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Famicom : la console mythique de Nintendo célèbre ses 40 ans !

22 mn de lecture
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  • Jeu.x abordé.s : Super Mario Bros, The Legend of Zelda, Metroid, ...
  • Développeur.s : Nintendo, HAL Laboratory, Namco, Irem, Taito, ...
  • Editeur.s : Nintendo, Capcom, Konami, Hudson Soft, Square, Enix, ...

Déjà 40 ans pour l’incroyable Famicom !

Sortie en plein krach du jeu vidéo suite à la surproduction de titres qui se ressemblent, la Famicom marque l’intention de Nintendo d’ouvrir le média au grand public en proposant une console bon marché pourvue de nouveaux jeux de qualité. Renommée Nintendo Entertainment System (NES) lors de sa parution occidentale, elle redynamise le secteur du jeu vidéo grâce au succès et aux innovations de Super Mario Bros, qui place le jeu de plates-formes à scrolling horizontal comme nouveau standard et offre à la console une durée de vie et une ludothèque colossales.

Date de sortie : 15 juillet 1983 (Japon), 18 octobre 1985 (Amérique du Nord), 1er septembre 1986 (Europe)image console nes famicom
Fabricant : Nintendo
Génération de console : Troisième

Nationalité : Japonaise
Unités vendues : 61,91 millions
Fin de production : 25 septembre 2003
Meilleur vente : Super Mario Bros. (50
,24 millions)

 

La première console grand public

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Un line-up tout droit tiré des salles d’arcade.

Il y a 40 ans, Nintendo jouait sans aucun doute la meilleure carte de son histoire avec la sortie de la Famicom, console conçue pour être suffisamment bon marché afin de s’installer dans les foyers d’un maximum de familles, son nom étant la contraction de « Family Computer ». Tandis que le jeu vidéo était en crise à cause de la surproduction de jeux qui peinent à innover, provoquant notamment des pertes colossales chez le leader mondial Atari, Nintendo pense sa console comme la première machine grand public pourvue d’une ludothèque de réelle qualité. Elle encourage alors les éditeurs tiers à faire développer des jeux pour sa console à condition que ces derniers paient des frais de licence permettant d’apposer le fameux « Seal of Quality » sur les boîtes occidentales, attestant alors que les titres sont qualitatifs et approuvés par Nintendo.

Parue le 15 juillet 1983 au Japon, la Famicom propose un line-up très sobre composé de portages de trois classiques de l’Arcade développés par Nintendo. Les premiers joueurs ont ainsi le choix entre l’emblématique Donkey Kong (étrangement dépourvu d’un niveau sur les quatre), sa suite Donkey Kong Jr ainsi que Popeye, dans lequel il faut attraper le plus de cœurs possibles envoyés par Olive tout en évitant les attaques de Brutus. L’année 1983 ne trouve ensuite que six autres jeux Famicom : les jeux éducatifs Popeye no Eigo Asobi et Donkey Kong Jr Math, les adaptations de jeux de société Mahjong et Gomoku Narabe Renju (équivalent du jeu de Go) et le jeu de sport Baseball. Le dernier s’avère être un portage Arcade du grand classique Mario Bros, dans lequel Mario et Luigi doivent éliminer le plus d’ennemis possibles (dont les fameuses tortues) sans subir de dégâts dans les égouts.

 

Des classiques qui s’imposent

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De bons titres qui parviennent à renouveler l’intérêt du jeu vidéo.

Les jeux commencent à arriver en plus grand nombre dès 1984 avec les simulations de sport Tennis et Golf, le flipper Pinball, le labyrinthique Devil World, le jeu de combat Urban Champion, le puzzle-game Clu Clu Land et l’iconique Excitebike, jeu de course offrant de réelles sensations de motocross pour l’époque. La Famicom obtient également ses premiers jeux d’éditeurs tiers : 4 Nin Uchi Mahjong par Hudson Soft et F-1 Race par Hal Laboratory. Le 18 février 1984, la console se pare de l’illustre zapper, pistolet permettant de tirer sur des zones précises de l’écran dans des jeux spécialement dédiés. Il se montre alors compatible avec Hogan’s Alley, jeu dans lequel un policier s’entraîne dans un stand de tir, l’emblématique Duck Hunt et ses pigeons d’argile ainsi que l’adaptation du jeu d’Arcade Wild Gunman.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule conversion qui arrive sur Famicom cette année-là car outre Donkey Kong 3, la 8-bit de Nintendo obtient quatre classiques de Namco : les shoot’em up Galaxian et Xevious, le platformer Mappy et l’indétrônable Pac-Man. Les adaptations de micro-ordinateurs sont également légion avec deux jeux d’Hudson Soft : le platformer Lode Runner ainsi que Nuts & Milk, dont la vue aérienne du MSX passe à une vue de côté sur Famicom.

 

La révolution Super Mario Bros.

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Des classiques qui s’accumulent jusqu’au raz-de-marée Super Mario Bros.

Tandis que les salles d’arcade gagnent encore du terrain en 1985, Nintendo continue d’exploiter sa Famicom avec le jeu de football Soccer et le jeu de plates-formes à défilement vertical Ice Climber, dont le but est d’atteindre le sommet de plusieurs niveaux en contrôlant deux Inuits. La firme tente également un coup de poker étrange avec ROB (Robotic Operating Buddy), robot plus grand que la console nécessaire pour jouer à Stack-Up et Gyromite, deux jeux de réflexion qui auraient mérité une bien meilleure ergonomie. Les éditeurs tiers continuent d’enrichir la ludothèque de la console avec le puzzle-game en vue aérienne Flappy, le jeu de course à défilement vers le fond de l’écran Mach Rider et le jeu de tir à bord de tanks Battle City.

Les itérations arcade se veulent de plus en plus nombreuses avec le side-scroller Balloon Fight, le puzzle-game Wrecking Crew ainsi que Kung-Fu, adaptation par Shigeru Miyamoto du beat’em up Kung-Fu Master. Les grands classiques arrivent alors en masse avec les shoot’em up, Space Invaders, Galaga et 1942, les jeux de labyrinthe Dig Dug et Chack’nPop, le jeu d’action Penguin Wars, les jeux d’action plates-formes Ninja-Kid et Pac-Land, le jeu de combat Yie Ar Kung Fu, le jeu de football américain 10-Yard Fight. On trouve aussi Hyper Sport, adaptation partielle de l’emblématique Track & Field, ainsi qu’un portage du tout premier Bomberman. Les adaptations de micro-ordinateurs ne sont pas en reste avec Antarctic Adventure de Konami, le jeu de combat Karateka de Jordan Mechner ou encore Thexder, premier jeu de Square développé sur Famicom.

Le 13 septembre 1985, Nintendo fait définitivement passer le jeu vidéo au rang supérieur avec Super Mario Bros, jeu de plates-formes à scrolling horizontal qui devient le nouveau standard à suivre pour une majorité de développeurs durant plus d’une décennie. Développé par Shigeru Miyamoto, il marque le début de la plus grande saga de jeux de plates-formes de l’histoire et fait de Mario la mascotte de Nintendo. Un mois plus tard, la Famicom arrive enfin en Amérique du Nord sous le nom de Nintendo Entertainment System, usuellement appelée NES, avec un line-up généreux composé de 10-Yard-Fight, Baseball, Clu Clu Land, Donkey Kong Jr. Math, Duck Hunt, Excitebike, Golf, Gyromite, Hogan’s Alley, Ice Climber, Kung-Fu, Mach Rider, Pinball, Stack-Up, Super Mario Bros, Tennis, Wild Gunman et Wrecking Crew. C’est également à cette période que Sega sort sa Mark III au Japon, future Master System arrivée l’année suivante en Occident.

 

L’arrivée de nouvelles licences phare sur Famicom

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Une ludothèque qui a véritablement façonné l’avenir du jeu vidéo !

Afin de promouvoir la longévité de sa console, Nintendo sort le Famicom Disk System le 21 février 1986, périphérique permettant de stocker des jeux sur disquette et de sauvegarder les parties. Disponible avec Baseball, Golf, Mahjong, Soccer, Tennis et Super Mario Bros, son arrivée est notamment soutenue par The Legend of Zelda, premier titre d’une longue saga de jeux d’action aventure dans laquelle le joueur contrôle Link, un héros devant partir à la recherche de morceaux de la Triforce dans huit donjons pour sauver la princesse du démon Ganon en arpentant une grande map avec beaucoup de liberté. Nintendo multiplie les nouvelles licences sur Famicom Disk System avec Metroid, qui allie astucieusement la vue de côté de Super Mario Bros. et la liberté d’action de The Legend of Zelda dans un univers de science-fiction mettant en scène la première héroïne phare de l’histoire du jeu vidéo, ainsi que Kid Icarus, avec qui il partage plusieurs éléments de gameplay dans des environnements basés sur la mythologie.

De son côté, Konami propose une réponse au Ghosts’n Goblins de Capcom (jeu d’Arcade porté sur Famicom quelques mois plus tôt) avec Castlevania, jeu d’action plates-formes marquant les débuts d’une longue lignée de chasseurs de vampire allant défier Dracula tous les cent ans. Une autre saga d’anthologie inaugurée en 1986 est Dragon Quest, dont le premier épisode est considéré comme le père des J-RPG en s’inspirant fortement des jeux d’aventure textuels sur micro-ordinateurs. Développé par Yuji Horii au sein de la société Enix, il fait partie de ces jeux d’abord exclusifs au Japon avant d’être porté trois ans plus tard en Amérique du Nord sous le nom de Dragon Warrior. Parallèlement aux nouvelles licences, la Famicom commence à se doter de suites de saga à succès comme Ganbare Goemon, Super Pitfall, Super Xevious GAMP no Nazo et Mappy-Land. Super Mario Bros. n’échappe à la règle avec un deuxième épisode (plus tard connu en Occident sous le nom de Super Mario Bros. The Lost Levels) néanmoins décrié pour sa formule trop proche du précédent et son extrême difficulté.

Tandis que de nouveaux jeux comme The Mysterious Murasame Castle, Gumshoe, Pro Wrestling, Ninja Kid et Star Soldier viennent enrichir le catalogue de la Famicom, cette dernière obtient toujours plus de portages Arcade tels SonSon, Trojan et Commando de Capcom, TwinBee et Gradius de Konami, Dig Dug II, Kung-Fu Heroes et Sky Kid de Namco, The Legend of Kage de Taito et Ikari Warriors de SNK. Le 1er septembre 1986, la NES arrive enfin en Europe avec Super Mario Bros, Duck Hunt et Gyromite comme premiers jeux disponibles. Mais plusieurs pays doivent attendre l’année suivante pour se la procurer : c’est notamment le cas de la France qui n’est servie que le 27 octobre 1987, soit plus de quatre ans après sa sortie japonaise.

 

Des franchises Nintendo qui se dessinent

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La qualité Nintendo en une image !

Pourvue d’une ludothèque absolument colossale, la NES ne cesse de se réinventer durant plusieurs années en étant en concurrence avec la Master System de Sega, mais aussi des consoles plus puissantes comme la PC-Engine de NEC et la Mega Drive. Prenant d’emblée l’habitude de soutenir ses consoles, Nintendo prévoit rapidement de suites pour sa saga phare et se base sur Yume Kojo Doki Doki Panic pour créer un Super Mario Bros. 2 exclusif à l’Occident. Les quatre personnages jouables sont alors remplacés par Mario, Luigi Toad et Peach avec chacun ses capacités tandis que des créatures comme Shy Guy (ensuite renommé Maskass) et Birdo (par erreur nommé Ostro) deviennent des personnages récurrents dans la saga.

Le premier grand chef-d’œuvre arrive alors le 23 octobre 1988 avec Super Mario Bros. 3, qui sublime totalement la formule du premier jeu avec des niveaux réunis sur plusieurs cartes semi-linéaires, de nouveaux pouvoirs comme la capacité de s’envoler en revêtant des costumes, une réserve d’objets utilisables avant de commencer un niveau, divers mini-jeux et des niveaux de boss d’anthologie sur des bateaux volants. En bonne mascotte, Mario multiplie alors rapidement les casquettes à commencer par Doctor Mario, puzzle-game commun à la Game Boy consistant à détruire des virus de trois couleurs différentes, mais aussi NES Open Tournament Golf et plusieurs autres itérations sur les dernières années de la console.

Outre Ice Hockey et le jeu de boxe Punch-Out !! dont la première version permet d’affronter Mike Tyson, Zelda II The Adventure of Link divise les joueurs pour ses grandes différences avec son prédécesseur mais s’impose rapidement comme un des jeux les plus exceptionnels de la NES grâce à la qualité de son game design et à la grande satisfaction qu’il procure quand on maîtrise sa difficulté. Nintendo se lance également dans le Tactical-RPG avec Famicom Wars et surtout Fire Emblem, dont les deux premiers épisodes proposent de nombreuses batailles entre l’armée des héros et leurs opposants. Il faut également citer le superbe Kirby’s Adventure, sorti sur les dernières années de la NES pour faire suite à l’opus fondateur sur Game Boy.

 

Capcom, un allié de poids pour la Famicom

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Une valeur sûre dans l’histoire du jeu vidéo.

Développeur émérite particulièrement productif pour les salles d’arcade, Capcom est rapidement devenu une des sociétés les plus active sur NES. On peut d’ailleurs y repérer l’adaptation du run’n gun Gun.Smoke ainsi que des shoot’em up Section Z, Legendary Wings et 1943 The Battle of Midway. La firme est notamment connue pour la saga d’action plates-formes Mega Man, dans laquelle le joueur contrôle un petit robot muni un bras-canon capable d’acquérir les aptitudes des boss qu’il bat pour les utiliser selon le point faible de ses futurs adversaires. Remarquée pour son game design efficace laissant le choix ans l’ordre des niveaux à parcourir, elle s’est déclinée en pas moins de six jeux principaux entre 1987 et 1993.

Capcom est également connu pour ses adaptations de séries animées Disney en jeux de plates-formes ayant donné lieu à deux DuckTales (La Bande à Picsou), deux Chip’n Dale Rescue Rangers (Tic & Tac Les Rangers du Risque) et l’excellent Darkwing Duck (Myster Mask). Si TaleSpin (Super Baloo) est quant à lui adapté en un shoot’em up relativement accessible, Adventures in the Magic Kingdom propose un gameplay varié dans divers attractions du parc Disneyland. La firme est aussi à l’origine de la première adaptation d’un long métrage animé Disney, The Little Mermaid, qui reprend une partie de l’univers du film dans un jeu relativement court et un peu trop facile.

Outre une adaptation très différente de l’Arcade pour Little Nemo, Capcom développe un nouveau Bionic Commando, un Strider qui n’a plus grand-chose à voir avec le jeu de Sega, un Street Fighter 2010 qui propulse Ken dans un étrange univers futuriste et un Mighty Final Fight propose une superbe alternative de l’arcade avec des personnages en SD qui évoluent le long de cinq niveaux en obtenant de nouveaux coups via des points d’expérience. Capcom se diversifie également dans le jeu d’aventure avec une suite du Gargoyle’s Quest de la Game Boy ainsi que Sweet Home, dont Tokuro Fujiwara s’inspirera en 1996 pour la conception de Resident Evil.

 

Konami, un game designer très soigné

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Des boîtiers d’anthologie reconnaissables à leur encart gris

Parallèlement à Capcom, Konami fait partie des sociétés les plus anciennes et qualitatives en matière de jeux vidéo sur Arcade. On trouve par exemple sur NES une adaptation du jeu d’action plates-formes Green Beret, du jeu d’action aventure The Maze of Galious ainsi que des shoot’em up Salamander, Gradius II et Parodius. Konami est connue pour plusieurs sagas comme Castlevania, dont la suite Simon’s Quest emprunte une dimension aventure semblable à celle de Zelda II tandis que le troisième épisode Dracula’s Curse sublime la formule du jeu d’origine avec des niveaux alternatifs et plusieurs personnages jouables dont Alucard, futur protagoniste du mythique Castlevania Symphony of the Night. On y trouve aussi Kid Dracula, spin-off dans lequel le joueur contrôle une version enfant du célèbre vampire.

Premiers épisodes d’une saga phare du run’n gun, Contra et Super Contra sont ici adaptés de l’Arcade dans des versions rallongées du plus bel effet. Renommés Probotector en Europe pour des questions de censure, ils sont suivis par un opus exclusif aux NES américaines nommé Contra Force, qui se rapproche davantage d’un jeu d’action plates-formes dans des niveaux laissant le choix entre quatre personnages jouables. Familier avec le MSX pour des franchises comme Metal Gear, Konami effectue un portage correct du premier épisode sur NES et y développe une suite exclusive intitulée Snake’s Revenge, très bon jeu d’infiltration sans lequel Hideo Kojima n’aurait jamais donné de suite à sa saga emblématique.

Outre des sagas comme Ganbare Goemon et Tiny Toon Adventures, Konami est notamment derrière l’adaptation des célèbres Tortues Ninja, le premier Teenage Mutant Ninja Turtles ayant marqué les mémoires pour sa difficulté et son style de jeu unique permettant d’alterner entre les quatre protagonistes. La franchise est ensuite déclinée en plusieurs beat’em up, Teenage Mutant Ninja Turtles II étant tiré du jeu d’Arcade et Teenage Mutant Ninja Turtles The Manhattan Project un épisode exclusif à la NES. Sorti tardivement suite aux versions Super Nintendo et Mega Drive, Teenage Mutant Ninja Turtles Tournament Fighters montre efficacement qu’il est très difficile de développer un jeu de combat qui tient la route sur une console 8-bit.

Particulièrement prolifique, Konami s’est aussi fait connaître pour le beat’em up The Adventures of Bayou Billy, les jeux d’aventure Dragon Scroll et Getsu Fuma Den ainsi qu’un Track & Field II qui contribue fortement à populariser la saga de jeux olympiques. De nombreux personnages phare de ses licences se sont ensuite retrouvés dans le diptyque Konami Wai Wai World, où il est possible de jouer avec Simont Belmont, Goemon, Penta, Vic Viper, TwinBee, Bill Rizer ou encore Pentarou.

 

Rareware, le début d’une longue collaboration

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Un développeur bien plus prolifique que sur Super Nintendo et Nintendo 64.

Parmi les partenaires historiques de Nintendo, l’entreprise britannique Rareware créée par Tim et Chris Stamper a été la première à développer des jeux pour le marché occidental à l’extérieur du Japon. Leur premier titre, Slalom, montre d’emblée leurs talents avec ses descentes en ski. Jamais avare en expérience originale, Rare reste familier aux jeux de course avec le diptyque RC Pro-Am et Cobra Triangle, qui allie tirs et courses de bateaux. La firme adapte d’ailleurs deux jeux d’Arcade sur NES : le jeu de sport California Games ainsi que Super Off Road et ses courses en vue aérienne. Outre les adaptations de divers jeux télévisés tels Jeopardy et Wheel of Fortune, Rare propose des jeux de plates-formes atypiques comme Snake Rattle ‘n’ Roll où le joueur contrôle un serpent dans des niveaux en vue isométrique, ainsi que le labyrinthique Digger T. Rock avec ses galeries à creuser.

Parmi les nombreuses adaptations de films qui sévissent dans les années 80, Rare propose des phases de gameplay variées pour A Nightmare on Elm Street (Les Griffes de la Nuit), Who Framed Roger Rabbit et Beetlejuice. Difficiles et pourvus d’un game design parfois curieux, leurs jeux se tournent aussi vers l’action plates-formes avec la trilogie Wizards & Warriors, qui peut rappeler Ghosts’n Goblins pour son héros en armure et ses ennemis envahissants. Mais Rareware commence réellement à se faire connaître davantage avec sa saga phare Battletoads, dont le premier épisode démarre en beat’em up pour évoluer vers des séquences très différentes allant de la descente en rappel à la course d’obstacles. Un saga dont la difficulté abusive s’apaise au fil du temps, jusqu’au cross-over Battletoads & Double Dragon sur la fin de vie de la machine.

 

Des jeux d’aventure à foison sur Famicom

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La naissance de sagas cultissimes.

Si le genre concerne encore essentiellement le Japon à l’époque, le RPG au tour par tour a réellement décollé grâce à Dragon Quest, grand succès paru le 27 mai 1986 et début d’une saga qui trouvera trois autres jeux sur Famicom. Un an et demi après Enix, Final Fantasy arrive par l’intermédiaire de Square, qui avait déjà développé 3-D WorldRunner et Rad Racer pour la NES. Le début d’une concurrence fructueuse entre les deux firmes avec une première saga qui consolide ses mécaniques traditionnelles tandis que la seconde renouvelle son système d’évolution à chaque nouvel épisode. Développé par HAL Laboratory, Mother propose quand à lui une aventure à l’ambiance atypique dans l’Amérique de la fin des années 80 où un jeune garçon tente de sauver la planète d’une invasion extraterrestre. D’abord exclusif au Japon, il faut attendre 2015 pour qu’il arrive en Occident sur la console virtuelle de la Wii U sous le titre EarthBound Beginnings.

Créée par Atlus, la saga Megami Tensei a également commencé sur Famicom avec le diptyque Digital Devil Story Megami Tensei. Adaptés de romans de science-fiction écrits par Aya Nishitani, ils se démarquent des autres jeux du genre par leur mise en scène de lycéens japonais qui vont combattre des forces obscures. Outre Cosmic Wars de Konami qui se base sur l’univers de Gradius, on peut noter les deux StarTropics de Nintendo, l’Action-RPG Crystalis SNK ainsi que les portages d’Ultima IV et des deux premiers Ys issus des micro-ordinateurs. Se rapprochant davantage de Zelda II pour leurs combats en vue de côté, Faxanadu et The Battle of Olympus restent eux aussi des jeux de choix qui ont eu la chance de sortir en Europe.

 

Des jeux d’action plus que de réflexion

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Des titres culte procurant un plaisir immédiat !

Pourvue de nombreux jeux en tout genre, la NES reste particulièrement friande de jeux d’action, à commencer par les jeux d’action plates-formes représentés par la saga Castlevania, mais aussi la trilogie Ninja Gaiden, débutée peu après le beat’em up originel sur Arcade. Outre les deux Power Blade et leur personnage qui attaque à distance, on peut retenir le méconnu Splatterhouse Wanpaku Graffiti, Low G Man, Wrath of the Black Manta, le sympathique Jackie Chan’s Action Kung-Fu, le charismatique Blue Shadow et l’iconique Kabuki Quantum Fighter, dans lequel un colonel se retrouve transformé en kabuki en étant transféré dans un ordinateur contaminé.

Les shoot’em up ne manquent pas à l’appel avec Starship Hector, Air Fortress, Dragon Spirit The New Legend, TwinBee 3 et Solar Jetman, sans oublier Robowarrior dont la vue aérienne et les mécaniques ne sont pas sans rappeler Bomberman et Blaster Master. Les genres varient encore davantage avec le beat’em up Street Gangs et le jeu de foot Nintendo World Cup, tous deux issus de la saga Kunio-Kun, ainsi que l’adaptation de Dragon’s Lair, qui devient alors un jeu de plates-formes à la difficulté d’une absurdité à toute épreuve.

Pour autant non dépourvue en jeux de réflexion, la NES peut compter sur la trilogie Adventures of Lolo, qui propose des énigmes à base d’objets à récupérer en esquivant les attaques ennemies sur plusieurs niveaux ; des jeux assez proches de Kickle Cubicle et ses terrains glissants. On trouve aussi l’étrange A Boy and His Blob Trouble on Blobolonia ainsi que Crazy Castle, side-scroller labyrinthique truffé de portes et d’escaliers dans lequel Roger Rabbit doit récupérer des cœurs en échappant aux fouines du Juge DeMort. Un jeu exporté en Occident sous la licence Bugs Bunny avant de passer le flambeau à Mickey Mouse pour son portage sur Game Boy.

 

De nombreuses adaptations de films et de dessins animés

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De superbes jaquettes qui laisseraient presque croire que les graphismes sont comme à la télé !

Les années 80 ayant engendré bon nombre de classiques du cinéma, il était naturel de voir certaines licences à succès déclinées en jeux vidéo. Sur NES, Konami y joue une part importance avec deux adaptations des Goonies et autant de Top Gun tandis que SOS Fantômes paraît sous la forme de trois jeux, dont un certain New Ghostbusters II. Parmi les adaptations de qualité, RoboCop s’en sort bien plus correctement que ses deux suites et le Batman de Tim Burton demeure le mieux loti grâce à une direction artistique très sombre et un gameplay d’action plates-formes efficace. Si Batman Return of the Joker se tourne davantage vers le run’n gun avec des niveaux particulièrement jouissifs, Batman Returns prend la forme d’un beat’em up moins attrayant. On peut aussi noter une adaptation pour Les Dents de la Mer, Star Wars, Superman et Rambo.

En plein essor à cette même époque, les dessins animés sont également déclinés en toutes sortes de jeux. C’est notamment le cas des animés japonais avec deux adaptations de Ken le Survivant bien différentes du Black Belt sur Master System, mais aussi des Chevaliers du Zodiaque, dont le premier épisode sorti en Europe prend la forme d’un étrange RPG au tour par tour avec des phases de plates-formes assez maladroites. Bandai ne s’arrête d’ailleurs pas là avec un Dragon Ball Le Secret du Dragon aux hitbox calamiteuses, ces deux derniers faisant partie des rares jeux traduits en français sur la console. Les autres adaptations se présentent elles aussi comme RPG au tour par tour reprenant divers passages de la saga avec deux autres jeux Dragon Ball et pas moins de cinq Dragon Ball Z.

Outre deux jeux basés sur La Famille Pierrafeu, les itérations américaines sont majoritairement tournées vers Disney qui, en dehors des classiques de Capcom et du jeu de plates-formes éducatif Mickey’s Adventures in Numberland, obtient plusieurs adaptations des longs métrages du moment. En dehors du Livre de la Jungle qui renaît de ses cendres sur la plupart des plateformes, on trouve alors des exclusivités européennes comme La Belle et la Bête, Aladdin et Le Roi Lion. Du côté des productions françaises, c’est également le cas d’Astérix et des Schtroumpfs, dans des versions simplifiées par rapport à celles de la concurrence.

 

De très nombreux jeux tirés de l’Arcade et des micro-ordinateurs

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Un panel de jeux incroyables tout droit venus des bornes.

Si la ludothèque de la NES est aussi monstrueuse, c’est également parce que de nombreux éditeurs ont profité de son succès pour y adapter leurs jeux originaires de l’Arcade. Un des plus emblématiques est Technos pour ses beat’em up Renegade et Target Renegade, le premier ayant donné lieu à l’incontournable Double Dragon, qui enrichit ses acquis avec un gameplay pourvu de plusieurs coups spéciaux et des niveaux en profondeur aux multiples situations. S’il n’est pas possible de s’y frotter à deux joueurs, le tir est corrigé dès l’épisode suivant avec un Double Dragon II totalement repensé pour la NES, qui s’impose comme un des meilleurs beat’em up de l’histoire là où Double Dragon III The Sacred Stones souffre d’une difficulté excessive malgré sa possibilité de jouer avec les boss. Technos est également connu pour ses jeux de sport comme la balle aux prisonniers avec Super Dodge Ball et le volley avec Super Spike V’Ball, dans lequel Billy et Jimmy Lee apparaissent.

De son côté, Data East s’inspire de Double Dragon pour Bad Dudes versus DragonNinja, un sympathique beat’em up en ligne droite piochant aussi dans les mécaniques du Shinobi de Sega, qui a lui-même droit à sa version NES. On retrouve également la firme pour les action platformers Karnov et Captain Silver. Très présent dans les années 1980, Taito se fait connaître avec son portage de Bubble Bobble, instaurant une saga qui donnera lieu au puzzle-game Bust-A-Move en 1994. La machine accueille aussi le run’n gun KiKi KaiKai, prédécesseur des redoutables Pocky & Rocky, le jeu de tir Operation Wolf, le shoot’em up Cloud Master, le jeu d’action en véhicule Chase HQ et le puzzle-game Plotting.

Les éditeurs se multiplient avec Tengen pour Gauntlet et Skull & Crossbones, Atari pour les classiques Millipede, Marble Madness et Gauntlet II ainsi que SNK pour le beat’em up Prisoners of War et le jeu de plates-formes Athena, dans lequel le joueur contrôle une des premières héroïnes de l’histoire du jeu vidéo. On peut aussi citer Rygar de Tecmo, Image Fight d’Irem et une adaptation de Fantasy Zone par Sunsoft. En dehors de l’Arcade, la NES a également obtenu plusieurs portages issus des micro-ordinateurs. Outre un Tetris fortement modernisé par ses graphismes et sa plus grande fluidité, la console de Nintendo accueille le shoot’em up Choplifter, le jeu d’action aventure Woody Poco, le RPG Miracle Warriors, le jeu d’aventure graphique Maniac Mansion, le jeu de stratégie Spot ainsi que l’inqualifiable Spy versus Spy.

 

Une console qui traverse les âges

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De bons titres qui paraissent jusqu’en 1995 !

Alors que la Super Nintendo arrive au Japon le 21 novembre 1990 avec un Super Mario World fracassant qui annonce une excellente génération à venir, la NES continue d’obtenir des sorties régulières de bons jeux exclusifs durant plusieurs années. Outre de nombreux jeux déjà mentionnés précédemment, l’année 1991 marque la naissance de Micro Machines, saga de jeux de course où le joueur doit semer ses concurrents dans des circuits en vue aérienne. Il en est de même pour Itadaki Street Watashi no Oten Niyottete, party-game semblable au Monopoly créé par Yuji Horii, ainsi que Puyo Puyo, puzzle-game sorti simultanément sur MSX consistant à créer des réactions en chaîne en assemblant plusieurs blobs de même couleur. Tandis qu’Adventure Island se pourvoit d’un deuxième épisode, Bomberman II enrichit la saga d’un mode multijoueur en arène qui deviendra rapidement sa marque de fabrique. Parmi les jeux tirés de l’Arcade, on peut noter les jeux de plates-formes Toki, The NewZealand Story, Captain America and the Avengers et Rainbow Islands The Story of Bubble Bobble 2, dérivé de la saga de Taito.

L’année 1992 est ensuite marquée par de nouveaux épisodes de la saga Kunio-kun avec Crash’n the Boys Street Challenge et ses épreuves de jeux olympiques ainsi que Nekketsu Fighting Legend, qui propose des combats à quatre joueurs en arène. Les jeux de plates-formes ont toujours le vent en poupe avec Adventure Island 3, le sympathique McDonaldland et Kid Klown in Night Mayor World, version occidentale de Mickey Mouse III Yume Fuusen, issu de la saga Crazy Castle. On trouve aussi deux jeux tirés de l’Arcade, Paperboy 2 et Parasol Stars The Story of Bubble Bobble III, ainsi qu’une adaptation du célèbre Prince of Persia, créé par Jordan Mechner pour l’Apple II. Malgré ses contributions sur Super Nintendo, Capcom était à cette époque encore très actif sur NES avec l’Action-RPG Gargoyle’s Quest II, un très bon jeu d’action plates-formes tiré du dessin animé Myster Mask et déjà un cinquième Mega Man.

En 1993, les jeux commencent à se raréfier mais la NES n’a pas encore dit son dernier mot avec Bubble Bobble Part 2, une adaptation du Bonk’s Adventure de la PC Engine, l’impressionnant jeu de combat Joy Mech Fight et ses personnages désarticulés ainsi que des jeux à licence comme Jurassic Park, Wayne’s World et Astérix, ce dernier restant exclusif à l’Europe. Outre les très bon Kirby’s Adventure et Battletoads & Double Dragon déjà mentionnés, c’est une nouvelle fois Capcom qui fait honneur à la machine avec une suite pour Chip’n Dale Rescue Rangers et un DuckTales 2 très réussi, le superbe Mighty Final Fight, le party-game Wily & Right no RockBoard ainsi qu’un sixième et dernier Mega Man, sorti seulement deux mois avant la claque Mega Man X de la Super Nintendo.

Alors que 1994 marque le début du passage à la cinquième génération de consoles avec les sorties de la Saturn et de la PlayStation en fin d’année, la NES survit encore quelques instants avec Adventure Island IV, des versions 8-bit du jeu de combat Teenage Mutant Ninja Turtles Tournament Fighters et du jeu éducatif Mario’s Time Machine ainsi que le puzzle-game Wario’s Woods, dernier titre paru en Amérique du Nord. On trouve ensuite essentiellement des adaptations de dessins animés exclusives au marché européen comme Les Schtroumpfs, La Belle et la Bête, Aladdin et Le Roi Lion, qui clôt enfin la ludothèque de la NES le 25 mai 1995.

Tandis que l’Occident arrête la production de la console cette même année, la Famicom conserve une telle popularité qu’elle continue d’être produite jusqu’au 25 septembre 2003. L’année suivante, elle est de nouveau à l’honneur à l’occasion de la gamme NES Classics sur Game Boy Advance, qui accueille la réédition de trente jeux au Japon et douze en Occident. Ayant laissé un héritage indélébile à l’histoire du jeu vidéo, elle obtient de nombreux hommages à l’heure du néo-rétro, comme le party-game NES Remix sur Wii U et 3DS, ainsi que sa réédition en console Mini le 10 novembre 2016.

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Console symbolique des années Sega, la Mega Drive paraissait il y a 35 ans Successeure de la Master System qui avait essentiellement convaincu le marché européen, la Mega Drive connaît des débuts difficiles avec la concurrence de la Famicom au Japon. Arrivée en Amérique du Nord, elle connaît enfin le succès en mettant en avant des figures emblématiques du sport de haut niveau et décolle définitivement à l’arrivée de Sonic the Hedgehog. Ce dossier revient sur son histoire et sa ludothèque, véritable âge d’or pour la firme !

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