuter en réalisant une manipulation précise sont également déjà de la partie : un quart de tour avant au poing pour la célèbre boule de feu Hado-Ken, ce même quart de tour au poing précédé d’une petite avancée pour le Dragon Punch appelé Sho-Ryu-Ken, et un quart de tour arrière au pied pour le Tatsumaki Senpukyaku, une toupie aérienne avançant vers l’adversaire pendant quelques secondes. Bien que non jouables, les autres personnages ont eux aussi leurs coups spéciaux, notamment Sagat avec sa boule de feu Tiger et son Tiger Knee dévastateur. On trouve aussi un stage bonus consistant à casser le plus de briques ou de parpaings possibles en un seul coup, et un autre proposant de briser de petites planches de bois tenues par des PNJ en frappant à des endroits précis.

Le jeu est graphiquement très correct et arbore une direction artistique à l’ancienne avec des paysages variés inspirés d’environnements réels comme le fait souvent Capcom : la ruelle abandonnée, le château en fond, la muraille de Chine, la rue asiatique, la gare avec des trains tagués en arrière-plan, le Mont Rushmore et ses quatre têtes gravées, la devanture d’un habitat japonais ou encore le Grand Bouddha de Thaïlande. Les musiques sont plutôt réussies mais certaines sont assez peu rythmées et d’autres assez étranges, à commencer par celle de Sagat qui ressemble à une série de percussions frappées au hasard avec une sonorité grésillante assez désagréable.

Street Fighter aurait pu être un modèle du genre si son défaut principal n’avait pas mis tout le reste en péril. En effet, malgré beaucoup de bons points, la jouabilité reste très mauvaise bien que globalement supérieure à celles des précédents jeux du même genre. Les personnages se déplacent par à-coups et sautent de manière bien trop rigide pour que le joueur puisse les diriger correctement. S’il est déjà difficile de comprendre la mécanique des coups spéciaux, relativement nouvelle en 1987, ces derniers ont parfois un mal fou à s’exécuter et le niveau de l’IA rend les combats particulièrement ardus, la victoire étant souvent due à la chance. Les collisions sont hasardeuses et tout est basé sur les coups spéciaux tellement ils tapent fort, là où les attaques classiques sont ridiculement faibles en plus d’être dures à placer. Cerise sur le gâteau, les boutons des premières bornes Street Fighter étaient conçus pour que la puissance d’appui soit proportionnelle à la puissance du coup porté par le personnage. Inutile de préciser que ce procédé s’est rapidement avéré désastreux, certains joueurs ayant eu l’ingéniosité d’y aller avec les pieds voire carrément avec des objets.

Si par miracle le joueur arrive jusqu’à Sagat, ce dernier est tellement rapide et inévitable qu’il doit s’y reprendre plusieurs dizaines de fois avant d’en découdre. La volonté des salles d’arcade étant de rentabiliser en obligeant les joueurs à remettre une pièce plusieurs fois, le concept de la difficulté abusive atteint ici son paroxysme avec un boss final qui, malgré la parade du personnage, « se force un passage à travers la virginité de notre esprit pour l’éclater comme un rond de chapeau », selon les termes de Benzaie dans son illustre Hard Corner de 2013. La jouabilité étant alors vraiment mauvaise, le premier Street Fighter s’est rapidement fait oublier malgré une jolie avancée pour le genre. Il faut alors attendre 2006 pour le redécouvrir sur PlayStation Portable dans la compilation Capcom Classics Collection Remixed sur PlayStation Portable, ainsi que dans Capcom Classics Collection 2 sur Xbox et PlayStation 2. Il est également présent dans Street Fighter 30th Anniversary Collection, sortie en 2018 sur PlayStation 4, Xbox One et Switch.

 

La Révolution Street Fighter II

image street fighter II

Des couvertures d’anthologie !

Cherchant à revoir sa copie suite à un premier jeu à la jouabilité désastreuse, Capcom s’inspire du succès de Double Dragon pour largement moderniser le genre du beat’em up. D’abord nommé Street Fighter ’89, ce nouvel épisode inaugure finalement une nouvelle licence en changeant son nom pour Final Fight, dans lequel le trio Guy, Cody et Mike Haggar en décousent avec le gang Mad Gear dans la ville de Metro City en 1989. Un jeu d’anthologie qui obtient deux suites directement sur Super Nintendo, ainsi qu’un superbe demake en SD ajoutant des mécaniques intéressantes sur NES. Ces derniers étant passés assez inaperçus, la saga revient finalement dans un versus fighting en 3D avec Final Fight Revenge, jeu d’Arcade sorti en 1999 puis porté sur Saturn l’année suivante. En 2006, Final Fight Streetwise échoue quant à lui lamentablement dans son approche de beat’em up 3D à l’ancienne.

En 1990, Street Fighter 2010 The Final Fight arrive sur NES en laissant croire à un nouvel épisode de Street Fighter dans laquelle Ken affronte des monstres dans un univers futuriste. Un jeu d’action plates-formes lui aussi passé inaperçu et dont le scénario n’a rien à voir avec la saga dans sa version japonaise. Il faut alors attendre le 6 février 1991 pour que Capcom donne vie à une véritable suite avec Street Fighter II, une puissante révolution qui apporte enfin une jouabilité digne de ce nom avec pas moins de huit personnages jouables, une véritable claque pour l’époque. Outre des graphismes de grande qualité laissant apparaître des environnements devenus culte, les musiques de Yoko Shihomura dynamisent considérablement les combats. Le scénario mentionne quant à lui une organisation dirigée par le mystérieux M. Bison, qui envoie une invitation aux meilleurs combattants des quatre coins du monde pour participer au deuxième World Warrior, qu’il organise à des fins de profit personnel.

Un character select devenu mythique !

On retrouve ainsi un Ryu fortifié accompagné de son ami Ken, avec exactement les mêmes coups spéciaux que dans le premier opus : Hado-Ken, Sho-Ryu-Ken et Tatsumaki. S’ajoutent à eux le sumotori Edmond Honda, qui représente le Japon traditionnel en voulant prouver la valeur de son art avec ses puissants coups de poing pour compenser sa lenteur, le monstrueux Blanka capable de générer de l’électricité, le catcheur Zangief dont la palette de coups s’inspire de ceux de Mike Haggar de Final Fight, ainsi que le bonze Dhalsim, redoutable hindou cracheur de flammes et capable d’allonger ses membres. Personnages-clé du scénario, le colonel William Guile cherche à venger un de ses anciens camarades tués par Bison, tandis que l’agent d’Interpol Chun Li vient dédommager l’assassinat de son père des mains de l’effroyable dictateur. Particulièrement audacieux, le choix d’une femme parmi les personnages jouables renforce considérablement la modernité du jeu.

Si Street Fighter II est aussi mythique, c’est également pour ses quatre boss combattables uniquement après avoir vaincu tous les autres. Avant de faire face à Bison, il faut en effet en découdre avec Balrog, un boxeur fortement inspiré de Mike Tyson, le matador Vega muni d’un masque froid protégeant son visage et de longues griffes d’acier à la main gauche, ainsi que le terrible Sagat, bien décidé à se venger de Ryu, qui lui avait laissé une immense cicatrice sur le torse à la fin du premier tournoi. La difficulté du jeu est assez corsée, mais suffisamment équilibrée pour que le joueur ait envie de retenter sa chance après une défaite. Reconnaître les techniques de chaque adversaire et essayer de les battre avec différents personnages s’avère être la clé de la victoire. Les stages bonus de la voiture (déjà présent dans Final Fight), du mur de brique (ajout de la version Super Nintendo), des tonneaux et des barils enflammée permettent quant à eux d’exploiter le gameplay d’une manière différente. Aussi futiles que puissent paraître les cinématiques de fin, elles font tout de même office de récompense pour un joueur parvenant à terminer le jeu à un certain niveau de difficulté et commencent à enrichir le background de la saga, notamment celles de Guile et de Chun Li, directement reliées à Bison.

image hyper fighting casting street fighter II

Un casting en hausse de 50% !

Fort de son immense succès, et avant même ses adaptations sur Super Nintendo et Game Boy, Street Fighter II obtient un premier upgrade le 10 mars 1992, intitulé Champion Edition. Jusqu’alors simple fantasme des fans, les quatre boss deviennent réellement contrôlables, passant alors le nombre de personnages jouables à douze. Outre une vitesse légèrement supérieure, des avatars affinés, des arènes aux couleurs plus sombres et la possibilité d’affronter son double, les coups spéciaux commencent eux aussi à évoluer. Ryu se démarque alors de Ken avec une légère amélioration du Hado-Ken, tandis que ce dernier gagne en portée pour son Dragon Punch. Street Fighter II’ Champion Edition est ensuite porté sur PC Engine, puis sur Mega Drive dans une version permettant également de jouer à Street Fighter II’ Hyper Fighting, deuxième upgrade sorti le 10 décembre 1992.

Rapidement adapté sur Super Nintendo sous le nom de Street Fighter II Turbo Hyper Fignting, il donne aussi la possibilité de jouer à la Champion Edition en sélectionnant le mode normal, écopant à la fois de la même chute de framerate que The World Warrior en version PAL. Aux côtés d’une vitesse de jeu largement revue à la hausse, cette nouvelle version enrichit la palette de coups spéciaux des personnages, multipliant ainsi les possibilités en combat. Innovations aériennes tout d’abord, Ryu et Ken pouvant désormais effectuer leur Tatsumaki en hauteur, tout comme Honda et Blanka écopent d’une charge à la verticale. Outre une prise aérienne pour Guile, Chun Li gagne une boule de feu et Dhalsim peut se téléporter sur quatre points de l’écran. L’IA s’adapte naturellement à ces ajouts afin de devenir plus coriace avec l’augmentation de la vitesse de jeu. Les trois premières versions de Street Fighter II se retrouvent en 1998 dans le volume 5 de Capcom Generation sur PlayStation et Saturn, disponible en Occident dans la compilation Street Fighter Collection 2.

De nouveaux avatars au charisme étincelant.

Travaillant d’arrache-pied pour sortir la version ultime de son jeu, Capcom voit dans un premier temps ses ambitions à la baisse pour concurrencer l’arrivée imminente de Fatal Fury Special, craignant qu’il lui fasse de l’ombre. Le 10 septembre 1993, Super Street Fighter II inaugure le CP System II avec une nouvelle introduction impressionnante durant laquelle Ryu envoie un Hado-Ken en plein écran sous une musique surpuissante respirant l’esprit de la saga. Sous-titré The New Challengers, ce troisième upgrade apporte principalement, comme son nom l’indique, quatre nouveaux personnages aux styles et à la nationalité plus exotiques. On trouve ainsi le hongkongais Fei Long, sosie parfait de Bruce Lee à l’instar de Liu Kang dans Mortal Kombat, de Dragon dans World Heroes et de Law dans le futur Tekken. Le jamaïcain Dee Jay pratique un kickboxing rythmé par la musique tandis que le mexicain Thunder Hawk est un lutteur à la carrure impressionnante cherchant à se venger de Shadawlaw, qui a détruit son village et fait subir un lavage de cerveau à sa femme Julia (la légende raconte qu’elle serait jouable dans Street Fighter Alpha 3).

Une deuxième héroïne fait son apparition en la personne de Cammy, une jeune et séduisante agent secret britannique au physique assez militaire et souffrant d’amnésie lui procurant une place assez importante dans le scénario. Outre une forte hausse de charisme des avatars, des musiques remixées, des décors recolorés, huit palettes de couleurs différentes pour les costumes et des fins retravaillées, les coups spéciaux évoluent encore et toujours, à commencer par le Hado-Ken bien plus impressionnant de Ryu et du Dragon Punch enflammé de Ken. Certains personnages obtiennent de nouveaux types de charge (Blanka, Balrog, Vega, Bison) tandis que Zangief devient carrément plaisant à manier avec ses nouvelles prises super stylées. Les combos sont désormais clairement renseignés et comptabilisés par des points. Porté sur Mega Drive et Super Nintendo, le jeu se voit enrichi d’un mode Group Battle proposant plusieurs combats à la suite en versus (en réalité déjà présent dans Street Fighter II’ Champion Edition sur Mega Drive), et surtout d’un excellent mode tournoi (issu de la Tournament Edition de l’arcade) qui permet de s’affronter jusqu’à huit avec un classement précis prenant en compte les poules des perdants.

image super street fighter II turbo

De multiples versions à travers le temps.

Le 23 février 1994 marque la sortie de la version la plus aboutie du soft, sous le nom de Super Street Fighter II X Grand Master Challenge au Japon. Après une nouvelle intro montrant Chun Li et Cammy avec son niveau en arrière-plan en plus du même Ryu qui jette une flamme à l’écran sous une musique plus subtile, le joueur a le choix entre trois vitesses, celle de base étant déjà plus rapide que dans la précédente version. Un rééquilibrage est réalisé sur l’ensemble du casting (Honda reste par exemple immobile durant ses mille poings et ces derniers ne durent que quelques secondes) et les coups spéciaux se font toujours plus nombreux. Ken voit notamment ses coups de pied s’affiner pour être plus proches de son style, Dhalsim obtient une yoga flame vers la diagonale haut avant, Chun Li et Dee Jay gagnent une charge verticale aux pieds tandis que Balrog peut terminer ses charges horizontales par un balayage au poing ou une feinte au crochet Déjà présent dans Art of Fighting et Fatal Fury 2, le système de furies permet de porter un impact surpuissant basé sur un coup spécial du personnage, moyennant le remplissage d’une jauge et la réussite d’une manipulation complexe, comme deux quarts de tour de suite ou une charge alambiquée.

L’ombre mystérieuse de l’introduction dévoile aussi un nouveau personnage d’importance, jouable via un code et combattable en arrivant face à Bison sous certaines conditions. Basé sur le gameplay et l’animation de Ryu, le redoutable Akuma ajoute à ses coups une téléportation horizontale à deux vitesses vers l’avant et l’arrière, ainsi qu’une boule de feu en l’air qui va vers la diagonale bas avant. S’il ne possède pas encore de furie, on peut en avoir un aperçu avec le redoutable Shun Goku Satsu qu’il assène à Bison. Si 2X n’a eu aucune adaptation sur les consoles 16 bits, il a tout de même été porté sur 3DO, Amiga CD-32 et même PC. Il sort également dans la compilation Street Fighter Collection sur Saturn et PlayStation en 1997, qui souffre de nombreux chargements et d’une forte lenteur en PAL. Outre une ressortie sur les DreamCast japonaises, un portage a lieu sur Game Boy Advance en 2001, avec une interface plus épurée, des musiques remixées, des avatars plus modernes et la possibilité de débloquer Akuma et Shin Akuma (une variante encore plus consumée par le Satsui no Hado) en cumulant des points.

Pour les quinze ans de la saga, une nouvelle version voit le jour sous le nom d’Hyper Street Fighter II, également présent dans la compilation Street Fighter Anniversary sur PlayStation 2 et Xbox, qu’il partage avec Street Fighter III Third Strike. Cette mouture a la particularité de mettre à disposition les différentes versions des seize personnages, de The World Warrior à 2X. Si les combattants des versions les plus anciennes ont fatalement moins de coups, ils frappent bien plus fort pour compenser. En 2008, le jeu obtient également un remake sobrement nommé Super Street Fighter II Turbo HD Remix sur Xbox Live Arcade et PlayStation Network, accompagné de graphismes redessinés en haute définition mais en conservant les musiques à l’identique. Il est depuis disponible en physique sur la compilation Capcom Digital Collection de la Xbox 360. Les nouveaux graphismes n’atteignant pas le charme du jeu d’origine en plus de bouleverser les hitbox, il est possible de jouer avec les sprites de 1994 mais en conservant les nouveaux décors.

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La superbe édition collector de Pix’n Love !

Il faut ensuite attendre le trentième anniversaire de la saga pour voir apparaître une dernière version en exclusivité Switch. Intitulée Ultra Street Fighter II The Final Challengers, elle ajoute notamment deux personnages inédits au sein de Street Fighter II : Evil Ryu, version maléfique du personnage principal, et, plus étonnant, le Violent Ken créé à l’occasion du cross-over SNK versus Capcom SVC Chaos. Plus pratique que dans HD Remix, on peut librement switcher entre les versions old school et remaster pour les graphismes et les musiques. Le mode en ligne est un gros atout de cette nouvelle version avec un système de classement et des requêtes de combat tandis que le mode arcade fait office de salle d’attente. Un dramatic battle fait son apparition afin de jouer à deux (aux côtés d’un autre joueur ou d’une IA) face à Evil Ryu, Violent Ken, Bison et Shin Akuma. Les deux personnages partagent la même barre de vie et un seul KO mène au game over, ce qui apporte un challenge intéressant malgré la pauvreté du contenu. Un dernier mode sympathique s’intitule la Voie du Hado et consiste à battre des sbires de Bison qui viennent vers l’écran en vue à la première personne en effectuant les coups spéciaux de Ryu via la détection de mouvement des joy-con, le tout sur le moteur graphique de Street Fighter IV. Assez rudimentaire et pas toujours très maniable, il reste agréable le long de ses cinq stages avec sa possibilité de personnaliser les statistiques de Ryu via des points d’expérience. En 2018, les principales versions de Street Fighter II sont de nouveaux jouables dans Street Fighter 30th Anniversary Collection disponible sur PlayStation 4, Xbox One et Switch.

L’influence de Street Fighter II est telle qu’il a été de nombreuses fois copié (mais jamais égalé) par la concurrence avec l’explosion du genre dans les années 1990, à commencer par SNK et ses Fatal Fury et Art of Fighting, aboutissant rapidement à la naissance de son concurrent principal : The King of Fighters. Véritable pierre angulaire de l’histoire du jeu vidéo, il est ensuite adapté de nombreuses fois en film et dessin animé, mais aussi en manga, comics et bandes dessinée. En septembre 1994 paraît même le Livre Sacré, un ouvrage recensant les coups spéciaux de chaque personnage avec de superbes illustrations, sans parler du superbe albums Merlin et ses images à coller. Auréolé d’un tel héritage encore très présent aujourd’hui, comment ne pas considérer Street Fighter II comme le meilleur jeu de combat de tous les temps ?

 

Des adaptations en tout genre

image films animes street fighter

La folie Street Fighter bat son plein à l’écran !

Succès planétaire ayant redéfini les codes de jeu de baston, Street Fighter II est rapidement adapté sur toutes sortes de supports. Au cinéma, c’est le réalisateur hongkongais Wong Jing qui lance les hostilités le 13 janvier 1993 avec une parodie très remarquée dans l’adaptation de Nicky Larson, où il est notamment possible de voir Jackie Chan revêtir de costume de Chun Li dans une séquence qui surenchérit pas mal sur les coups spéciaux des personnages. Wong Jing enchaîne six mois plus tard avec Future Cops, une adaptation non officielle de la saga avec des personnages peu ressemblants, des noms tirés par les cheveux et une réalisation assez peu convaincante.

Le 8 août 1994, Street Fighter obtient un long métrage animé dont l’introduction impressionnante dévoile le premier combat entre Ryu et Sagat sous un intense orage dans les hautes herbes. Fort bien animé, le film vaut surtout pour sa représentation des personnages ainsi que quelques scènes comme l’intrusion de Vega chez Chun Li et les retours dans le passé faisant le lien avec le futur Street Fighter Alpha, où on voit notamment Ken se détacher les cheveux pour offrir son bandeau rouge à Ryu. Il est toutefois dommage que le background de tant de personnages soit éludé au profit de séquences directement filmées à la première personne montrant de petits cyborgs ailés scanner les données des combattants. Vite lassants, ces passages font d’ailleurs l’objet d’un jeu sobrement intitulé Street Fighter Movie, sorti un peu plus d’une année plus tard sur les PlayStation japonaises.

Le 23 décembre 1994, Street Fighter succède à Super Mario Bros. et à Double Dragon dans une adaptation cinématographique américaine à l’univers bien plus réaliste et militaire. Street Fighter L’Ultime Combat ose en effet adapter le scénario différemment en plaçant Guile comme héros principal sous les traits de Jean-Claude Van Damme, face à un Bison excentrique incarné par Raul Julia. Un pari audacieux au parti pris logique quand on sait que la fin canon de Street Fighter II est celle de Guile. Capcom tente ensuite un nouveau coup de poker en 1995 avec un jeu de combat faisant s’affronter les personnages du film. Paru en Arcade puis sur Saturn et PlayStation, Street Fighter The Movie reste une alternative sympathique malgré une jouabilité largement revue à la baisse en raison de l’animation de ses combattants digitalisés.

Le 10 avril 1995, la série animée Street Fighter II Victory vient exploiter le background des personnages de manière bien plus poussée le long de vingt-neuf épisodes. Les héros y sont superbement animés dans un scénario d’abord convenu mais qui a l’avantage de présenter les combattants petit à petit avant d’en arriver à des séquences plus sombres. Intense de bout en bout, Street Fighter 2V comporte des musiques glaçantes marquant plus d’un passage d’anthologie, notamment une nouvelle dualité entre Chun Li et Vega, ce dernier faisant face à Ken dans un combat terriblement sanglant. Une série de bien meilleure qualité que le méconnu Street Fighter The Animated Series sorti quelques mois plus tard, dont la laideur des dessins n’a d’égale que les incohérences d’animation.

 

Street Fighter Zero, retour vers le passé

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Une période prolifique où les jeux ne cessent de fuser !

Après avoir bien surexploité son monument Street Fighter II avec pas moins de cinq versions différentes, Capcom se lance enfin sur une véritable suite, ou plutôt une préquel déjà teasé par certains éléments du long métrage animé. Nommé Street Fighter Zero au Japon puis Street Fighter Alpha en Occident, son scénario se situe néanmoins entre les deux premiers Street Fighter comme en témoignent la cicatrice de Sagat et la rage qu’il éprouve envers Ryu. Sous-titré Warriors’ Dreams à sa sortie sur Arcade le 5 juin 1995, il arbore un nouveau moteur graphique déjà utilisé pour des jeux comme Darkstalkers et X-Men Children of the Atom, avec des décors plus détaillés et des sprites au design très manga. La courte introduction attise grandement la curiosité avec de jolis plans sur un affrontement entre Ryu et Ken au crépuscule et l’apparition d’une mystérieuse femme, avec en fond le même Bison à forte musculature déjà vu dans l’animé.

La base du scénario reste toujours sobre avec un tournoi permettant d’affronter huit adversaires, mais le jeu revenant dans le passé, il montre l’adolescence des héros, avec Ryu et Ken rajeunis comme dans les flashbacks de l’animé. On trouve aussi une Chun Li relookée et un Sagat bien plus baraqué. Le casting s’avère assez peu étoffé car il ne comporte que dix personnages jouables, ainsi que trois cachés dans les versions Saturn et PlayStation, sorties en 1996. Une version Game Boy Color paraît également trois ans plus tard : un portage fatalement au rabais mais plutôt convaincant compte tenu des capacités de la machine. Outre les quatre personnages déjà connus, on a le plaisir de retrouver Birdie et Adon du premier Street Fighter, ainsi que Guy et Sodom directement issus de Final Fight. S’ajoutent à eux Charlie, le camarade de Guile mentionné dans sa fin de Street Fighter II, ainsi que Rose, une cartomancienne ayant un pouvoir capable de neutraliser Bison. Grâce à certaines manipulations, il est possible d’affronter Akuma ainsi que Dan Hibiki, un personnage créé pour parodier Ryu Sakazaki et Robert Garcia du concurrent Art of Fighting.

image casting street fighter alpha

Un casting laissant croire que le jeu est sorti à la hâte.

Parmi les treize personnages disponibles, trois s’avèrent alors réellement nouveaux. Mais deux d’entre eux étant des clones de Ryu et de Guile, Rose reste celle qui se démarque le plus. Pour la première fois dans la saga, le jeu comprend un mode entraînement pour tester tranquillement la maniabilité des personnages. En finissant le mode arcade avec Ken au niveau 6, on débloque même le mode team battle (plus tard appelé dramatic battle), qui permet de combattre à deux en même temps avec Ryu et Ken face à Bison, reprenant ainsi le duel final de l’animé. Si les stages bonus ne sont plus de la partie, le gameplay innove avec une garde automatique et une barre de furie en trois niveaux distincts, chaque personnage ayant plusieurs enchaînements différents. Les coups font globalement moins mal, la jouabilité étant plus détendue pour permettre aux nouveaux joueurs de s’adapter facilement. Tandis que la musique du character select se veut bien plus jazzée, la mise en scène assure le grand spectacle avec le partage de l’écran en deux par un grand Z qui mène au versus, une voix off qui annonce avec résonance les rounds et les KO, écrits en bien plus gros caractères.

Les personnages conservent essentiellement les mêmes coups spéciaux avec parfois quelques variantes, comme la toupie de Chun Li qui se voit réduite à un simple coup de pied circulaire. Le nouveau gabarit de Bison change pas mal son maniement et troque sa tornade pour de simples boules de feu, avec en plus la possibilité de se téléporter. Si Charlie reprend les deux coups principaux de Guile, Birdie fonce à la manière de Balrog et Adon pratique le muay thai avec beaucoup d’agilité. De son côté, Guy reprend sa petite toupie de Final Fight, Sodom fonce avec ses lames et possèdent de puissantes prises de catch, tandis que Rose est plus singulière avec son projectile et ses coups de foulard magiques. Quant à Dan, en bon Ryu du pauvre, il possède tout de même un Dragon Punch correct, un triple coup de pied en avant appelé Dankuukyaku, mais également un ridicule Hado-Ken qui ne va pas plus loin qu’un ou deux centimètres à l’écran.

La plupart des personnages ont leur propre décor avec parfois des monuments connus, comme la muraille de Chine pour Chun Li et le Colisée pour Rose. Chacun possède son thème musical et on retrouve des remix des jeux précédents, notamment pour Guy qui se retrouve à Metro City avec la musique du premier niveau de Final Fight. Chaque personnage a son épilogue et son propre boss selon son background. Ryu fait par exemple face à Sagat, tandis que Sodom cherche sa revanche face à Guy, Rose tente d’anéantir Bison, Chun Li apprend que ce dernier a tué son père et la fin d’Akuma dévoile pour la première fois son frère Gouken et leur maître Goutetsu. Une bonne base ludique et scénaristique qui demande toutefois à être étoffée, ce premier Street Fighter Alpha ayant un contenu assez limité et ne réitérant pas la claque de Street Fighter II malgré un renouveau convaincant.

Déjà quatre femmes dans la saga : bientôt la parité ?

Le 27 février 1996 arrive Street Fighter Alpha 2 avec quelques nouveaux personnages, de nouvelles arènes, un gameplay enrichi et, contrairement aux autres versions de Street Fighter II, des fins inédites pour tous les combattants. Le casting passe de treize à dix-huit personnages jouables avec Bison, Akuma et Dan disponibles par défaut. Gen effectue son retour du premier Street Fighter, Rolento s’exporte de Final Fight tandis que Zangief et Dhalsim arrivent tout droit de Street Fighter II. Le personnage spécialement créé pour Street Fighter Alpha 2 est une nouvelle variante de Ryu : il s’agit de Sakura, une écolière japonaise qui admire le héros et imite ses techniques ; elle sera également jouable dans Rival Schools, sorti sur Arcade un an et demi plus tard. Un code secret permet notamment d’incarner Shin Akuma sur PlayStation et Saturn, une variante d’Akuma bien plus puissante et presque entièrement consumée par le Satsui no Hado. Cette dernière version a également l’avantage de compter Evil Ryu dans son casting, variante du héros lui aussi submergé par les forces obscures.

Street Fighter Alpha 2 existe également dans une version Dash, appelée Gold en Amérique du Nord. Disponible dans Street Fighter Collection, la première contient un mode permettant de combattre Shin Akuma, dans des conditions bien trop difficiles à cause de la lenteur du jeu. La version Gold est quant à elle jouable dans la compilation Street Fighter Alpha Anthology et comporte Cammy en personnage caché derrière l’avatar de Bison. Le 1er novembre 1996, la Super Nintendo parvient à adapter le jeu avec une fidélité étonnante. Un exploit technique qui se fait vite compenser par une vitesse de jeu plus lente, un niveau sonore moins avancé et de petits chargements entre les matches. Il est possible d’y jouer Shin Akuma grâce à un code Action Replay et à l’instar de Final Fight, Sodom y est appelé Katana.

Street Fighter Alpha 2 ajoute lui aussi de nouveaux coups aux personnages comme la puissante prise de Birdie, le contre aérien de Sodom, la roulade d’esquive de Ken et les nombreuses tchatches de Dan, qu’il peut multiplier lors d’une furie qui se termine par un autographe sans causer le moindre dégât. Gen a quant à lui la particularité de disposer de deux styles de combat interchangeables tandis que Rolento enchaîne les coups de matraque, rebondit sur les murs et peut lancer un couteau depuis les airs. De son côté, Sakura dispose d’un Hado-Ken qui peut être chargé, d’un Sho-Ryu-Ken qui fait des combos à l’instar de celui de Sagat et d’un Tatsumaki qui s’élève avant d’attaquer au niveau du sol. Evil Ryu a les mêmes coups que son alter ego ainsi que la téléportation d’Akuma, tandis que Shin Akuma se reconnaît à son entrée en scène tout noir avec le signe démoniaque en évidence, à ses deux boules de feu aériennes et à sa très grande rapidité, notamment lors de la téléportation qui ne le rend pas du tout vulnérable à terme.

Les thèmes musicaux des treize personnages de base sont conservés avec parfois de légers remix tandis que les nouvelles pistes s’avèrent tout aussi agréables, notamment celle de Cammy qui rappelle la mélodie « Cross Your Heart » de la saga Castlevania. Les arènes sont bien plus marquantes et inspirées que dans le premier épisode, entre la plaine enneigée avec la lune et un toit en fond, les toilettes publiques, les hautes herbes où Ryu affronte Sagat et les chutes d’eau où Charlie combat Bison. On reconnaît aisément l’ascenseur de Rolento et la rue de Metro City comporte de nombreux personnages en clin d’œil, dont Cody et Haggar. Le système des fins reste le même avec un boss spécifique à chaque personnage, Evil Ryu et Shin Akuma n’ayant pas leur propre ending. Les treize personnages d’origine gardent les mêmes rivaux, excepté Ryu qui fait face à Akuma et Bison qui s’en prend à Ryu pour mieux le contrôler, à la manière de Street Fighter 2V.

Certaines fins reprennent directement celles de Street Fighter Alpha avec de petits enrichissements non négligeables, comme celle d’Adon dans laquelle le joueur apprend que Ryu avait en réalité battu Sagat car il s’était laissé succomber par le Satsui no Hado. Outre Chun Li qui rejoint Interpol, on peut retenir Rolento qui réinterprète l’introduction de Final Fight avec un nouveau coup de fil à Haggar, ou encore Sakura qui essuie un refus en demandant à Ryu s’il veut bien la prendre comme élève. Street Fighter Alpha 2 peut alors se définir comme ce qu’aurait dû être son prédécesseur : un jeu assez complet avec pas mal de personnages et un scénario plus étoffé. La présence d’anciens personnages dans les fins n’augurait assurément que le meilleur pour la suite…

Un character select monumental qui rivalise avec Mortal Kombat Trilogy !

Rentrant alors dans une pleine période faste, Capcom enchaîne les jeux de combat avec les nouvelles séries Street Fighter EX et Street Fighter III, mais aussi plusieurs cross-over face aux super-héros Marvel. La firme élargit même son horizon avec Super Puzzle Fighter II Turbo, un puzzle-game inspiré de Puyo Puyo avec des blocs de quatre couleurs à exploser pour remplir l’écran de l’adversaire. En 1997, Capcom surenchérit avec Pocket Fighter, un nouveau jeu de combat très axé humour avec des personnages en SD, qui propose des combats simplifiés avec des gemmes à ramasser pour remplir certaines jauges. C’est dans ce contexte que sort Street Fighter Alpha 3 pour un final extrêmement complet au niveau des personnages et des modes de jeu le 29 juin 1998. L’interface du jeu évolue drastiquement et si l’on peut regretter certaines pistes de Street Fighter Alpha 2, les nouvelles musiques sont suffisamment marquantes et variées pour dynamiser le jeu.

Les nouvelles arènes sont assez détaillées et on a le plaisir de redécouvrir d’anciens environnements comme la jungle, le casino et le ring entouré de grillages. On retrouve notamment l’intégralité des anciens combattants de Street Fighter II, soit Honda, Blanka, Balrog et Vega. De leur côté, T. Hawk, Fei Long et Dee Jay ne réapparaissent qu’à l’occasion des portages sur consoles, à commencer par la PlayStation. On note également le retour de Cody de Final Fight, en tenue de prisonnier armé d’un couteau, ayant été arrêté suite au meurtre de Belger, qui avait enlevé sa copine. Les quatre personnages réellement nouveaux sont en fait toutes des femmes, et plutôt confidentielles entre la catcheuse japonaise Rainbow Mika, l’étudiante japonaise aristocrate Karin ainsi que deux soldates de Bison similaires à Cammy, nommés Juni et Juli.

Le character select est impressionnant pour l’époque malgré de tout petits avatars pouvant faire hésiter sur l’identité de certains personnages, désormais plus d’une trentaine. Les chargements de la version PlayStation sont masqués par de très belles images de chacun des combattants du jeu, qui apparaissent à tour de rôle. Certains versus ont droit à de superbes animations si des personnages précis sont sélectionnés : on trouve par exemple Guy et Cody qui défoncent des barils, Akuma et Gen qui tentent de puissantes attaques en avant ou encore Dan qui sort d’un camion d’ananas avant de se faire assommer par Blanka. Un des nouveaux éléments de gameplay concerne la jauge de garde qui s’effrite à force de parer des coups, provoquant à terme une ouverture pour l’adversaire. Il existe également trois variantes différentes pour les furies : A-ism est le mode classique avec les trois niveaux de barre, le mode X-ism ne conserve qu’une seule furie mais la rend plus puissante tout en supprimant la garde aérienne et les contres alpha, tandis que le mode V-ism remplace les furies par de puissants combos via une barre à deux niveaux.

Street Fighter Alpha 3 a la grande qualité de comporter de nombreux modes de jeux dont quatre à débloquer.  Le Team Battle permet de faire des matches à trois contre trois avec un peu de vie qui remonte quand on gagne, le Survival propose de battre le plus d’adversaires possible avec un seul personnage, le Final Battle fait directement affronter le boss final de chaque personnage pour voir rapidement sa fin. Le Dramatic Battle fait son retour avec la possibilité d’affronter plusieurs adversaires via deux duos aux choix : Ryu et Ken, ou Juni et Juli. Le mode le plus intéressant reste de loin le World Tour, véritable aventure menant aux quatre coins du globe pour faire évoluer son personnage et débloquer les trois combattants cachés que sont Guile, Evil Ryu et Shin Akuma. Le casting passe alors de dix-huit à trente-quatre personnage jouables, une véritable orgie pour l’époque.

Les personnages obtiennent une nouvelle fois de nombreux coups spéciaux, certains n’étant disponibles qu’en A-ism, X-ism et V-ism. Concernant les nouveaux, Cody peut ramasser un couteau, donner des coups avec et le lancer, invoquer une petite tornade ou encore creuser le sol et jeter des cailloux à l’adversaire. Karin a une pose similaire à celle de Sakura mais utilise un style plus rigide, avec des enchaînements de coups et des contres. R. Mika possède de puissantes prises façon Zangief ainsi qu’un violent coup de fesse vers l’avant. Juni utilise les mêmes coups de base que Cammy mais en faisant des charges, ainsi qu’une légère téléportation et une prise. Juli possède quant à elle un coup de pied vers l’avant moins punitif ainsi que le coup de poing qui esquive les boules de feu.

Chaque personnage en combat un autre spécifique au milieu du mode arcade, puis un rival à la fin avant d’en découdre avec Bison. La même musique douce et entraînante est présente lors de chaque fin, qui aboutit presque à chaque fois à l’explosion de la base de Bison. On retient surtout que Bison voit en Ryu son nouveau corps potentiel, mais se fait détruire par ce dernier grâce au Satsui no Hado. La fin d’Evil Ryu montre d’ailleurs une nouvelle fois que c’est grâce à cette puissance cachée qu’il aurait battu Sagat par le passé. Si Charlie vient bel et bien à bout de Bison grâce à son avion de combat, le dénouement officiel rejoint celui des précédents jeux avec son sacrifice lors de l’explosion de la base. En outre, on apprend que Juli est en réalité Julia, la femme de T. Hawk dont Bison avait pris le contrôle en attaquant leur village. Rose ayant perdu contre Bison, ce dernier y a transféré une partie de son âme et après la mort de ce dernier, ses scientifiques ont pu reconstituer son corps et il s’est réveillé moins puissant à cause du pouvoir de Rose, ce qui explique qu’il ne peut utiliser son psycho power à plein potentiel dans Street Fighter II.

En 1999, Street Fighter Alpha 3 est porté sur Dreamcast (puis Saturn uniquement au Japon) dans une version où tout est déjà débloqué et où les coups spéciaux sont indiqués dans le menu en plein combat. Il est en outre possible de jouer en ligne et en Dramatic Battle avec n’importe quel personnage à un contre deux. Fort de son succès, le jeu est porté sur Game Boy Advance en 2002, avec trois personnages supplémentaires qui avaient déjà effectué leur retour dans Capcom versus SNK 2 un an plus tôt : Eagle de Street Fighter, Maki de Final Fight 2 et Yun de Street Fighter III. Cette version fait honneur à la console avec des graphismes très corrects et une jouabilité exemplaire, seule la qualité musicale étant revue à la baisse. En 2006, le portage PlayStation Portable passe à trente-huit personnages jouables avec l’ajout de la mystérieuse Ingrid, apparue dans Capcom Fighting Jam un an plus tôt. Il devient même possible de contrôler Final Bison et sa tornade dévastatrice dans certains modes de jeu.

Fort de son casting ultra complet, de ses modes de jeux très intéressants et de ses multiples systèmes de furie, Street Fighter Alpha 3 reste un des meilleurs épisodes de toute la saga. Il n’en faut pas plus pour qu’un nouveau film animé tente d’adapter ce nouveau pan du scénario le 26 avril 2000. Assez classique, il met en scène Ryu et plusieurs autres personnage dans un nouveau tournoi organisé par Shadaloo, mais sans la présence de Sagat et de Bison. Les dessins sont très typés manga avec des couleurs pâles et des pieds étrangement disproportionnés. Les combats et l’animation sont corrects mais le scénario reste trop axé sur Ryu et son soi-disant frère Shun. Le 25 octobre 2005, Street Fighter Alpha Generations dévoile le passé de la saga avec l’entraînement d’Akuma et de Gouken auprès de leur maître. Les dessins sont très soignés et l’animation plus claire que dans le précédent animé. Le scénario propose une réflexion sur le Satsui no Hado et un lien intéressant entre Ryu et Akuma explique qu’ils soient tous les deux rongés par ce pouvoir.

 

De multiples cross-over avec Marvel

image marvel capcom cross over

Une véritable institution dans la seconde moitié des années 90 !

Tandis que la folie Street Fighter II bat son plein, Capcom débute un partenariat avec Marvel pour plusieurs jeux de combat en parallèle du développement de Street Fighter Alpha. Basé sur le moteur graphique de Darkstalkers, X-Men Children of the Atom paraît en Arcade le 8 décembre 1994 avant d’être porté sur Saturn l’année suivante puis sur les PlayStation occidentales en 1998. Le jeu dispose de dix combattants dont les X-Men Wolverine, Cyclope, Colossus, Storm, Psylocke et Iceman qui doivent faire face à Omega Red, Sentinel, Silver Samurai et Spiral. Jouable uniquement dans la version japonaise, Juggernaut fait office de premier boss, immédiatement suivi par Magneto. Un code permet également de contrôler Akuma, personnage de Street Fighter encore méconnu à l’époque.

Le jeu par lequel tout a commencé !

L’univers est bien rendu avec des couleurs très vives et des musiques dynamiques. En cohérence avec les grands et larges sprites des personnages, le gameplay est basé sur le fun avec une jouabilité déjantée qui permet des sauts extrêmement hauts, la caméra suivant les personnages jusque dans les hauteurs du décor. Les coups spéciaux eux-mêmes prennent beaucoup de place avec des animations très précises. Iceman peut par exemple faire tomber une grosse boule de glace, Cyclope envoie un rayon de la taille d’un Kamehameha et Juggernaut prend à lui-seul un bon tiers de l’écran. Comme dans tout bon Street Fighter, on trouve trois niveaux de coups de poing et de pied, des coups spéciaux réalisables à base de quarts de tour et des furies à la manipulation simplifiée.

Les combats sont amusants et dynamiques mais l’effervescence peut aussi vite redescendre à cause de la difficulté du mode arcade et de la jouabilité qui empêche de donner des coups avec finesse et précision, le jeu étant plus proche d’un Darkstalkers. L’IA s’avère parfois pénible avec ses personnages qui ne cessent de se protéger, certains qui frappent beaucoup trop fort par rapport à d’autres et Magneto qui n’est touchable que pendant ses déplacements. Le mode deux joueurs constitue alors le principal intérêt du titre malgré un contenu assez limité, rapidement étoffé dans les futurs épisodes.

N’a-t-on pas tous rêvé d’incarner Spider-Man dans un jeu de combat ?

Le 24 octobre 1995, Capcom élargit son casting avec Marvel Super Heroes, qui puise cette fois-ci dans plusieurs licences du célèbre éditeur de comic books. Inspiré de la saga Infinity Gauntlet, il contient dix personnages jouables de base : Wolverine, Psylocke, Juggernaut et Magneto côté X-Men, accompagnée par Captain America, Iron-Man, Spider-Man, Shuma Gorath, Black Heart et Hulk. Faisant office de boss, Doctor Doom et Thanos sont contrôlables via un code à l’écran de sélection des personnages après avoir terminé le jeu une fois sur Saturn et PlayStation, Anita de Darkstalkers étant également de la partie dans la version japonaise. Toujours aussi bien animé, ce nouveau jeu de combat reste très simple à appréhender, avec deux ou trois coups spéciaux par personnage, des super attaques faciles d’accès et une jouabilité plus posée que Children of the Atom, sans compter la difficulté bien mieux dosée.

Un système de gemmes est également mis en place : certains adversaires en possèdent et il est possible de leur en prendre après un coup bien placé. La gemme power augmente la puissance d’attaque, la gemme time augmente la vitesse du personnage, la gemme space augmente la défense, la gemme mind augmente la barre de furie, la gemme soul recharge quelques points de vie et la gemme reality octroie de nouveaux pouvoirs. Plus agréable à jouer et surtout bien plus équilibré que son prédécesseur, Marvel Super Heroes reste assez vite vu avec son faible nombre de personnages mais va vite donner lieu à des cross-over toujours plus palpitants.

Capcom lance les hostilités !

Le 25 septembre 1996 marque la concrétisation du premier cross-over avec X-Men versus Street Fighter, qui rassemble pas moins de dix-huit personnages issus des deux univers. Le casting comporte alors huit X-Men parmi lesquels on retrouve Wolverine, Cyclope, Storm, Juggernaut et Magneto accompagnés de Rogue, Gambit et Sabretooth, ainsi que huit personnages directement issus de Street Fighter Alpha 2 avec Ryu, Ken, Charlie, Chun Li, Zangief, Dhalsim, Cammy et Bison. Des personnages cachés sévissent une nouvelle fois sur les versions consoles entre l’habituel Akuma et l’impressionnant Apocalypse, boss gigantesque dont le sprite prend la moitié de l’écran. Le jeu innove avec des combats à deux contre deux, les personnages étant interchangeables en plein combat sur Arcade et Saturn. La PlayStation manquant grandement de ram, le deuxième personnage ne peut rester en soutien que pour effectuer des contres ou une super attaque en duo. Un code permet toutefois d’intervertir les personnages à condition que deux joueurs prennent le même duo dans un ordre différent.

La jouabilité est toujours aussi bonne et les environnements sont de toute beauté, avec des animations parfois changeantes entre les rounds. La bande-son contient de superbes remix musicaux pour les personnages de Street Fighter, ces derniers étant précédés d’une petite introduction reprenant un passage lointain des musiques d’origine. Le gameplay des combattants a été adapté pour qu’ils obtiennent la souplesse de ceux de Marvel, notamment les coups spéciaux qui se veulent bien plus impressionnants et avec une bien meilleure portée, comme la yoga flamme de Dhalsim qui prend presque toute la largeur de l’écran et la super boule de feu de Ryu qui rivalise avec un rayon de Cyclope. Apocalypse est très original à combattre à la manière d’un gros boss de jeu d’action plates-formes et le final se la joue Double Dragon en nous faisant affronter notre binôme, mais sans nana à la clé.

Les coups spéciaux des personnages de Street Fighter évoluent également pour offrir plus de possibilités dans le nouvel espace proposé. De nombreux coups spéciaux deviennent alors possibles dans les airs tels le flash-kick de Charlie, les boules de feu de Ryu, le Dragon Punch de Ken et les charges verticales de Bison. Ce dernier troque une nouvelle fois sa tornade pour différentes types de boules de feu et peut même s’accompagner de sept clones pour se camoufler lors d’une téléportation. X-Men versus Street Fighter donne aussi la possibilité de lancer une deuxième furie pendant que la première s’exécute : un procédé intense et très utile repris dans les Street Fighter EX.

Les fins des personnages mélangent le scénario des deux univers de manière souvent comiques, comme Magneto qui prend la place de Bison en partant avec Balrog, Vega et Sagat, Ken qui joue avec son fils à la console, Chun Li qui rejoint l’école des mutants et Apocalypse qui se retrouve tout petit auprès de Juggeraut, ce dernier lui racontant comment il avait botté les fesses de Hulk. Tandis que Charlie se fait kidnapper par Shadaloo pour servir de cobaye, on apprécie le petit caméo de Guile. Bien plus complet que ses prédécesseurs, X-Men versus Street Fighter est une belle réussite poussant Capcom à multiplier les jeux comme à l’époque de Street Fighter II en voyant toujours plus large.

Des personnages impressionnants.

Le 25 juin 1997, c’est au tour des super-héros Marvel d’affronter la bande de Ryu et Ken dans Marvel Super Heroes versus Street Fighter. Toujours évolutif, le casting contient dix-sept personnages de base avec pas mal de X-Men en moins et d’anciens qui font leur retour. Côté Street Fighter, Cammy et Charlie laisse simplement leur place à Sakura et à Dan. Concernant Marvel, on retrouve Wolverine, Cyclope et Omega Red des X-Men, ainsi que Captain America, Spider-Man, Shuma Gorath, Black Heart et Hulk, déjà présents dans Marvel Super Heroes. Jamais avare en secrets, Capcom a également dissimulé six personnages dérivés sur l’écran de sélection. S’ajoutent alors au casting Armored Spider-Man, Mephisto, US Agent (clone de Captain America), Mecha Zangief (une version robotique créée par Bison), Dark Sakura ainsi que Shadow, un Charlie plus sombre ayant le psycho power de Bison.

Si le premier boss reste Apocalypse, il est immédiatement suivi par le redoutable Cyber-Akuma. Plus impressionnant encore que Shin Akuma, il possède un bras mécanique qu’il peut envoyer en avant ou en l’air, un œil mécanisé, des ailes qui ressortent lors des furies et un Shun Goku Satsu réalisable depuis les airs. Un boss très difficile à battre qu’il est possible de contrôler avec Apocalypse en finissant le jeu sans utiliser de continue sur Saturn et PlayStation. La version japonaise possède aussi un personnage assez spécial : il s’agit de Norimaro, un comique inspiré du japonais Noritake Kinashi, remplacé par le logo du jeu dans les autres versions.

Outre le mode Arcade, le jeu dispose d’un mode Hero Battle, qui permet de faire d’affronter des personnages de Street Fighter contre des héros Marvel et vice-versa, puis un mode Cross-Over permettant de jouer contre une équipe miroir et ainsi d’intervertir les personnages en plein combat. Si on retrouve des environnements du précédent opus, les thèmes musicaux ne sont pas les mêmes et arborent un style dynamique parfaitement en accord avec la saga. Les nouveaux arrivants de Street Fighter voient leurs coups spéciaux évoluer, Dan pouvant par exemple signer un autographe et le lancer sur son adversaire, ou encore effectuer un Shun Goku Satsu plus lent et qui lui explose à la figure. Sakura reste de loin la plus changeante avec son Dragon Punch qui s’effectue comme un Hado-Ken et ses boules de feu en diagonal, là où Dark Sakura se joue étonnamment de manière plus classique.

Les fins se veulent toujours humoristiques entre Zangief qui dîne avec ses parents et un ours, Bison qui crée un Cyber-Charlie, Sakura qui se projette dans le futur avec un fils qui ressemble à Ryu et Dhalsim qui demande à Shuma-Gorath s’il croit en la réincarnation après lui avoir fait goûter du curry. On trouve aussi Chun Li qui met des personnages du jeu en prison pour leur caractère suspect, Ken qui rêve qu’il s’est battu aux côtés de drôles de super-héros dont un qui envoie des rayons avec ses yeux, ainsi que Dan qui s’apprête à achever Cyber-Akuma avant que sa sœur n’arrive et sous-entende qu’il est un proche à lui. Une itération toujours meilleure de l’affrontement entre les deux licences, qui s’élargit encore plus avec l’épisode suivant.

Incarner Mega Man et Strider Hiryu, la grande classe !

Le 23 janvier 1998, Capcom procède à un dernier élargissement pour ce qui devient le porte-étendard Marvel versus Capcom, adapté sur la toute jeune Dreamcast puis sur PlayStation l’année suivante. Sous-titré Clash of the Super Heroes, on y trouve sept personnages Marvel dont Wolverine, Captain America, Gambit, Hulk et Spider-Man, ainsi que Venom et War Machine pour leur première apparition. Côté Capcom, seuls Ryu, Chun Li et Zangief subsistent pour laisser place à Morrigan de Darkstalkers et à des retours de personnages culte de la firme comme Mega Man, Captain Commando de Section Z, Strider Hiryu ainsi que Jin de Cyberbots. Un nouveau boss reprenant le concept d’Apocalypse fait son apparition : il s’agit d’Onslaught, une matérialisation des mauvais aspects du Professeur X et de Magneto, qui revêt une forme simple puis une autre en plein écran, jouable une fois le jeu terminé.

En terminant le mode Arcade avec des personnages précis, on obtient également des variantes de combattants : s’ajoutent alors au casting Roll de la saga Mega Man, Lilith (clone de Morrigan), Shadow Lady (forme robotique de Chun Li), Gold War Machine, Orange Hulk et Red Venom. Ken étant le premier jeu de la licence où il est absent, Ryu peut copier son style ou celui d’Akuma, devenant une sorte d’Evil Ryu. Le jeu est techniquement plus abouti et sa version PlayStation s’avère satisfaisante malgré l’absence du switch de personnage en dehors d’un mode dédié. Les temps de chargement sont courts et masqués par de jolis portraits de personnages bienvenus, à l’instar de Street Fighter Alpha 3. La version Dreamcast reste toutefois mieux animée et plus fluide avec sa jouabilité en 60 Hz. Très difficile, le mode Arcade écope toutefois d’une IA pénible car bien trop réactive, Onslaught s’avérant pratiquement imbattable, là où la version PlayStation se montre plus accessible, avec des combats plus rapides à un contre un.

Dans cette dernière itération, notre allié peut être soit un autre combattant jouable, soit un personnage Capcom parmi une large sélection. Les références se multiplient avec le soldat inconnu de Forgotten Worlds, le roi Arthur de Ghosts’n Goblins, Anita de Darkstalkers ou encore Michelle Heart de Legendary Wings. Les clins d’œil vont encore plus loin avec un stage Mega Man où on peut apercevoir le Docteur Wily, la salle de bain de Honda avec un passage secret sur la droite quand on casse deux fois le mur, ainsi que des remix comme le thème de Ryu et d’autres tirés de Strider, Captain Commando et Jin. Certains coups spéciaux prêtent aussi à sourire, notamment ceux de Shadow Lady qui peut foncer avec une perceuse et envoyer des missiles, sans oublier Mecha Zangief qui peut cracher de la vodka enflammée. Mega Man dispose quant à lui de plusieurs pouvoirs issus de différents épisodes comme le rock ball, le tornado hold et le leaf shield.

Assez expéditives, les fins s’avèrent cette fois-ci moins recherchées mais présentent tout de même des clins d’œil appréciables comme Ryu qui doit entraîner Sean de Street Fighter III à la demande de Ken pour qu’il puisse aller faire du shopping avec Eliza, Strider qui voyage à dos de baleine, Mega Man qui se téléporte à le verticale et le docteur Light qui apparaît aux côtés de Roll. Un bel aboutissement de la série de cross-over qui parvient intelligemment à renouveler son casting !

Même Capcom versus SNK 2 n’en fera pas autant !

Alors que les sorties d’épisodes de Street Fighter commencent à s’essouffler aux profits multiples cross-over, Capcom surenchérit une nouvelle fois le 24 février 2000 avec la suite de Marvel versus Capcom, rapidement portée sur Dreamcast puis adaptée sur PlayStation 2 et Xbox deux ans et demi plus tard. Sous-titré New Age of Heroes, Marvel versus Capcom 2 fait office de best-of ultime avec vingt-quatre personnages jouables d’office, auxquels s’ajoutent trente-deux supplémentaires à débloquer pour pas moins de cinquante-six personnages jouables, du jamais vu à l’époque. On retrouve ainsi tous les personnages depuis X-Men Children of the Atom (y compris les deux Wolverine différents), excepté Anita, Apocalypse, Cyber-Akuma et Onslaught,

Si Marvel n’a que deux nouveaux personnages avec les X-Men Cable et Marrow, Capcom s’est fait plaisir avec pas moins de onze nouveaux venus, dont Guile de Street Fighter, Felicia, Anakaris et BB Hood de Darkstalkers, Tron Bonne et Servbot de Mega Man Legends, Hayato de Star Gladiator, l’enfant-singe SonSon du shoot’em up éponyme et surtout Jill Valentine de Resident Evil. Deux nouveaux personnages sont également créés spécialement pour ce jeu : Ruby Heart, une femme pirate sur un bateau volant, et Amingo, un cactus humanoïde avec on sombrero. Le boss final est cette fois-ci Abyss, une puissante entité de l’univers X-Men possédant trois formes à affronter.

Étant donné le très grand nombre de personnages jouables, Marvel versus Capcom 2 ne comporte aucune fin, juste des images et un générique commun à tous. On a néanmoins de quoi passer des heures dessus étant donné qu’enchaîner des modes Arcade rapporte des points permettant d’acheter les nouveaux personnages, de nouvelles couleurs, des artworks et des arènes. À la seule exception du bateau de Ruby Hearts, ces dernières restent très générales et sans réel rapport avec les deux univers, ce qui est assez dommage. La grande nouveauté de cet épisode est que les combats se font désormais à trois contre trois, dans un round unique où il est possible d’intervertir les personnages à tout moment. Les jauges d’énergie permettent d’effectuer des contres spéciaux et des furies, y compris en binôme et en trinôme. Le panel de coups a été simplifié dans le sens où il ne reste que deux boutons pour les poings et les pieds, les gâchettes étant réservées aux caméos de partenaires.

Dhalsim peut désormais bouger à sa guise dans les airs en position de yoga, Sakura doit faire une manipulation en plein combat pour devenir Dark et Roll obtient les items de Mega Man, les deux personnages pouvant faire apparaître leurs robots géants depuis les airs. Parmi les nouveaux venus, Guile peut effectuer son flash-kick dans les airs, Amingo possède des coups décalés à base de plantes et de légumes, Hayato a la particularité de posséder plusieurs combos à la Tekken et Ruby Heart peut foncer trois fois de suite en changeant de direction. Le personnage le plus génial de tous est sans aucun doute Jill Valentine, qui peut aussi bien faire apparaître un zombie, un corbeau, un chien et même Tyrant, en plus de ses attaques au lance-grenades et au lance-roquettes. Marvel versus Capcom 2 a sans doute été le cross-over Marvel le plus marquant grâce à son casting de folie, ses nouveautés de gameplay et ses musiques toujours plus entraînantes. Une licence qui reviendra d’ailleurs onze ans plus tard avec Marvel versus Capcom 3.

 

Un passage à la 3D très remarqué

image street fighter ex

Une série de jeux au genre unique dans la saga !

Alors que Street Fighter Alpha font enfin évoluer la licence après les multiples versions de Street Fighter II, Capcom cherche à s’attaquer à la 3D pour se mesurer aux concurrents sérieux que sont Virtua Fighter et Tekken, voire prendre de l’avance sur Mortal Kombat dont le quatrième épisode tarde à sortir. Après avoir concocté le sympathique Star Gladiator, la firme confie sa saga à la société Arika pour mesurer le potentiel d’un hypothétique Street Fighter III en trois dimensions. Street Fighter EX paraît alors en Arcade le 30 novembre 1996 avec dix personnages sont jouables dès le début, dont les classiques Ryu, Ken, Guile, Chun Li et Zangief. La grande première est qu’Arika a aussi créé ses propres personnages, dont l’originalité et le design des avatars procurent un puissant cachet à cet épisode. Hokuto est une jeune adepte du jujitsu en kimono, Cracker Jack un robuste garde du corps avec de sérieux airs de cow-boy, Doctrine Dark un tueur psychotique dérangé portant un masque, Pullum Purna une jeune arabe au style de combat dansant spécialisé dans les pieds, et Skullomania un drôle d’énergumène très souple en costume de squelette.

Au fur et à mesure des parties, cinq autres personnages peuvent être débloqués, dont Akuma que l’on peut combattre en boss final si on arrive jusqu’à lui sans perdre le moindre combat. On trouve ensuite, Blair Dame, une femme aux cheveux bleus aux pieds et aux poings très puissants, le lutteur hindou Darun Mister, le combattant amnésique Kairi stimulé par une voix résonnant en lui, et le karatéka Allen Snider. Si Bison est toujours présent en tant que boss, le nouveau venu Garuda vient exploser le charisme de tous les personnages réunis avec sa tenue de samouraï, son faciès squelettique et ses pointes dévastatrices. Trois mois plus tard, le jeu subit un upgrade du nom de Street Fighter Ex Plus, avec d’excellents remix musicaux et quatre nouveaux personnages jouables : Evil Ryu, une version sombre de Hokuto appelée Bloody Hokuto, un être translucide du nom de Cycloid Bêta et un autre en fils de fer appelée Cycloid Gamma, dont le gameplay est un assemblage de coups spéciaux de plusieurs personnages. Outre quelques changements de couleurs dans les menus et les décors, le jeu reste identique et ce n’est que quelques mois après qu’il paraît sur PlayStation sous le nom de Street Fighter Ex Plus Alpha, qui ajoute Dhalsim et Sakura au casting pour un total de vingt-trois personnages jouables.

image casting street fighter ex

Des avatars ultra stylés pour un des meilleurs jeux de la saga !

Outre le mode arcade qui consiste en une dizaine de combats se terminant par Bison, le team battle se déroule en cinq contre cinq, mais avec la barre de vie qui se recharge entièrement pour le gagnant. Le time attack consiste à battre plusieurs séries de personnages le plus vite possible tandis que le survival propose d’affronter des personnages toujours dans le même ordre avec un peu de vie qui se régénère à chaque victoire. De nouveaux défis géniaux apparaissent avec le mode expert, qui consiste à réussir une quinzaine de combinaisons par personnage, allant de simples coups spéciaux aux combos très difficiles à enchaîner. À la clé se débloquent les quatre personnages apparus dans la deuxième version du jeu, la possibilité de jouer avec la version upgradée des trois boss, mais aussi le mode barrell qui effectue son grand retour dans une version proposant de détruire le plus de tonneaux possibles en deux minutes.

Les arènes conservent un cachet particulier grâce aux décors précalculés tandis que les musiques varient entre plusieurs registres et montent régulièrement en intensité. Un peu plus lent que les épisodes classiques, Street Fighter EX reste très maniable et pourvu d’une hitbox bien réglée. Les coups spéciaux sont consultables en plein combat et certains coups envoyant valdinguer assez loin, il est courant qu’un personnage sorte de l’écran de base. La caméra ramène alors son agresseur vers lui, un système assez ingénieux en l’absence de murs. Les coups spéciaux habituels évoluent eux aussi, comme le Tatsumaki qui est remplacé par plusieurs coups de pieds à effectuer à la suite et le Hado-Ken de Ryu qui ne peut plus s’enflammer. Si Allen et Kairi ont des coups similaires à Ryu et Ken, C. Jack se rapproche plus de style de Balrog et Darun du style de Zangief. Si Pullum est assez similaire à Cammy, D. Dark joue la carte de l’originalité avec ses lames et ses explosifs, Skullomania se montre rapide et souple, Blair effectue un balayage et des combos très efficaces tandis que Garuda trucide littéralement ses adversaires avec de redoutables attaques à base de pointes.

Nombreuses et variées, les furies ont la particularité de pouvoir s’enchaîner pour réaliser des combos dévastateurs tandis qu’il est possible d’utiliser une des trois jauges pour étourdir l’adversaire avec un coup imparable. Certaines s’émancipent des attaques habituelles, comme Zangief qui effectue un combo de coups de pied écrasant vers l’avant, Dhalsim qui enchaîne son adversaire en l’envoyant dans les airs et D. Dark qui enchaîne des coups tranchants avec une bombe. Les furie de niveau 3 sont également légion entre la prise ultime de Zangief et le Shun Goku Satsu d’Akuma et Evil Ryu. Street Fighter EX étant résolument à part, le jeu ne comporte pas de scénario précis et il faut aller chercher dans notice pour avoir des informations sur les personnages. Hokuto s’avère alors être la sœur de Kairi, C. Jack le garde du corps de Blair, Darun celui de Pullum, D. Dark un ancien soldat de Guile, et Skullomania un ancien bureaucrate dont le costume vient d’un salon publicitaire.

Les fins ne présentent pas vraiment de scénario mais mettent à profit le moteur du jeu dans des scènes en images de synthèses durant chacune une vingtaine de secondes sous une unique musique de fond. Certaines d’entre elles valent le détour comme C. Jack qui défonce un train d’un seul coup de poing, Zangief qui fait la danse cosaque dans différents environnements, Guile qui s’entraîne sur un avion et Cycloid Gamma qui court avec un petit chien en fils de fer. N’ayant pas fait l’unanimité auprès des fans, Street Fighter EX reste assez unique en son genre et un excellent titre grâce à ses nombreux modes de jeu et à ses personnages charismatiques.

Un casting des plus alléchants !

À la suite du succès d’estime de Street Fighter EX, Arika met en chantier un deuxième épisode qui arrive en Arcade le 12 mars 1998 en restant très fidèle aux bases du premier jeu. Seize personnages de bases sont jouables dans la première version, dont Ryu, Guile, Ken, Chun Li, Zangief, Dhalsim, C. Jack, D. Dark, Hokuto et Skullomania, accompagnés par Blanka et Vega qui signent leur première apparition modélisée. Parmi les nouveaux combattants se trouvent Sharon, la sœur de Blair, espionne et assassin, ainsi qu’Hayate, une fine lame japonaise ayant vaincu un démon au katana. En personnages cachés, Kairi effectue son retour, désormais habité par le démon comme en témoignent ses cheveux grisonnants et ses coups surnaturels. On trouve aussi Nanase, la petite sœur d’Hokuto et Kairi qui maîtrise le bojutsu avec un long bâton, Shadowgeist, un personnage sombre à l’apparence maléfique utilisant d’étranges pouvoirs, ainsi que Garuda, toujours en tant que redoutable boss. Moins marquants que dans son prédécesseur, les environnements restent assez jolis et typés tandis que les musiques sont peu nombreuses et bien plus discrètes. Si la modélisation des personnages est de bien meilleure qualité, les chargements s’avèrent un peu plus longs.

L’année suivante, le jeu est upgradé sous le nom de Street Fighter EX 2 Plus, marquant ainsi le retour de Pullum, Darun, Bison, mais aussi de Sagat qui fait sa première apparition en 3D. Les deux derniers nouveaux se dévoilent alors : Area, une jeunette blonde munie de rollers, ainsi que Vulcano Rosso, un mec stylé avec une mèche bicolore possédant un sacré arsenal de coups puissants. Garuda, Kairi et Shadowgeist sont quant à eux des personnages cachés. Lors de son portage sur PlayStation, Hayate refait surface comme combattant à débloquer aux côtés des trois précédents. Au total pas moins de vingt-quatre personnages sont donc jouables, les regrettés Blair et Allen étant devenus exclusifs à Fighting Layer, un autre jeu de combat d’Arika sorti uniquement en Arcade. On remarque également l’absence d’Evil Ryu, de Bloody Hokuto et des deux Cycloid, mais aussi, plus étonnant, celle d’Akuma et de Sakura.

Au niveau des modes de jeu, le time attack et le survival disparaissent, le bonus des tonneaux est directement accessible et le mode maniac consiste à vider la barre entière de l’adversaire en effectuant un seul et même combo. Le team battle évolue enfin pour ne recharger que quelques points de vie au personnage gagnant, mais limite chaque session à une arène et une musique uniques. À l’instar d’un Tekken, il est même possible d’y choisir des personnages au hasard avec les avatars dévoilés au dernier moment. Le mode arcade reste le plus intéressant avec ses trois parties composées de quatre combats, deux stages bonus puis Garuda, Sagat et Bison en guise de boss. Il existe aussi une version plus puissante de ce dernier appelée Bison II, accessible selon le nombre de points marqués. Le bonus Excel Break met à profit une nouveauté de gameplay : le mode excel, qui consomme une barre de furie pour faciliter les combos pendant quelques secondes, à la manière du V-ism de Street Fighter Alpha 3. Quant au Satellite Fall, il propose de détruire un satellite qui traverse l’écran accompagné de météorites.

Les coups spéciaux évoluent come à l’accoutumée, Ryu retrouvant son Hado-Ken enflammé, Ken son Tatsumaki classique effectuable dans les airs tandis que plusieurs personnages peuvent feinter leurs coups. Dhalsim peut saisir son adversaire à distance, D. Dark troque son dragon-punch par un coup de fil vers les airs et Kairi évolue fortement avec ses poings habités par des flammes. Concernant les nouveaux venus, Nanase attaque avec un bâton, Vulcano Rosso envoie des ondes de choc et Area attaque à l’aide d’une arme bionique. Sharon allie le style de Blair au maniement d’armes à feu, Shadowgeist est très agréable à contrôler grâce à ses coups variés tandis qu’Hayate attaque au katana et tournoie dans les airs à la manière de Garuda. En plus des furies habituelles, chaque personnage possède un Meteor Combo plus ou moins dévastateur utilisant les trois barres de la jauge. Le spectaculaire va parfois assez loin, comme Zangief qui bondit avec son adversaire jusqu’en dehors de la planète et jack qui fait rebondir le sien sur une planète voisine avec sa batte de base-ball. Globalement moins marquant que son prédécesseur, Street Fighter EX 2 reste un très bon jeu grâce à ses stages bonus, ses nouveaux personnages typés et l’apport des Meteor Combos.

image casting street fighter ex 3

Un panel riche mais trop ressemblant au précédent.

Sorti aux line-up japonais et américain de la PlayStation 2, Street Fighter EX 3 rate le coche de la vitrine technologique et de la version ultime de sa série malgré des qualités non négligeables. Si le moteur graphique a été refait pour le nouvelle génération de consoles, les graphismes ne rendent pas vraiment hommage aux capacités de la machine et font pâle figure face à Tekken Tag Tournament. Plus étonnant encore, le casting est pratiquement le même que celui de Street Fighter EX 2 Plus : tandis qu’Hayate disparaît, Sakura effectue son retour et le seul nouveau personnage, Ace, écope d’une apparence quelconque et ne possède pas ses propres coups spéciaux. Dix personnages sont déblocables en terminant le mode arcade, mais il ne s’agit malheureusement que de visages connus. Ce dernier a toutefois l’originalité de proposer plusieurs types de combat et de permettre le recrutement du dernier combattant vaincu. On trouve alors du dramatic battle, où l’on combat trois adversaires avec peu de points de vie sur le même écran, du tag battle où on affronte un adversaire que l’IA peut interchanger avec un autre, un combat contre Garuda qui fait office de middle-boss avant de retrouver Sagat et Bison.

Le mode arcade met également en place un système de médailles, que l’on gagne en réussissant des défis à chaque match. Obtenir toutes les médailles d’argent permettent de jouer avec Bison II dans certains modes, celles en or donne accès à Evil Ryu et la légende raconte que les platines débloquent un mode permettant de se mesurer à True Bison, une forme encore plus puissante. Le mode training expert est remplacé par un character edit mode permettant d’acheter des coups spéciaux pour Ace en réalisant des enchaînements de plus en plus complexes. On retrouve des techniques de Blair et d’Allen mais la plupart des coups proposés restent déjà connus et les nouveaux se veulent assez excentriques, comme la furie qui envoie des missiles à la manière de Shadow Lady dans Marvel versus Capcom.

À l’instar de son prédécesseur, Street Fighter EX 3 ne parvient pas à retrouver le cachet de l’univers du premier jeu, avec des décors tout justes jolis et plusieurs musiques assez quelconques. Mis à part le thème enjoué d’Area, la superbe modernisation de celui de Vega, le ton humoristique de celui de Vulcano Rosso et la musique à consonance royale du boss du mode arcade, aucune ne tire vraiment son épingle du jeu. Pour tenter de masquer cette lacune, la plupart des personnages retrouvent leur thème de Street Fighter EX Plus Alpha et Shadow Geist emprunte celui de Bison dans Street Fighter EX 2. A contrario, les avatars de personnages sont réussis et certains effets de modélisation valent le coup d’œil, comme la chevelure étincelante de Garuda, qui fait clairement partie des éléments les mieux travaillés.

Au niveau du gameplay, on trouve des momentary combos qui consistent à enchaîner un coup spécial après un premier pas tout à fait fini, par exemple un Sho-Ryu-Ken à la suite d’un Hado-Ken. Certains personnages gagnent également des coups spéciaux ou subissent des modifications, comme Jack qui obtient une chope où il frappe son adversaire au sol, Garuda qui peut faire apparaître des pointes un court instant sur son dos et Kairi qui peut se téléporter en hauteur vers l’avant. La principale nouveauté vient des duos de personnages qui peuvent effectuer des Meteor Tag Combos en mode tag battle. C’est par exemple le cas de Guile et Chun Li qui explosent tout avec leur tornade et leur boule de feu, Pullum et Darun qui rebondissent sur leur victime ainsi que Blanka et Dhalsim qui carbonisent leur adversaire.

Street Fighter EX 3 présente donc un bilan mitigé. Loin d’être mauvais, pourvu de quelques curiosités et de nombreux modes intéressants, il souffre néanmoins d’un manque de renouvellement, à commencer par son casting qui n’apporte aucun réel nouveau personnage, des graphismes qui font le minimum syndical et un scénario trop peu mis en valeur à cause de simples textes apposés au personnage avec qui le jouer termine le mode arcade. Sorti précipitamment, il aurait pu être bien meilleur mais reste un jeu de choix pour tout amateur de la saga.

 

La nouvelle génération

image street fighter III

Une nouvelle série qui fait (presque) table rase du passé !

Alors que Capcom multiplie les épisodes avec les Street Fighter Alpha, les cross-over Marvel et la série Street Fighter EX, la saga inaugure le Capcom Play System 3 avec Street Fighter III. Lancé le 4 février 1997 dans les salles d’arcade, ce nouvel épisode annonce d’emblée la couleur avec son sous-titre The New Generation, le scénario se déroulant quelques années plus tard et avec un casting rajeuni presque totalement inédit. Largement mis en avant sur l’affiche et la cinématique d’introduction, le lutteur américain Alex, inspiré par Hulk Hogan, était à la base prévu comme nouveau personnage principal. Mais pour laisser un minimum de repères aux joueurs, Capcom choisit finalement de conserver Ryu et Ken. S’ajoutent à eux le boxeur anglais Dudley, la capoeiriste kenyane Elena, la japonaise Ibuki adepte du ninjutsu, le jeune brésilien Sean entraîné par Ken ainsi que les jumeaux hongkongais Yun et Yang pratiquant le kenpo, neveux de Lee du premier Street Fighter. On trouve aussi des combattants assez étranges comme Oro, un maître japonais âgé de cent quarante ans maîtrisant le senjutsu ainsi que Necro, un russe génétiquement modifié pouvant tordre ses membres dans tous les sens.

Le nouveau boss est une entité du nom de Gill, un homme imposant à la peau partagée entre bleu et rouge qui dirige une secte projetant de répandre sa foi au monde entier en rapatriant les meilleurs combattants à sa cause. Il est possible de le contrôler après l’avoir battu une fois en mode arcade, pour un total de douze personnages jouables. Porté près de trois ans plus tard sur Dreamcast dans une compilation regroupant les deux premières versions de Street Fighter III sous le nom de Double Impact (petit clin d’œil au film avec Jean-Claude Van Damme), il fait partie des exclusivités phare de la console et s’avère être une véritable claque graphique et technique grâce à ses animations en 2D très détaillées. Fidèle aux précédents volets, le jeu enlève toutefois la garde aérienne et ajoute une jauge d’étourdissement. On peut désormais effectuer une petite roulade au moment de tomber sur le sol pour mieux se relever, un saut un peu plus élevé et un dash en avant ou en arrière. La plus grande innovation reste le système de parry, qui permet de bloquer l’attaque d’un adversaire au moment précis il ou frappe. S’ensuit alors un court instant où on peut prendre l’avantage et asséner des combos dévastateurs, à l’image de la célèbre prouesse du joueur professionnel Daigo Umehara à l’Evolution Championship Series 2004.

image new generation street fighter III

Retour à un casting plus épuré.

Comme à l’accoutumée, Capcom associe chacun de ses personnages à un environnement bien travaillé tiré d’une ville précise. Sean combat par exemple sur une place enneigée avec un sapin et des gratte-ciel, Ryu sur un pont surplombant un village japonais décoré d’un cerisier, Dudley sur une place londonienne pluvieuse laissant apparaître Big Ben tandis que Gill dévoile une certaine prestance avec une mer agitée et des colonnes rappelant la Grèce antique. Les compositions arborent un style détendu très agréable, allant de pair avec le renouveau de la saga et s’enchaînant naturellement avec le dynamisme des rounds.  Une courte mélodie fait brillamment le lien entre l’écran de victoire et le combat suivant, une image montrant le vainqueur sur une pose avantageuse et le vaincu ravagé avec de nombreuses traces de coups. La mélodie du character select est cool et agréable et les musiques des stages vont du calme au légèrement vitaminé, sans compter le thème de Gill, bien plus grave, qui fait bien comprendre au joueur qu’il n’a pas n’importe qui en face de lui.

Toujours plus précis dans la gestion des coups, Street Fighter III donne une allonge supplémentaire à ses personnages, avec un maniement plus souple mais pas facile à maîtriser. Ryu ne possède ni Hado-Ken enflammé, ni Tatsumaki aérien, mais gagne un puissant coup de pied en avant. Alex utilise diverses chopes, Yun et Yang s’inspirent de Gen dans la fermeté de leurs attaques, Sean crée son propre style en s’inspirant de Ken et Ibuki utilise diverses techniques ninja comme le kunai et la glissade. De leur côté, Elena attaque uniquement aux pieds, Dudley uniquement aux poings avec un style plus raffiné que celui de Balrog tandis qu’Oro et Necro ont un maniement très particulier, ce dernier puisant dans les techniques de Blanka et de Dhalsim pour sa décharge électrique et l’allongement de ses bras. Quant à Gill, il utilise de puissantes attaques de feu et de glace. À l’exception du boss, chaque personnage possède également trois furies mais ne peut en choisir qu’une seule avant chaque match. Si plusieurs d’entre elles demandent de marteler une touche pour augmenter leur efficacité, Ryu possède de son côté un Hado-Ken électrique chargeable et Elena peut utiliser sa jauge pour recharger un quart de ses points de vie.

Les fins des personnages restent présentées sous forme d’images fixes mais gagnent en qualité d’animation. On trouve du très simple avec Yun et Yang qui s’amusent sur le marché, du comique avec Ken qui se prend un coup entre les jambes par son fils Mel, mais aussi du background plus recherché avec Necro qui veut se venger de Gill avant de se faire piéger par ce dernier. Dudley reçoit quant à lui une voiture pour sa victoire, marquant la première apparition de sa mystérieuse secrétaire Kolin, jouable vingt ans plus tard dans Street Fighter V. Quant à Gill, son ending raconte une légende mentionnant un garçon contrôlant les éléments né pour sauver le monde d’un désastre certain. Pour sa première version, Street Fighter III s’en sort donc avec les honneurs grâce à sa superbe réalisation, à son renouvellement osé de la saga et à ses singularités de gameplay. Malgré un contenu assez limité, il se démarque largement de ses prédécesseurs et impose son style avec de jolies évolutions à venir.

image second impact street fighter III

Akuma récidive !

Le 30 septembre 1997, soit à peine huit mois après Street Fighter III, une deuxième version arrive en Arcade avec suffisamment peu d’ajouts pour supposer, comme à l’époque de Street Fighter Alpha, que tout aurait pu être inclus dans la première. Intitulé Street Fighter III Second Impact, ce nouveau jeu sépare définitivement Yang de Yun dans le character select, y ajoute Akuma comme personnage caché et dévoile surtout deux nouveaux combattants : Hugo et Urien, d’où le sous-titre « Giant Attack » pour désigner la grande taille de leurs sprites. Si le premier n’est autre qu’un membre de la famille Andore bien connue de Final Fight, le second se révèle être le frère cadet de Gill, avec un corps d’une carrure parfaitement similaire. Le mode arcade se déroule désormais en huit matches, seul huit personnages sur quinze combattant Gill en guise de dernier boss, les autres faisant face à un rival. Les stages bonus effectuent leur retour avec un entraînement au parrying consistant à contrer vingt ballons de basket lancés par Sean à un rythme de plus en plus rapide et complexe. Selon la performance du joueur, il est possible de combattre Akuma à la place du dernier opposant, et même Shin Akuma directement après selon comment se déroule d’affrontement face à Akuma.

Si quelques terrains restent les mêmes, un certain nombre de changements a été opéré, à commencer par le niveau de Londres qui passe de jour et sans pluie, le niveau de Nairobi qui au contraire passe de nuit et les bains publics de Tokyo qui s’apparentent désormais à Ryu. Alex combat désormais sur un toit arborant un grand drapeau des États-Unis, Sean se retrouve dans une rue de Sao Paulo avec une voiture écrasée par des pastèques, Akuma près d’une source du Mont Fuji et Hugo à proximité d’un bateau munichois, son acolyte Poison, ennemi récurrent de Final Fight, faisant toujours une apparition en début de combat. Si Urien apparaît en plein désert égyptien, Gill se retrouve dans un lieu sacré bien caché avec des membres de sa secte. Presque intégralement changé, les musiques deviennent plus calmes et pas spécialement plus marquantes. Outre le jingle du versus simplifié et le léger remix du texte de fin de combat, les mélodies à retenir sont surtout le character select décontracté, le nouveau thème mystique de Gill et les musiques plus enjouées de personnages comme Ken et Dudley.

La grande nouveauté de Street Fighter III Second Impact est l’utilisation d’attaques EX, utiles pour rendre les coups spéciaux plus puissants. Ryu et Ken envoient par exemple des Hado-Ken enflammés, Ryu effectue un Tatsumaki très rapide sur place tandis que celui de Ken fonce plus rapidement vers l’adversaire. Si le coup de pied en avant de Ryu cause moins de dégâts en mode EX, il envoie valser l’adversaire beaucoup plus fortement. Certains personnages obtiennent aussi quelques coups supplémentaires, comme Ryu et Ken qui peuvent à nouveau faire leur Tatsumaki dans les airs, Dudley qui saute puis rebombe à la verticale avec ses poings en avant et Yang qui se détache enfin de Yun en obtenant une magnifique baffe circulaire et un coup de mains avec davantage de portée. Concernant les nouveaux venus, Hugo enchaîne sans surprise les chopes dévastatrices tandis qu’Urien peut envoyer une boule de feu dans trois directions et foncer l’épaule en avant avec une jouabilité similaire à celle de Gill.

Alors que les furies évoluent, certaines se démarquent tel le bouclier d’Urien, qui arrête les attaques et endommage l’adversaire s’il le touche. De son côté, Gill troque sa résurrection contre un Meteor Strike, qui consiste en une pluie de météores de feu et de glace à moyenne portée. Les fins des personnages déjà connus restent les mêmes tandis qu’on voit Hugo s’associer à plusieurs personnages lors d’un match de catch, durant lequel différents adversaires comme Mike Haggar sont mentionnés. Outre Akuma qui provoque une fissure sur toute la largeur d’une montagne australienne, Urien devient président des Illuminati avant de se rendre compte que Gill reste toujours au-dessus de lui en tant qu’empereur. Street Fighter III Second Impact constitue donc une belle mise à jour du jeu d’origine, avec un peu plus de personnages et une richesse de jeu accrue.

image third strike street fighter III

Une sélection bien connue des joueurs professionnels.

Il a fallu attendre le 12 mai 1999 pour que la version ultime de Street Fighter III arrive enfin sur Arcade, puis l’année suivante toujours en exclusivité DreamCast avant d’être portée quatre ans plus tard sur PlayStation 2, et uniquement dans la compilation Street Fighter Anniversary Collection sur Xbox. Sous-titré « Fight for the Future », Street Fighter III Third Strike fait partie des épisodes préférés des compétiteurs aux côtés de Super Street Fighter II X et vient rajouter de la richesse de jeu ainsi que de nouveaux combattants, à commencer par Chun Li qui fait sa première incursion dans Street Fighter III. On trouve également la karateka Makoto, le premier Français de la saga du nom de Remy, l’humanoïde multiforme Twelve créé par les Illuminati ainsi que le mystérieux Q, un androïde rappelant fortement le personnage principal de la série japonaise Robot Detective.

À l’instar de Street Fighter EX 3, le mode arcade laisse le choix entre deux adversaires pour la plupart de ses combats, Q apparaissant en huitième si on arrive jusqu’à lui sans perdre de match, suivi d’un rival propre à chaque personnage avant d’en découdre avec Gill. Le stage bonus de la voiture fait son grand retour tandis que le traditionnel écran avec l’adversaire vaincu est remplacé par notre personnage seul qui se voit attribué un rang selon sa performance. Les parrys sont alors mis à profit pour débloquer une version jouable du boss, terminer le jeu avec un rang A en requérant une très bonne maîtrise. Gill est toutefois jouable d’office dans la version online du jeu, sortie sur PlayStation Network et Xbox Live Arcade en 2011.

Les attaques EX consomment cette fois-ci un tiers de la jauge de furie afin de modérer leur utilisation, Akuma n’y ayant toujours pas accès. Les arènes sont en bonne partie renouvelées et les musiques affirment leur style avec une introduction et un character select sous fond de rap et de hip-hop, ou encore une référence à James Bond pour le thème de Yun et de Yang. Alors qu’Hugo se retrouve dans un grenier assez glauque rempli de jouets, Chun Li se bat dans un village chinois désertique, Remy dans une étrange basse-ville au clair de lune et Makoto dans la cour de son dojo. Si Q ne possède aucune arène propre, Urien se retrouve dans une grotte sur fond de ruines aztèques et Gill se combat à l’entrée du temple des Illuminati.

Les coups spéciaux évoluent une nouvelle fois : Yang peut par exemple passer à travers l’adversaire en fonçant à la manière Vulcano Rosso dans les Street Fighter EX, Elena gagne un double balayage façon Eddy Gordo dans Tekken 3 et Ikubi peut effectuer un large saut et lancer un kunai depuis les airs. Chun Li retrouve ses coups classiques comme les mille coups de pied, la boule de feu, la toupie et son grand écart, Remy possède un style proche de celui de Guile, Makoto pratique un karaté traditionnel percutant, Twelve peut passer ses bras dans le sol pour attaquer depuis différentes distances tandis que Q s’avère assez rigide à contrôler. Au niveau des furies, on peut retenir le lancer de kunais d’Ibuki avant de foncer plusieurs fois de chaque côté, l’augmentation de puissance des furies d’Oro et la possibilité qu’a Twelve de copier le style de son adversaire, à la manière de Shang Tsung dans Mortal Kombat.

Parmi les fins, on peut retenir Chun Li qui retrouve une petite fille perdue et entraîne des enfants, Remy qui fait part d’un émouvant récit sur le corps de sa sœur conservé dans de la glace, Twelve qui est présenté comme un être invincible dans un laboratoire, Urien qui enferme Gill dans un incubateur avant de le faire exploser dans une tour en plein désert, ou encore Yun qui crée un chemin à travers la mer après avoir revêtu l’apparence de Gill. Maîtrisé de bout en bout, Street Fighter III Third Strike présente donc un très bon bilan, mais reste réservé aux grands fans de la technicité, le jeu demandant un sacré entraînement pour s’habituer à maîtriser les parrys. La saga principale commence ensuite à rester en retrait au profit des cross-over qui ne cessent de se multiplier, notamment entre Capcom et SNK.

Suite du dossier à venir petit à petit courant septembre !

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